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De : Estellanara  Ecrire à Estellanara
Page web : http://estellanara.deviantart.com/
Date : Mercredi 21 janvier 2009 à 13:28:52
Les ptits chiffres renvoient au lexique en bas...
Edit pour corrections suite aux remarques de Narwa, Z et Elemm'.

Tsuki no shijo
(1)




Il y a bien longtemps, dans la province d’Izumo, vivait un guerrier du nom d'Asano Miyatori. Il était droit, loyal à son seigneur et ne connaissait pas la peur. Il gouvernait un petit village, dans une vallée entourée de montagnes escarpées. Ses sujets étaient des gens simples et tranquilles, cultivant le riz et vivant au rythme des saisons. Asano était vieux et il aurait pu poser les armes et consacrer ses derniers jours à la culture des bonsaïs. Mais son coeur ne connaissait pas la paix.

En effet, chaque année, à la même époque, une troupe de démons attaquait la vallée. A trois reprises, ils étaient venus, menés par leur chef, une créature blafarde et décharnée du nom de Hyoro. A trois reprises, Asano Miyatori avait revêtu son armure d’écailles, laquée de rouge et décorée de son emblème : le pinson. Il avait réuni ses samouraïs et ils avaient affronté la horde grimaçante. Ils avaient repoussé l’ennemi mais à quel prix ? Les samouraïs n’étaient plus désormais que neuf et Asano, bien que déterminé à lutter jusqu’à la mort, tremblait pour son peuple. Il sentait sa fin prochaine et se désolait de n’avoir jamais pris femme et de n’avoir point de fils pour continuer le combat en son nom.

Un jour, il fit appeler tous ses guerriers. Ils entrèrent un à un et s’inclinèrent respectueusement. Ils avaient fière allure, avec leur kimono, leur hakama, le pantalon large des samouraïs et les geta, les sandales de bois traditionnelles. Tous portaient leurs cheveux relevés sur le sommet du crâne, étroitement serrés en chignon. Asano garda un instant le silence, puis, il déclara :
« Honneur à vous, qui m’avez fidèlement servi. Voici venir un nouveau combat car dans trois mois, les étoiles s’aligneront de nouveau et les yokai (2) seront là. Quelle que soit notre détermination, je sais que nous ne pouvons l’emporter. »
L’un des samouraïs, un solide gaillard, l’oeil droit barré d’une cicatrice, s’avança alors et dit :
« Honorable shomyo (3), nous ne connaissons que la victoire ou le trépas. Chaque matin, nous nous réveillons en souriant à la mort prochaine, comme le dicte la voie du guerrier. Nous vous suivrons. »
Asano sourit et répondit :
« Comblé est le maître qui possède des serviteurs tels que vous. Mais si nous mourons tous, le village sera sans défense et je ne puis m’y résoudre. Je vais aller dans la montagne et implorer l’aide des dieux. »

Il partit le lendemain à l’aube, muni seulement d’un bâton de marche et d’une gourde d’eau claire. Pendant une semaine, il erra dans la montagne, jeûnant et purifiant son âme au contact de la nature. Puis, il invoqua Amaterasu, la radieuse déesse du soleil. Il pria de toutes ses forces pendant un jour entier et finit par s’effondrer, épuisé. Amaterasu, dans sa demeure céleste, entendit ce mortel. Impressionnée par son courage, elle fut sensible à sa requête. Elle alla trouver son frère, Tsukuyomi et le pria de bien vouloir descendre sur Terre. Celui-ci prit alors une forme humaine.

Asano s’éveilla à la nuit tombée et s’assit. Soudain, à deux pas de lui, un éblouissant rayon de clarté frappa le sol. Une femme d’une merveilleuse beauté descendit de l’astre lunaire et se tint devant lui. Elle était vêtue de la soie la plus fine et son épaisse chevelure caressait ses chevilles. Elle parla et sa voix était douce et grave :
« Je te salue, shomyo de la vallée. Je suis venue exaucer ton souhait. Sois mon époux pour cette nuit et à ton réveil, tu trouveras réponse à tes prières. »

Ainsi fut fait et, quand Asano ouvrit les yeux au matin, il trouva à son chevet deux jeunes hommes qui le veillaient. Tous deux avaient le teint de nacre et en tous points la même figure. Leurs corps étaient souples et solidement bâtis. L’un avait les cheveux aussi pâles qu’une averse de neige et un kimono opalin.
« Père, dit-il, je suis le premier fils que tu as eu de la Lune. Je suis né de ses rayons éclatants et je me nomme Hikari (4). »
L’autre avait une chevelure de ténèbres et un kimono aussi sombre que la nuit.
« Père, dit-il, je suis le second fils que tu as eu de la Lune. Je suis né de son nimbe d’obscurité et je me nomme Hikage (5). »
Asano se sentit empli de joie et de reconnaissance en les voyant et il les ramena promptement au village.

Là, il commença à leur enseigner les armes. Il leur apprit l’art du yumi, l’arc long du samouraï, et celui du katana. Les jumeaux se montrèrent merveilleusement doués et, avant que sept jours se fussent écoulés, ils étaient devenus aussi forts que leur père. Ils avaient également le plus heureux caractère, se montrant vertueux, serviables, et ne s’octroyant nul repos durant leur entraînement. Hikage était cependant le plus calme des deux et Hikari le plus dynamique. Ils étaient inséparables dans tout ce qu’ils entreprenaient, buvant à la même tasse et dormant sur le même futon.

Cependant, dans le monde des morts, les monstres s’assemblaient autour de leur chef. Celui-ci était grand et si maigre que les côtes lui sortaient par endroits de la poitrine. Sa chair était blême et ses cheveux aussi rouges que le sang. Les monstres s’adressèrent à lui en grognant :
« - Hyoro, nos ventres sont vides. Nous avons faim de chair humaine !
- Patience, car le temps ne sera plus long où je pourrai ouvrir la porte vers le monde des vivants. »

Asano, ayant enseigné tout ce qu’il savait à ses fils, les convoqua et leur dit :
« - Votre bras est puissant. A présent, pour éduquer votre esprit, vous irez trouver le Maître de la Montagne aux Pêchers, l'être le plus sage de toute la province. Voyez-vous ces montagnes au loin ? Il réside au sommet de la plus haute d'entre elles.
- Quel est son nom ?
- Je ne le connais point.»

Les deux jeunes guerriers s'inclinèrent devant leur père, prirent leurs arcs et s'en furent d'un bon pas. Ils longèrent la vallée et les paysans, penchés sur la boue des rizières, se relevèrent pour les saluer. Puis, ils commencèrent de gravir la montagne. Plus ils montaient et plus la végétation était rare. Bientôt, il ne resta que quelques pins aux troncs tordus, accrochés aux rochers. Et plus ils montaient, plus il faisait froid. La bise les mordait cruellement et les bourrasques menaçaient de les jeter au sol. Hikage trébucha le premier et sa volonté faiblit. Alors, son frère revint en arrière et lui dit :
« Gambatte (6) ! »
Et Hikage se releva et avança à nouveau. A présent, la neige tombait serrée et les mains des fils de la Lune étaient tout ensanglantées par l'escalade. Hikari tomba à son tour et demeura sans forces. Son frère vint à ses côtés et lui offrit son bras. Finalement, ils rallièrent le sommet et là - Ô merveille - une chaleur printanière baignait un verger de pêchers en fleurs. Les deux guerriers s'avancèrent sous une pluie de pétales roses mais ils ne purent trouver le Maître. Le seul habitant du verger était une vieille tortue terrestre, à la carapace couverte de cratères. Agacé, Hikari dit :
« Nous perdons notre temps ! Il n'y a pas de sage ici.»
Alors, la tortue releva la tête et déclara :
« Malavisé est celui qui se fie à l'aspect des choses.»
Confondu, Hikage demanda poliment :
« - Sumimasen (7), êtes-vous le Maître de la Montagne aux Pêchers ? Nous ne connaissons
point son nom.
- Je le suis et je ne possède rien, pas même un nom.»

Ainsi commença la formation des deux frères avec la tortue. Elle leur enseigna la méditation et cela ne fut pas aisé car ils étaient jeunes et impétueux. Elle leur révéla leurs pouvoirs, celui de la lumière pour Hikari et celui des ombres pour Hikage, et ils apprirent à les invoquer. La tortue parlait peu et souvent par énigmes. Elle pouvait voir toutes les époques et maints lieux en même temps mais n'en disait jamais rien. Un soir, le maître et ses disciples se concentraient en silence sous un pêcher aux branches chargées de fleurs. La tortue demanda :
« Quel est le but de votre vie ? »
Et les deux frères de répondre ensemble :
« La victoire, sensei (8 ). Nous avons hâte d'aller au combat !
La tortue resta un instant silencieuse puis, elle souffla par les narines et dit :
« La vraie sagesse est parfois dans l’immobilité. »
Les semaines passèrent et l'heure de la bataille approchait. Hikage avait le front soucieux tandis que Hikari marchait de long en large. Ils interrogèrent leur maître :
« Sensei, vous qui connaissez le passé et le futur, nous direz-vous comment l'emporter contre nos ennemis ? »
La tortue allongea son cou ridé et répondit :
« La plus grande révélation est le silence. »
Et ils n'en eurent pas un mot de plus.

Quand elle les jugea prêts, la tortue leur dit :
« Vous êtes à présent maîtres de votre mental. Je vais vous indiquer où vous trouverez deux katana qui vous sont destinés. Ces lames sont des parties de vous. Dans peu de temps mais il y a des années, je les cacherai derrière une cascade. »
Elle leur enseigna le chemin et ils partirent après l'avoir remerciée pour tout. Ils redescendirent la montagne et, comme ils arrivaient à l'orée d'une clairière, ils virent une étrange créature. Grande comme un homme et debout sur deux pattes, elle ressemblait à un chat aux longues moustaches. Mais elle possédait deux queues et était habillée d'un kimono de brocard pourpre. Reconnaissant un esprit, les fils de la Lune encochèrent aussitôt une flèche à leur arc. Mais l'enseignement de la tortue leur revint et ils y regardèrent à deux fois. L'esprit-chat ne portait pas d'arme et faisait paisiblement chauffer de l'eau sur un petit feu. Ils rangèrent alors leurs arcs et s'avancèrent entre les arbres :
« - Konnichi wa (9), honorable voyageur. Nous permets-tu de partager ton repos ?
- Tout le plaisir sera pour moi, nobles samouraïs. Puis-je vous offrir une tasse de mon humble thé ? »
Le chat les servit dans des tasses d'or fin. Puis il se lissa la moustache et reprit :
« - Je suis Kuchisama, le roi des bakeneko du sud.
- Nous sommes Hikari et Hikage Miyatori, de la vallée.
- Pardonnez mon indiscrétion mais j'ai ouï dire que des yokai allaient incessamment attaquer votre village.
- C'est exact, seigneur Kuchisama. Et nous allons les combattre.
- Alors que les dieux vous aident dans votre entreprise. »
Les deux frères s'inclinèrent pour le remercier puis ils prirent congé.


(1) tsuki no shijo : les enfants de la lune
(2) yokai : esprit-monstre
(3) shomyo : seigneur mineur
(4) hikari : lumière
(5) hikage : ombre
(6) gambatte ! : continue ! n’abandonne pas !
(7) sumimasen : s’il vous plait
(8 ) sensei : maître, professeur
(9) konnichi wa : bonjour

Est', à suivre...


  
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Réponses à ce message :
3 WA 52 : participation 2/2 - Estellanara (Mer 21 jan à 19:32)
       4 Commentaire WA 52 Est' - Elemmirë (Ven 23 jan à 10:40)
              5 Je note, je note - Estellanara (Ven 23 jan à 15:32)
                   6 Corrections - Estellanara (Ven 23 jan à 16:03)
                       7 Comm' corrections - Elemmirë (Ven 23 jan à 18:14)
                          8 Ben c'est pas ça mais... - Estellanara (Ven 23 jan à 18:50)
       4 Commentaire estellanara,exercice n°52 - Narwa Roquen (Jeu 22 jan à 23:08)
              5 Conventions du conte de fées - Estellanara (Ven 23 jan à 15:26)
                   6 Précision - Narwa Roquen (Sam 24 jan à 20:44)
              5 petits trucs en plus - z653z (Ven 23 jan à 11:59)
                   6 Hop - Estellanara (Ven 23 jan à 15:43)


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