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 WA,exercice n°47  Voir la page du message 
De : Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen
Date : Jeudi 16 octobre 2008 à 18:31:26
Vous avez donc concocté un Monde cohérent, structuré, lisse... Vous avez peut-être passé des soirées à le fignoler, à le polir, à le lustrer, tel un artiste amoureusement penché sur son oeuvre... Et patatras ! Je vous demande maintenant de raconter comment ce merveilleux système s’effondra, et ce qui sortit des décombres de cet édifice presque parfait. Lâchez-vous, tous les délires sont permis, pourvu qu’une certaine logique (fût-ce celle de l’absurde) soit respectée. Si vous avez eu (ou avez encore) en vous une tentation révolutionnaire, c’est le moment de vous faire plaisir !
Vous avez deux semaines, jusqu’au jeudi 30 octobre. Faire et défaire, c’est toujours travailler...
Narwa Roquen, ah ça ira ça ira...


  
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Réponses à ce message :
Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen

2008-10-30 17:22:29 

 WA,exercice n°47, participationDétails
Vieilles canailles (2)




Je t’aimais ; c’est pourquoi, tirant de mes mains ces marées d’hommes,
J’ai tracé en étoiles ma volonté dans le ciel
Afin de te gagner la liberté, la maison digne de toi, la maison aux sept piliers...

T.E. Lawrence


Le nez collé à la vitre, dans cette chambre au premier étage, je regarde la rue. Ils ne vont pas tarder : Alexandre, notre chef incontestable, celui à qui je dois tout et pour qui je donnerais plus que ma vie ; Albane, sa soeur cadette, déguisée en homme, forcément, et ses yeux verts dont je n’ose soutenir la clarté ; et puis les autres, compagnons de cette aventure clandestine qui touchera bientôt à sa fin. Et après... qu’adviendra-t-il de nous ? Albane... Mon coeur bat plus vite quand je pense à elle mais elle ne doit pas le savoir. Je serais ridicule ! La fille d’Hubert Stevenin, une des cinq plus grosses fortunes du monde ! Si riche et si puissant qu’il a pu avoir deux enfants, deux ! Je soupire. Je risque ma vie depuis dix ans, mais au moins j’aurai pu l’approcher. Ils sont en retard... Non, voilà Sim, qui ne peut toujours pas s’empêcher de se retourner tous les trois pas quand il marche dans la rue, c’est discret... Le néon rouge clignotant « Aux Héros d’Eros » illumine son visage tendu. Il entre. Il va dire, comme nous tous, « Je viens pour Julia ». Madame Sophie n’est pas dupe, mais il y a des caméras dans l’entrée. La voilà ! Elle a caché ses longs cheveux blonds sous une toque de fourrure, et elle s’est collée une fausse moustache, quelle idée... Elle est encore plus troublante que d’habitude... Alexandre la suit, tête nue, ses boucles blondes ruisselant sur le col de son manteau de renard. Ah il ne passe jamais inaperçu ! Il traverse la vie avec l’insolence d’un gosse de riche, mais ce n’est qu’une façade. C’est sûrement le plus généreux d’entre nous.
Je me retourne. Ils sont là : Sim, Alexandre, Albane, Roland, Ben, Thom. La réunion peut commencer.
« Alors Daniel, en forme ? »
Il m’appelle toujours Daniel. Il est le seul. Les subalternes, les non-diplômés, ceux que les puissants appellent « les utilitaires », nous n’avons droit qu’à une seule syllabe de prénom. Mais Alexandre nous traite tous comme des égaux.
Il fait le geste de couper avec l’index et le majeur.
« Le brouilleur est installé, c’est bon.
- Parfait. Merci, Daniel. Prenez place, mes chers amis ; dans dix jours, nous allons changer la face du monde ! »
Il est radieux. Il se dégage de lui une joie de vivre, une force, un enthousiasme... Je l’admire. Il sait toujours prendre la bonne décision, même s’il nous consulte et nous écoute avec attention et respect. Il ne se décourage jamais. Il a toujours l’idée impromptue, géniale, imprévisible, celle qui nous sort du brouillard avec une simplicité lumineuse. On dirait que pour lui tout est facile... Albane me sourit gentiment. Je regarde ailleurs. Il faut que je me concentre sur cette réunion.
Alexandre nous informe de ses derniers contacts avec New Delhi et Hong Kong. La date est fixée. Il a choisi symboliquement le 31 décembre à minuit, heure de Hong Kong. Ainsi l’année 2233 commencera par une révolution ! A l’heure dite, tous les techniciens du MJT (Mouvement Jeune Terre) désactiveront les robots de contrôle, policiers, gardiens, administrateurs et autres informateurs, et Alexandre lancera le programme One Shot. Tous les humains âgés de plus de soixante-quinze ans seront foudroyés par une crise cardiaque. Et puis, à nous d’inventer ! C’est la partie la plus passionnante. Il faut entendre Alexandre en parler ! Il devient lumineux, gigantesque, envoûtant... Sa vision de l’avenir le transcende, on dirait qu’il est en transe... Un jour il sera le Président Suprême, cela ne fait aucun doute.
Des cris dans la rue. Des sirènes. Des voix métalliques. Des robots ! Des coups de boutoir sur la porte d’entrée. Des rafales d’armes automatiques...
Alexandre a bondi à la fenêtre.
« Un blindé ! Merde ! Daniel, Albane, la chambre au bout du couloir, vite ! Daniel, je te la confie... Continuez ! »
Je ne comprends plus rien. Albane m’entraîne, referme la porte sur nous, se déshabille, arrache mes vêtements, me pousse sur le lit, me chevauche... Sa bouche scelle la mienne tandis que les coups de feu se rapprochent. Je tremble. Je ne sais pas si c’est la peur ou le désir. La tête me tourne. Elle m’embrasse, me force de tout son poids à prolonger ce baiser avec une ardeur de tigresse. La porte s’ouvre à la volée. Albane ne me lâche pas. Une voix synthétique sans intonation prononce ces mots absurdes :
« Pardon de vous avoir dérangés. Opération de routine. »
La porte se referme, les pas lourds s’éloignent. Albane desserre son étreinte et s’écroule sur moi. Essoufflée, elle murmure :
« Ne bouge pas. Ils vont peut-être revenir. »


Le silence est enfin retombé sur la maison, lourd comme la mort. Albane pleure sans bruit dans mes bras. J’ai beau serrer très fort les paupières, quelques larmes brûlantes coulent sur ses cheveux.
« Il nous a sauvé la vie...»
Elle a mis un doigt sur mes lèvres pour me faire taire.
Pourquoi moi ? Sim n’avait que vingt-deux ans ! Roland avait mis au point le One Shot, Ben allait se marier, et Thom...
Il m’a choisi, moi. Il m’a confié Albane. Il m’a donné son dernier ordre : « Continuez !» Continuer... Sans lui ? La tâche me semble impossible. Si nous avons été découverts, d’autres groupes ont dû l’être aussi. Combien d’entre nous sont encore en vie ? Et dans les autres pays ? Je n’ai pas la force d’Alexandre, moi, je ne suis qu’un petit technicien de maintenance, je végète au même poste depuis vingt-trois ans, je ne serais rien sans Alexandre qui m’a appris à lire en cachette, qui m’a ouvert les yeux, qui m’a montré la voie... Un frisson intense me secoue.
Il a dit « Continuez ! »
Et c’est ce que nous allons faire.
Il faut sortir d’ici, vite. Chaque heure qui passe peut être décisive. Il faut avancer le déclenchement. C’est une évidence. Tout me paraît simple et clair, comme si Alexandre m’avait légué un peu de son intelligence.
Je caresse la joue d’Albane.
« Il faut y aller. Nous avons des choses à faire. Vite. »
Elle acquiesce. Albane et la beauté plénière de ses trente ans, Albane l’inaccessible, la merveilleuse... Elle acquiesce et elle me suit.


Le Professeur Thilliez nous a ouvert avant même que nous ne grattions à sa porte.
« Je vous attendais. Vite, à la cave. Un ami m’a prévenu. »
Ses yeux délavés nous examinent avec inquiétude. Sa cave, dont l’entrée est dissimulée derrière un panneau secret, est aménagée en abri de survie. Il nous fait asseoir autour de la table, nous sert un alcool fort.
« Alexandre ? »
Je baisse la tête.
« Ma pauvre petite... » soupire-t-il en posant sa main sur celle d’Albane.
« Professeur, il faut avancer le déclenchement. Je ne sais pas combien d’entre nous ont été pris, mais nous ne pouvons pas risquer d’autres pertes.
- Tu veux faire ça quand ?
- Maintenant. »
Albane me regarde comme si elle ne m’avait jamais vu ; le vieil homme, qui ne suit plus de cure d’entretien depuis un an pour éviter la contamination par les capteurs du One Shot, crispe sa mâchoire et plisse ses yeux fatigués. Il a presque deux cents ans...
« Est-ce que votre connexion est sécurisée ?
- Je pense que oui, mon garçon, mais tu sais, ils font des progrès tous les jours...
- Je vais regarder ça », déclare Albane.
Elle s’assied devant l’écran, promène ses doigts sur la membrane sensible, les yeux fixes. Sa beauté me subjugue. Son intelligence aussi. Alexandre a essayé de m’initier à l’informatique, mais je ne suis pas doué.
Le professeur me lance un regard désolé. Je sens que quelque chose le peine.
« « Quel est votre souci, professeur ?
- Hem..., à quel âge avez-vous mis la barre ?
- Soixante-quinze.
- Si tôt ! Pourquoi pas quatre-vingts, ou cent ?
- Nous avons calculé ça en fonction de la pyramide des âges. Si les anciens sont trop nombreux, ils reprendront le pouvoir. Il s’agit de changer le monde, professeur, vous le savez bien. Pas seulement de détruire quelques vieux charlatans. Et puis, il est rare que les femmes procréent après soixante ans. Les orphelins que nous ferons auront au moins quinze ans. »
Qu’est-ce qui m’arrive ? Aucune de mes phrases n’a commencé par «Alexandre dit que... ». Je répète ce qu’il m’a appris, mais c’est moi qui parle.
Le vieil homme est toujours soucieux.
« Je voudrais partir aussi.
- Mais nous avons besoin de vous ! Nous avons réussi à convaincre quelques anciens, dans tous les pays du monde, et vous en faites partie. Nous avons besoin de votre mémoire ! Je ne sais pas encore si nous calquerons la nouvelle civilisation sur une autre plus ancienne, mais votre expérience nous est indispensable ! Nous voulons un monde meilleur, juste, sage, performant ! Vous savez bien que toutes les archives ont été détruites, et que l’on n’enseigne plus l’Histoire ! Vous êtes la Mémoire de la Terre ! »
Il reste silencieux. Mon discours m’étonne moi-même. Je n’ai jamais parlé avec cette fougue, cette facilité... Je pose la main sur son épaule voûtée.
« Professeur... c’est maintenant qu’il faut me le dire... »
Il soupire encore.
« Mon fils... Mon fils Charles... Il va avoir quatre-vingt-seize ans... Je l’ai eu tard... Sa mère est beaucoup plus jeune que moi. J’ai fait en sorte qu’elle me quitte quand j’ai rejoint le Mouvement. Elle n’aurait pas compris. Et Charles... Il est accroché à ses privilèges... Je sais bien qu’il ne changera jamais. Mais c’est mon fils unique... Vos intentions sont louables, mais vous allez faire plus de morts que la Grande Guerre... Je n’ai pas envie de voir ça.
- Mais nous allons reconstruire, professeur ! Nous allons rendre aux hommes leur dignité, leur liberté ! Tous libres et égaux en droits... avec des enfants tout neufs, aimés et respectés, qui auront tous accès à la connaissance, quels que soient leurs parents ! Des enfants qui sauront que l’amitié existe, que la solidarité est une force, que l’âge n’est pas une qualité en soit ! Les anciens nous ont fait vivre recroquevillés sur nous-mêmes, figés dans leur conservatisme répressif ! Nous allons échanger avec les autres planètes, nous allons nous ouvrir au Multivers ! »
Albane a levé les yeux de son écran. Elle a l’air surprise. Tout ça me monte à la tête. J’ai cru lire dans son regard la même admiration qu’elle portait à Alexandre. Je dois rêver.
Mais le professeur, lui, hoche la tête.
« Ca fait bien longtemps que je n’avais pas entendu ces mots-là. Ca me rappelle ma jeunesse... Tant d’espoir... Tu as raison, bien sûr, tu as parfaitement raison... J’aurais aimé lui dire au revoir, le serrer dans mes bras une dernière fois... Mais je risquerais de nous trahir... Va, mon garçon, déclenche. Je vous aiderai autant que je pourrai. »
Albane me sourit.
« Quand tu veux. J’ai lancé la procédure d’urgence. 95% des Groupes sont connectés. Il n’y a plus qu’à envoyer le signal.
- Alors vas-y, envoie.
- Non. Fais-le, toi. C’est ce qu’Alexandre aurait voulu. »
Je m’approche. Elle me montre la touche. Je vais porter sur mes épaules la responsabilité de millions de morts. Et la liberté pour des millions de vivants. Un monde nouveau. Envoi.
Albane lève les yeux sur moi.
« Je suis fière de toi », me dit-elle.
Me voilà redevenu idiot. Je ne sais pas quoi répondre.



« Ce matin à 4 h 38 GMT, tous les humains âgés de plus de soixante-quinze ans ont été terrassés par un mal inconnu. Au même moment, les robots contrôleurs, policiers et gardiens ont été désactivés. Quand l’information nous est parvenue, nous avons d’abord pensé à une invasion extra-terrestre. Mais dans les minutes qui ont suivi ce coup de force mondial, d’une brutalité à peine imaginable, nous avons reçu, en même temps que tous les principaux médias, le message suivant : «Nous, Mouvement Jeune Terre, avons repris possession de notre planète. Nous ne sommes ni des terroristes ni des fanatiques. Nous voulons rendre aux terriens l’égalité des chances, la libre procréation, et l’accès de tous à la connaissance. Notre action est le fruit d’une mûre réflexion ; nous avons oeuvré dans l’ombre depuis dix ans pour que vienne ce jour du Nouveau Départ. Nous sommes conscients de la violence extrême de nos actes, et nous en assumons l’entière responsabilité. Nous demandons aux populations de garder leur calme et d’éviter les rassemblements. Un nouveau communiqué sera diffusé dans deux heures. »
Nos reporters font le maximum pour vous donner en direct toutes les informations accessibles sur cette révolution mondiale, dont on estime déjà que les retentissements vont bouleverser définitivement la vie de chacun. C’était Sergueï Bakounine pour TRT internationale, la première chaîne d’information du continent européen. Prochain flash dans cinq minutes, avec les premières réactions recueillies par nos envoyés spéciaux. »


« C’est à vous dans deux minutes. » Albane me tend un gobelet de café. J’ai les yeux qui piquent, je n’ai pas dormi depuis vingt-huit heures, et ce n’est pas fini. Nous avons pu rallier d’autres groupes à Paris, et nous nous sommes relayés pour diffuser en continu des messages dans le monde entier. L’heure est venue de leur donner un visage à haïr. Ou qui sait, de réveiller leurs espoirs endormis. Les Centres d’Accueil ont été fermés. Les maisons de tolérance aussi. Je sais que quand je parlerai, toutes les activités terrestres, hormis celles relevant de l’urgence vitale, seront suspendues. Il faut que je leur donne confiance. Les collègues m’ont briefé de leur mieux. Ne pas demander pardon. Ne pas faire peur. Donner une image forte. Albane me serre la main. Je me lève, je descends sur le plateau.
« C’est à vous dans trente secondes. »
Je m’assieds. Je fixe l’oeil noir de la caméra. Des millions de gens ont besoin de comprendre. Je n’ai pas pris mes notes. Je n’en ai pas besoin.
« Je m’appelle Dan Saint-Just, et je représente le Mouvement Jeune Terre. Aujourd’hui, quand vous vous êtes levés, vous avez appris que des évènements d’une extrême gravité avaient eu lieu. Nous en sommes responsables. Je suis conscient des émotions qu’ils ont suscitées chez chacun d’entre vous. De la surprise, de la terreur peut-être, voire de la colère ; de la peine sûrement, pour tous ceux qui ont vu disparaître un membre de leur famille. Ces émotions sont tout à fait légitimes. Mais depuis presque deux siècles la Terre est dirigée par une gérontocratie égocentrique et conservatrice, où le pouvoir et la richesse restent aux mains d’un petit nombre de privilégiés, sans aucun autre espoir pour la multitude des gens du commun que de manger à peu près à sa faim chaque jour en échappant aux maladies, aux accidents et aux interventions parfois aléatoires et toujours mortelles des Milices robotiques. Peuples de la Terre, voilà presque deux siècles que les gouvernements vous mentent ! Non, la dignité de l’homme n’est pas l’égoïsme, la solitude et le sacrifice. Non, les humains ne sont pas meilleurs parce qu’ils sont plus âgés. Non, il n’est pas nécessaire d’avoir vingt ans et des parents riches pour pouvoir apprendre à lire. Les Humains sont tous égaux ! Tous aussi respectables et précieux, qu’ils s’appellent Thom ou Alexandre ! Nous avons libéré la Terre des monstrueux despotes qui l’asservissaient. Je vous demande à tous, jeunes et âgés, d’oeuvrer avec nous pour que chaque Terrien jouisse des mêmes droits que son voisin, sans distinction de race, d’âge, de richesse ou de statut social. Pour que chaque Terrien ait le droit d’apprendre, de travailler, de vivre en couple, de procréer, à l’âge où il sera prêt à le faire, sans qu’aucune loi ne le lui interdise. Pour que chaque Terrien redécouvre la générosité, l’entraide, la solidarité. Depuis plus de deux siècles, tous les contacts avec les habitants des autres planètes sont restés secrets. Je souhaite que désormais ceux-ci se déroulent au grand jour. Nous avons beaucoup à apprendre des êtres dont la technologie est plus avancée que la nôtre, mais nous avons sûrement aussi beaucoup de choses à leur apporter, ne fût-ce que l’exemple d’une espèce capable de corriger ses erreurs et de redonner, après des siècles d’obscurantisme, un nouvel élan créateur à sa belle planète, qui n’a jamais été aussi jeune, aussi confiante, aussi vivante !...
- Pardon, monsieur Saint-Just... Le standard a sauté, les gens ont envahi le hall, dans deux minutes le plateau va être envahi... Est-ce vous pensez pouvoir répondre à quelques questions en direct ? Il faudrait essayer de les calmer, parce que là, c’est du délire...
- Oui, bien sûr... A toutes les questions. Prévoyez des interprètes, je veux répondre à tout le monde, diffusez l’info à toutes les agences de presse... »




L’astronef s’est posé sur l’aéroport de Roissy. Les émissaires de Titan, de la galaxie XKA 325, m’attendent à bord. Les gigantesques mouvements de foule qui ont fait suite à l’annonce publique de leur venue les ont inquiétés. En fait ils se demandent si nous n’allons pas rapidement devenir des impérialistes expansionnistes. J’ai demandé à Albane de m’accompagner. Je ne sais pas quelle image les anciens leur ont donné de notre civilisation, mais je veux leur montrer que nous souhaitons vivre en paix et en harmonie avec le reste du Multivers. Et puis, Albane est enceinte, et je suis tellement heureux de l’avoir près de moi...
La passerelle se déploie. Les Terriens m’ont fait confiance pour parler en leur nom. Je n’ai pas emmené mes notes. Je sais ce que je veux leur dire. C’est facile.



Narwa Roquen, e viva Zapata!

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Maedhros  Ecrire à Maedhros

2008-10-30 21:01:29 

  WA - Participation exercice n°47Détails
Bon, lâchons les chevaux et que le vent fouette nos cheveux. Oyez, gentils damoiseaux et gentes damoiselles... c'est toujours la même histoire!

_______

ONE STEP BEYOND


I


« Ils ont chargé mes cavaliers héroïques,
Comme à Reichsoffen,
La mort fauchant les rangs
Attention ! Cavaliers ! Chargez !
D'une main ... »


« Commandant, l’ordre de retraite est confirmé. Nous avons peu de temps pour regagner la position de repli ! »

La voix de Duilin mon estafette, est déformée par les assauts incessants des contre-mesures et des virus intrusifs qui tentent de s’immiscer dans nos canaux de communication protégés. Pour l’instant, le wanfield tient bon. Jusqu’à quand?

La mort dans l’âme, je sous-vocalise les routines qui vont reconfigurer les schémas tactiques des Oliphans, ces lourds monstres de plastacier qui ont péniblement progressé sous le déluge de fer et de feu déversé par les Adeptes du Jaggernaut. Et dire que nous nous sommes enfoncés dans ce qui semblait un point faible des lignes retranchées ennemies. Enfin, c’était ce que disaient les stratèges confortablement installés à bord du Braglorin, bien à l’abri dans le cône ombreux de la lune, devisant doctement autour des magnifiques projections holographiques où des points bleus et des points rouges brillent, clignotent et disparaissent. A cet instant, mon régiment Noldoli est un des points bleus qui doit clignoter dramatiquement.

Nous avons débarqué pour ouvrir une brèche quel qu’en soit le prix. C’est la matière dont sont faits nos rêves quand nous parvenons à trouver le sommeil au fond des soutes crasseuses des immenses cargos de transport de troupes, à côté de nos machines blindées. Nous nous réveillons vraiment qu’à l’instant où jaillissant des sabords, nous dévalons des orbites d’assaut pour rejoindre les points de dispersion. Jusque là, nous nous efforçons de respecter les protocoles de la Flotte et les consignes de l’Etat-major stratégique. Quand je donne le signal, la terre tremble sous la charge des centaines d’Oliphans qui libèrent toute la puissance de leurs réacteurs. Notre devise est d’une limpide simplicité : « Droit devant ». Nous ouvrons la route. Je suis le commandant du 7ème de Cavalerie, héritier d’une longue lignée d’honneur, de bravoure et de gloire. Notre étendard a flotté sur de nombreux mondes, toujours devant les troupes régulières numénoréennes lourdement armées qui occupent le terrain éventré et réduisent les poches de résistance. Mon régiment est le premier sous le feu ennemi, le dernier à quitter le terrain.

Pour l’heure, cette opération est un lamentable fiasco. Mes stats d’attrition sont épouvantables. J’ai perdu les trois cinquièmes de mes engins. Les champs de force et les systèmes de couverture électrodynamiques des Oliphans ont fait de leur mieux mais l’intensif pilonnage adverse a fini par saturer leurs capacités. J’ai vu les halos de contention trembler avant que la déflagration d’un coup au but ne fasse naître une fleur gigantesque aux couleurs malsaines sur la steppe désertique. Et je ne n’ai toujours pas aperçu leurs lignes enterrées. Ils nous attendaient comme à l’entraînement, nous observant franchir les rangées de collines serrées les unes contre les autres. Un assaut de fer tendu vers la terre promise, vers le dernier royaume humain sur Terre, vers Hyperborée !

Nous serons en retard, Oromë! Nous avons voulu croire que c’était possible, que nous étions devenus plus forts. Alors nous avons écouté nos coeurs et nous avons émergé des profondeurs pour revendiquer notre héritage. Mais Angra Mainyu nous attendait patiemment. Quel aveuglement fut le nôtre, quelle vaine arrogance. Quand s’éveilleront les tardigrades de leur sommeil éternel ?

Une sonnerie suraiguë vrille mes tympans. Oromë, je ne serai pas au rendez-vous !

II

Or il n'est pas d'horreur au monde qui surpasse
La froide cruauté de ce soleil de glace
Et cette immense nuit semblable au vieux Chaos ;
Je jalouse le sort des plus vils animaux
Qui peuvent se plonger dans un sommeil stupide.
Tant l'écheveau du temps lentement se dévide


Mon rôle est obscur. Je ne suis qu’une technicienne solosimpi oeuvrant loin de la bataille qui fait rage sur notre ancienne patrie. Je veille mes tardigrades alignés derrière la paroi de plexiglas épaisse de plus d’un pied. Des milliers de sarcophages luisent doucement dans le halo bleuté de la soute gigantesque. Des centaines de milliers si l’on compte tous les ponts qui s’étagent dans le ventre bedonnant de la sphère tractée par le Pardon d’Alqualondë, le vaisseau mère. Celui-ci tire derrière lui, au creux de l’écrin onctueux de l’espace, une double rangée de perles scintillantes, un magnifique collier de perles lisses et nacrées. Et tout autour, flottent des milliers de vaisseaux semblables. L’Essaim. Ce sont d’immenses rivières de perles qui s’enroulent autour des planètes géantes du système solaire originel. Quand je les contemple depuis la salle d’observation du vaisseau mère, j’éprouve un sentiment indéfinissable, à la fois nostalgique et romantique

Mes tardigrades.

C’est une référence remontant à une période très ancienne, enfouie au plus profond des âges sombres. Cela désignait un minuscule organisme vivant de notre ancienne planète qui avait développé une aptitude singulière à résister à la fois au froid extrême de l’espace, à la chaleur infernale des déserts les plus brûlants et aux ravages inexorables du temps lui-même. Il renfermait ainsi la clé, celle qui allait ouvrir les voyages interstellaires pour les multitudes. La clé qui a permis les vagues successives des migrations, l’essaimage vers les étoiles lointaines, là où le Noir Ennemi n’a pu nous suivre. Là où nous avons fui pour échapper à ses griffes impitoyables.

Mes tardigrades.

Ils sont tous là, figés par la cryptobiose, cet état particulier qui présente toutes les caractéristiques de la mort mais qui n’est pas la mort, juste une stase dans laquelle le métabolisme est arrêté au-delà de toute mesure. Seuls les Veilleurs des Dormeurs sont capables de discerner la fragile et infinitésimale étincelle de vie sur la fugue des probabilités.

Mes chers tardigrades, quasiment indestructibles et immortels, recroquevillés en position foetale dans leur cocon protecteur, attendant patiemment l’éveil, ce moment magique où ils s’élanceront pour fouler les vastes et vertes prairies d’une Terre renouvelée dans la glorieuse lumière où se mélangent l’or et l’argent. Car le cargo des Dieux s’approche doucement, descendant l’Olorë Mallë, le chemin des rêves. Il transporte dans ses flancs aux courbes infinies, la splendeur de l’arbre aux fleurs bordées d'or et la majesté de l’arbre aux feuilles brillantes comme l'argent.

Nous revenons. C’est ce qu’ont proclamé les hérauts sur toutes les places d’Almaren quand les astres se sont enfin alignés. Il était temps de reconquérir ce que nous avions perdu, ce que nous avions laissé derrière nous. Nous étions forts, plus forts que jamais, plus fort que Lui.

La bataille qui fait rage sur la troisième planète de ce système décidera du sort de l’Essaim et des tardigrades qui le composent. Si les armées des étoiles emmenées par les Istari renversent les troupes noires de l’Usurpateur Eternel, alors Fanuin tissera les fils brillants d’une nouvelle musique qui s’élèvera au sein du néant. La carte de ce monde agonisant sera redessinée avec ses forêts, ses mers, ses montagnes et ses neiges éternelles. Une Terre jeune et prometteuse où les perles géantes se poseront enveloppée de la douce lumière de la première aube, au coeur de vastes clairières. Ainsi débutera le cycle de la reviviscence.

Tout se joue là-bas. Dans le fracas des armes. La mère de toutes les batailles. La dernière guerre.

III


Je suis parvenu au bout du chemin. Derrière moi, la falaise plonge vertigineusement jusqu’aux rochers qui lacèrent la marée de sable montante. Un pas de plus signifie une chute définitive. Je regarde le ciel qui se poudroie d’or au-dessus de ma tête. A ma droite et à ma gauche, à perte de vue, les falaises de craie blanche défient les regards. Parois verticales qui marquent la fin du monde, la dernière limite du dernier royaume. Etre là, c’est comme être au bord du monde. Rien n’existe au-delà, hors le vide et le vent. Aucune chance de fuir. Le chemin ne va pas plus loin.

Les grondements assourdissants des cohortes noires en mouvement couvrent l’appel de l’oliphant sur la plaine de sable où planent déjà les grands charognards. Ils attendent l’ultime assaut. Les derniers défenseurs hyperboréens essaient de maintenir la ligne pour entretenir un fragile espoir. Mais celui-ci s’éteint peu à peu. Je vois Oromë, l’envoyé des étoiles, qui harangue les troupes aux couleurs disparates massées à ses côtés.

Je ne suis rien. Les palais aux fières tours de Godthab ont croulé sous l’assaut des légions du crépuscule. Mes livres et mon luth. Je les ai vus se consumer au milieu d’un enfer de rage et de sang. Sans rien pouvoir faire. J’ai cru devenir fou quand ils ont traîné mon fils par les cheveux au milieu des flammes rouges. J’ai frappé les gardes qui m’ont ceinturé pour me tirer malgré moi hors de danger tandis que la ville résonnait de cris inhumains. Ils n’ont rien laissé vivant derrière eux. Je les ai à peine entrevus. Des mufles et des cornes, des griffes et des écailles. Les plus effroyables créatures vomies par la forteresse noire. Leur épouvantable maître a rugi quand les vaisseaux blancs ont brillé plus fort que les étoiles pâlissantes. Il est plus noir et plus fou, plus cruel et plus démoniaque.

Les armées des étoiles sont stoppées dans l’Est par les lignes ennemies, enterrées et fortifiées. Les grondements des canons et les explosions ébranlent le sol sur des distances incommensurables. Ils approchent. Ils approchent. Dans la clarté jaunâtre d’une aube qui n’en finit pas de se lever, une ligne noire souligne l’horizon. Ils arrivent après avoir balayé les défenses du Dernier Royaume comme des fétus de paille. Elles approchent, ces créatures que leur maître a déchaînées contre nous pendant que ses troupes d’élite affrontaient et mettaient en échec les bataillons Eldars.

Qui suis-je? Juste un Bibliothécaire. Le gardien des mots. Inutile au combat. Un poids déjà mort. Le témoin impuissant de la fin tragique du royaume d’Hyperborée, le dernier Royaume de la Terre.

Elles approchent rapidement, galopant comme des bêtes sur le sable rouge. Innombrables. Nous ne possédons que quelques armes légères conservées après la débâcle. Des armes de poing et des armes d’apparat. Des dagues et des lances. Quelques lasers. DE vulgaires jouets. Oromë m’adresse un long regard où se lit le courage du désespoir et la rage de la défaite annoncée. Il crie d’une voix puissante mais sa voix se noie au milieu du vacarme assourdissant des légions de l’enfer.

Je vois leurs mufles et leurs crocs, leurs écailles et leurs queues. Nos armes en fauchent par dizaines mais elles sont si nombreuses comme les vagues d’une marée d’équinoxe. Une marée noire et nauséabonde. Une marée que je n’ai jamais vue mais que j’imagine aisément. Une marée qui va nous emporter car il n’y a nulle part où se cacher. Derrière nous, le vide et la mort. Devant nous, la furie et la mort.

Elles bousculent déjà le premier rang des défenseurs qui plie sous l’assaut. Oromë est un promontoire qui s’enfonce dans l’océan en furie. Son épée brillante fauche à droite et à gauche en larges moulinets. Il sépare les flots et derrière lui quelques fantassins forment un éperon. Tout n’est que hurlements et claquements. Le sang et les larmes. Chacun se bat pour sa vie et pour celui qui est juste à côté. Si la ligne rompt, tout est perdu.

Soudain, la vague hésite, un frémissement parcourt les rangs serrés des bêtes du démon. Elles hésitent, regardant derrière elles. Oui. Je vois une sorte de mouvement qui se dessine non loin, de l’autre côté des lignes ennemies. Cela avance et cela broie. Cela avance et cela brise. Les créatures se retirent vivement pour faire front à la menace qui progresse dans leur dos. Je ne distingue pas très bien mais il me semble reconnaître des silhouettes humaines. Des silhouettes humaines qui se tordent de façon fantastique dans la pâle lumière qui dégouline en arpèges blonds. Les armées des étoiles. Ce sont les Vanyars. Ou bien les Noldoli. Ou encore les Numénoréens qui ont fait une percée. Ils sont finalement parvenus ici avant la fin...

Non... attendez... ils se rapprochent, taillant sans pitié dans les rangs ennemis. Aucune détonation. Aucun rayon lumineux émis par un laser de combat. Aucune épée scintillante accrochant la clarté du soleil moribond. Non. Ils sont bientôt si proches... voyez comment les légions maléfiques se débandent en tous sens, fuyant le courroux irrésistible qui s’abat sur elles. Je les reconnais. Des jets de chairs incontrôlés, des résurgences glauques et vitreuses, des membres surnuméraires au développement anarchique... Nos frères et nos soeurs.... Ceux de la fosse sans fond... ceux de la crevasse oubliée... ceux que nous qualifions hier de monstres ! Ils sont là devant nous, sur la plaine désormais vide et silencieuse. Ils nous font face, les mains rouges du sang de nos ennemis. Ils nous font face et je vois enfin clair derrière les traits déformés et les corps tourmentés. Je vois le frère que j’avais abandonné, la femme que j’avais aimée. Ils sont tous si beaux et si purs !

Alors, je sais que le Royaume est sauvé. Oromê me sourit. Les trompes et les cors résonnent enfin dans le lointain.


M

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z653z  Ecrire à z653z

2008-10-31 11:09:44 

 Trucs trucs trucsDétails
"Prévoyez des interprètes, je veux répondre à tout le monde" -- Je croyais qu'après plus de 200 ans d'un gouvernement mondial unique, on finirait par parler la même langue.
"que l’âge n’est pas une qualité en soit" -- soi ?
"Pardon, monsieur Saint-Just... Le standard a sauté" -- ça me choque un peu en 2233 de parler encore de standard..
"nous avons oeuvré dans l’ombre depuis dix ans pour que vienne ce jour du Nouveau Départ" -- ça n'est pas un peu long pour être découvert ?

Sinon c'est très bien écrit :)

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Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen

2008-11-03 18:24:10 

 Commentaire Maedhros, exercice n°47Détails
Tolkien s’est-il retourné dans sa tombe, ou son Esprit a-t-il fait trembler Valinor d’un éclat de rire tonitruant ? Comment aurait-il pu imaginer en effet qu’un jour un Elfe illuminé aurait donné à son oeuvre une improbable suite en forme de space-opéra ? Ma jolie consigne s’est un peu diluée dans l’espace, mais bon... on ne peut pas tout avoir...
Entre Tolkien et Victor Hugo, tu nous plonges au coeur d’une bataille héroïque dont l’issue est aussi surprenante qu’enthousiasmante... L’action est dense, violente, prenante, et mérite un large coup de chapeau car les scènes de combat réussies ne sont pas légion... Ce qui rehausse encore l’excellence de ce texte, c’est d’avoir intriqué à l’action les pensées nostalgiques et les émotions de deux personnages, chacun écrivant l’histoire de son point de vue. Lecteurs distraits, retournez à vos sitcom ! Nul n’entre ici s’il n’est attentif ! Tu nous jettes au coeur de la bataille, les coups viennent de tous les côtés, et il nous faut toute notre vigilance pour ne pas être éjecté de ce tourbillon d’allusions littéraires et d’inventions originales...
Je n’aurais jamais pu écrire un texte comme ça, et ça m’agace... Mais en même temps c’est tellement bluffant que je te pardonne...
J’ai adoré « l’écrin onctueux de l’espace », et la manière dont tu joues avec les rythmes (phrases longues, phrases courtes ou tronquées, répétitions obsédantes...).
Il y a juste une phrase qui me gêne : « il est plus noir et plus fou » etc. Il manque quelque chose : un « encore », ou un « que jamais »...
Le dernier paragraphe est très fort, c’est Waterloo à l’envers..., avec en plus une émotion bien rendue. Mais trois courtes phrases pour finir, après un passage puissant comme ça, ce n’est pas assez. Le lecteur n’a pas le temps de reprendre ses esprits, de se distancier de l’émotion que tu as suscitée. Du coup, il se sent frustré !

Au total, un grand texte, original, bien construit, très bien écrit. Un vrai bonheur !
Narwa Roquen, séduite...

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Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen

2008-11-03 18:39:03 

 Justement...Détails
... il n'y a pas de langue unique parce que les dirigeants ont voulu garder les rivalités et les différences ( diviser pour mieux régner).
Effectivement, le standard ça fait un peu ringard, si tu as une suggestion... J'avoue ne pas être très pro en SF.
D'autres groupuscules ont été découverts, mais comme les robots tirent sans réfléchir et que les dirigeants âgés se croient au dessus de tout, les filières n'ont jamais été remontées... Ca, par contre, j'y avais réfléchi!
Merci pour tes réflexions toujours avisées!
Narwa Roquen, ne quittez pas, nous allons donner suite à votre appel...

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Maedhros  Ecrire à Maedhros

2008-11-09 18:44:53 

 Same player, shoot again !Détails
Le couvercle a finalement sauté, ainsi que le promettait le cliffhanger du récit précédent. Les gérontocrates ont semé les graines de la rébellion juvénile qui va jeter à bas l’édifice sclérosé et ségrégationniste de la société que tu décrivais. Les leaders du mouvement JT sont brossés de façon convaincante. Ton idée de décentrer le narrateur dans un premier temps puis de resserrer l’action sur lui après la disparition du charismatique leader est subtile et intéressante.

J’ai bien lu et relu les lignes qui décrivent sa « fin », je ne sais si c’est volontaire, mais je n’ai vu nulle trace de son élimination physique. Les protagonistes, Daniel et Albane, semblent convaincus que les forces de sécurité l’ont bel et bien abattu. Mais aucun détail concret de le confirme. Aurais-tu par ce moyen voulu montrer une fin plus «divine » à l’instar des destins messianiques ? Alexandre semble décrit comme l’héritier d’une des plus immenses fortunes de ce monde. Bref, le fils d’un dieu en quelque sorte. Sa fin semble être fidèle à celui d’un autre fils célèbre qui a racheté les fautes des hommes en donnant sa propre vie. Oui, je sais, tu vas trouver encore que j’exagère !

J’aime bien le dispositif One Shot, l’irruption des extra-terrestres et la présence, comme dans toutes les révolutions, d’une passonaria qui incarne la sensualité et donne une dimension sentimentale à ces évènements très masculins. Toutefois, tu laisses ce personnage féminin au second plan, en retrait même si elle a donné du sien pour protéger le héros.

En tous cas, tu présentes un choix radical. C’est l’âge de cristal revu et corrigé. Les révolutionnaires (le nom du narrateur résonne du fracas de 1789) utilisent des méthodes qui s’inspirent de la Terreur par leur extrémisme exalté et le discours que prononce Daniel (ou Saint-Just) à la radio a des accents qui font effectivement penser à ceux des libérateurs sud-américains.

Fichtre, quand tu te laisses aller à refaire le monde, tu ne t'embarrasses pas de demi-mesures ou de demi-teintes. C'est à fond la caisse et cela passera pas si cela ne casse pas tout!

M

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Elemmirë  Ecrire à Elemmirë

2008-11-16 23:22:17 

 WA 47, avec deux semaines de retard, et partie 1 seulement!Détails
Chuis à la bourre, chuis à la bourre! Pour ne pas perdre complètement le fil, je poset déjà la première partie. Je ne suis pas très contente de mon écriture, mais bon veuillez m'excuser, toute ma concentration était focalisée sur le scénario, et moi si je peux plus faire du spontané, les mots et les émotions ont plus de mal à venir!


Ce matin-là, Eléa s’éveilla dans un grand lit, moelleux comme le sont tous les lits de la Cité. Pierre, qui avait rejoint hier la formation en plomberie, s’affairait déjà en cuisine. L’odeur du café monta aux narines d’Eléa qui s’étira rapidement avant d’enfiler le peignoir accroché derrière la porte de la chambre, comme dans toutes les maisons de la Cité. Pendant qu’elle prenait sa douche, la radio personnalisée annonçait à Eléa le contenu de sa tâche du jour, les prénoms des enfants dont elle s’occuperait, ainsi que les informations générales, décès et naissances. Un nouveau Veilleur avait été nommé hier soir. Eléa sourit en apprenant qu’Anselme allait être initié aux rituels de début et fin de vie.
Lorsqu’elle arriva dans la cuisine, Eléa trouve Pierre étendu au sol, la gorge fendue d’une immense plaie, le sang rouge vif se déversant encore par jets successifs sur le carrelage immaculé.

Sidérée, interdite, Eléa resta là, debout, pendant une durée non prévue dans son emploi du temps du jour. Elle regardait le corps étendu là devant elle, ce corps qu’elle avait appris à connaître cette nuit, le corps d’un citoyen jeune, valide, productif. Puis, elle finit de se préparer, au ralenti, comme étourdie après un coup, et se rendit sur le Parking Central où elle signala sur la borne qu’une voiture monoplace suffirait à la conduire à la crèche. Eléa tenta de se raccrocher à la réalité et entama sa journée de travail. Le Grand Organiseur prit note du décès de Pierre sans broncher, et envoya les techniciens de surface et les pompiers nettoyer la maison et rapatrier le corps aux Veilleurs. Les pompiers furent sidérés de trouver un corps jeune et mutilé. Ils échangèrent des regards vidés, et aucun n’osa questionner les autres sur cet événement insensé. Les Veilleurs se réunirent dès l’arrivée du corps pour tenter de comprendre la place de cet événement dans la vie de la Cité. On réétudia la situation de Pierre, trente-huit ans, productif, valide, on se questionna les uns les autres pour savoir si l’un des Veilleurs aurait commis une erreur absurde, une imprudence impensable, une étrange réalisation de l’Ultime Remerciement d’une façon absolument inédite et contraire à celle enseignée, hors des lieux requis, sur un Citoyen dont le tour n’était pas venu d’accéder à la fin de vie. Aucun ne put justifier, expliquer, comprendre, donner du sens à ce corps qui gisait là, devant eux.

La sidération se propagea dans la Cité comme une trainée de poudre. Les tâches du jour furent effectuées, les citoyens travaillèrent, se restaurèrent, firent connaissance, mais un vague engourdissement saisissait ceux qui apprenaient la surprenante nouvelle. Le lendemain matin, lorsque les citoyens occupant la fonction de pompiers furent sollicités à nouveau par le Grand Organiseur pour confier aux Veilleurs le corps de Mathilde, vingt et un ans, la sidération laissa la place à un sentiment incompréhensible, dépassant tout ce que la Cité pouvait imaginer : la Peur. La Peur fit son apparition dans la vie de la Cité, et grandit de matin en matin, de décès insensé en décès insensé. Le Grand Organiseur fut questionné par les Veilleurs, mais resta de marbre. La recherche sur un décès non programmé, survenant sur des citoyens utiles à la Cité, hors du contrôle des Veilleurs, ne donnait aucun résultat. Les Veilleurs sollicitèrent les citoyens ayant reçu une formation d’ingénieurs informatiques pour repérer le bug du Système, le Grand Organiseur ne pouvant pas ignorer les réponses nécessaires au bon fonctionnement de la Cité. Mais celui-ci n’avait pas intégré cette tâche à celles disponibles sur la journée, de sorte que les ingénieurs furent tiraillés dans un dilemme impossible, choisir d’obéir au Grand Organiseur en occupant l’une des tâches proposées, ou désobéir... et rechercher une réponse à la stupeur qui frappait l’ensemble des citoyens. Les citoyens prirent position, un par un, encourageant la résistance au Grand Organiseur, soupçonnant les Veilleurs de complot pour prendre le pouvoir, ou redoutant les foudres de l’Organiseur, préssentant des maux qu’ils n’avaient même jamais conceptualisé. Certains crurent que ce choix les mettrait à l’abri, mais chaque aurore sur la Cité drainait son cadavre ensanglanté, jeune, vieux, homme, femme, résistant ou soumis, Veilleur ou boulanger. Le Grand Organiseur augmenta simplement la vitesse de formation et proposa d’avancer l’âge d’entrée dans l’activité afin de pallier à ce manque de main d’oeuvre. Les Citoyens découvrirent le sentiment d’abandon, dans le silence froid du Grand Organiseur devant leur détresse.

La résistance aux commandes du Grand Organiseur dérégla le fonctionnement de la Cité : des repas manquèrent, des éviers restèrent bouchés, des enfants restèrent livrés à eux-mêmes, et ce malgré les constantes mises à jour que s’efforçait de faire la machine ; elle interrompait un citoyen dans sa tâche pour lui ordonner, de sa voix suave jaillissant des micros de la Cité, de rejoindre l’Ecole Centrale au plus tôt, de remplacer sa formation de fin de journée par une seconde période de travail pour pallier aux manques créés par la Peur. Le désordre était en place. Les Veilleurs firent appel aux citoyens formés à la médecine pour comprendre comment un sentiment de Peur pouvait émerger dans une Cité a priori débarrassée de ses Passions. Les médecins étudièrent la question, et découvrirent avec effroi que le sentiment de Peur semblait vivre hors du centre nerveux des Passions. La Peur fut théorisée comme la seule réponse biologique possible à l’incompréhension et au désordre. Certains proposèrent de mener des expériences sur les nouveaux-nés pour agrandir la zone cérébrale ôtée. Chaque décision, chaque idée, chaque proposition entraînait l’angoisse et l’inquiétude d’être livré à soi-même, une incompréhension de plus. La Cité se disloquait, chaque citoyen s’individualisait à chaque prise de décision contrainte, le discours du Grand Organiseur ne correspondant plus à la réalité des faits. La nourriture manqua et la jalousie apparut. Les citoyens se pressaient sur les lieux de restauration bien avant l’heure, abandonnant leur tâche du jour pour espérer être nourris convenablement, comme avant... Ceux qui ne pouvaient manger à leur faim tentèrent d’abord de se conforter à l’idée que leur tour viendrait, mais découvrirent rapidement que leur tour ne venait que s’ils l’arrachaient de force par leurs actions délibérément choisies. Certains citoyens décidèrent de se regrouper la nuit, laissant vides les appartements individuels et dormant à cinq ou six, serrés les uns contre les autres, dans la peur de mourir avant l’heure. Chaque matin, la radio crachait la liste des naissances et celle des décès oeuvrés par les Veilleurs, niant toujours la réalité de ces mares de sang insensées. Avec la Peur, la suspicion grandit. On soupçonna les vieux de perpétrer ces actes par jalousie, on soupçonna les amants de s’entretuer pour ne pas se perdre, on découvrit des explications aux choses par l’existence de l’amour et de la haine, de la possessivité et de la colère. Le chaos régnait sur la Cité.

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z653z  Ecrire à z653z

2008-11-17 17:32:54 

 j'avais oublié un détail sur la WA 46...Détails
"Demain, ou un jour prochain, Éléa découvrira le corps d’un autre citoyen : chacun a ses qualités et ses charmes, et le tour de chacun vient toujours. Éléa a ainsi découvert les beaux yeux de Lucile, le sourire de Jérémy, la voix chaude de Paul, le crâne lisse d’Anselme, la vivacité de Juliette. De ces rencontres est né un enfant,"

Le mystère des naissances reste entier ou alors je n'ai pas bien (re)lu...

Vivement la 2e partie :)

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Elemmirë  Ecrire à Elemmirë

2008-11-17 23:55:16 

 Le mystère des naissancesDétails
En fait je dirais qu'ils savent comment ça fonctionne, mais ne se posent pas la question de savoir qui sont les parents, à qui "appartient" l'enfant, puisqu'il devient immédiatement après sa naissance un citoyen parmi les autres. Alors, même si techniquement ils savent que Juliette n'y est pour rien, ils s'en fichent ^^

Enfin ce n'est que mon avis, faudrait leur demander directement ce qu'ils en pensent! ;)


Elemm', qui laisse vivre ses personnages

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Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen

2008-11-21 15:36:31 

 Commentaire Elemmirë, exercice n°47Détails
Bel effort ! Voilà une suite tout à fait intéressante. Le contraste est saisissant entre la mécanique bien huilée et monotone du texte précédent, et la survenue d’une révolution où rien ne fonctionne plus comme avant, ni dans les actions ni même dans les pensées. Tu décris très bien la progression du désordre, avec l’incompréhension, puis la peur, puis la revendication, la méfiance, et le déferlement de la violence comme ultime recours. On ne sait toujours pas qui est le Grand Organiseur, ou plutôt qui en tire les ficelles, mais on le découvre tout à fait incompétent à gérer la crise, et pire encore, à reconnaître qu’il y a une crise, comme une pauvre machine abandonnée par son programmateur et qui ne peut que répéter à l’infini les consignes qu’elle a mémorisées, sans aucune initiative possible ; et comme tu le dis justement, les gens se sentent abandonnés, puisque leur divinité toute-puissante se révèle aussi stupide qu’une machine à laver ( je précise que je n’ai rien contre les machines à laver, ne te vexe pas Mimine, continue à laver...). Dans un sens cette situation est plutôt rassurante, puisqu’elle prouve que même dans un monde hyperorganisé, l’Homme est encore indispensable !
Tu montres bien les affres de ces citoyens confrontés à un acte dont ils avaient perdu l’habitude : le choix. Et leur difficulté, bien sûr, à se mettre hors-la-loi, qui ne se résoud que lorsque, se sentant menacés, ils choisissent la solution de survie : penser à eux d’abord.
L’émergence des passions, avec un tel point de départ, ne peut pas se faire du jour au lendemain. Donc ce ton qui t’a semblé à toi, en écrivant, laborieux et non spontané, s’accorde très bien avec le texte, et tout débordement abrupt eût été malvenu !
J’aime beaucoup « pendant une durée non prévue dans son emploi du temps » : la formulation est lourde, terne, et en même temps, après le coup de tonnerre de l’assassinat, premier déclencheur du chaos, c’est tout simplement génial ! De même, la répétition de « productif », mot choquant qui instrumentalise un être humain, remet bien le lecteur dans la distance vis-à-vis de ce monde imaginaire. Bien aussi, l’idée que la Peur ne dépend pas du centre des Passions – sans ce détail, rien ne marche !
De petites broutilles :
- « elle trouve Pierre » : trouva
- « Eléa resta là », « le corps étendu là » : répétition
- Tu ne dis pas qu’Eléa prévient quelqu’un ( ou l’Organiseur ?) de la mort de Pierre. C’est sous-entendu, mais il vaut mieux le dire.
- « corps jeune et mutilé » : une mutilation est la perte d’un membre ou d’une partie du corps
- Tu ne dis pas si toutes les victimes ont été tuées selon le même mode opératoire, ce qui sous-entendrait que c’est le même assassin, ou de manière différente, comme s’il y avait plusieurs tueurs ; je pense que c’est un détail qu’il faut préciser.
- « regards vidés » : pourquoi pas « vides » ?
- « ingénieurs informatiques » : « ingénieurs en informatique » ou « ingénieurs informaticiens »
- « préssentant des maux » : pressentant »
- « Conceptualisé » : + s !
- « Certains crurent que ce choix... » : quel choix ?
- « restèrent » (dernier paragraphe) : 2 en 2 lignes...
- Enfin la dernière phrase « on découvrit des explications... » n’est pas claire. Tu as l’air de dire que ces sentiments réapparaissent, malgré la destruction du centre des Passions ?


Au total, c’est un bon texte, dense, riche, bien construit, avec un ton tout à fait approprié au propos. Tu as réussi à relancer l’intrigue alors que tout semblait définitivement figé, en gardant le suspense au maximum. Maintenant il va falloir trouver une fin cohérente, tout en répondant à la question qui taraude le lecteur depuis le début : qui est, ou a été, derrière le Grand Organiseur ? ...et bien sûr en nous révélant pourquoi s’est produit le dérapage...
Bon courage !
Narwa Roquen, qui attend la suite en chouchoutant sa machine à laver...

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Estellanara  Ecrire à Estellanara

2008-12-12 17:18:36 

 Exercice 47 : Elemmirë => CommentaireDétails
« Productif et valide » est répété plusieurs fois, ce qui fait bizarre.
Les détails pratiques, comme la voiture à une place, renforcent le macabre de la découverte. Par contre, la montée de la peur et de la suspicion est un peu rapide à mon goût. Les citoyens qui vivent dans l’harmonie tranquille depuis des générations devraient avoir bien du mal à imaginer un complot.
Qu’y a-t-il en dehors de la Cité, au fait ?
Ton gimmick revient un peu tard dans le texte. « ...tentèrent d’abord de se conforter à l’idée que leur tour viendrait » Il est, après tout, le credo principal de la Cité. Je pense qu’il aurait du apparaître plus et plus tôt.
« l’existence de l’amour et de la haine, de la possessivité et de la colère » : l’opération ne fait-elle pas l’ablation de ces sentiments ?
La suite, la suite !! (ça me contrarierait en effet de ne pas savoir qui tue...)

Est', en pleine lecture.

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Estellanara  Ecrire à Estellanara

2008-12-12 17:21:18 

 Exercice 47 : Maedhros => CommentaireDétails
Je ne vois pas très bien le rapport entre ton post-apo et l’incursion des éléments du SDA (Oromë, oliphant...). Je me suis paumée dans ce second texte.
Ca veut dire quoi, Wanfield ?
Je n’ai pas lu le Livre des contes perdus ni le Silmarilion et je suis donc totalement larguée dans ton histoire. Qui a émigré où ? Qui revient ? Pourquoi ? Pour combattre qui ?
A quelle faction appartient le narrateur de la première partie ? D’où viennent les troupes noires ? Pourquoi n’avaient-elles pas attaqué avant ? Comment la ville se défendait-elle si elle a perdu l’usage de la technologie ?
« Nous NE nous réveillons vraiment qu’à l’instant » me semble-t-il.
Ah revoilà les tardigrades ! Ce sont donc des voyageurs de l’espace mis en stase ?
J’ai noté une répétition du mot perle au début du II.
Joli, l’usage de « poudroie ». Un mot difficile à caser.
La reprise de la phrase complète « Des jets de chairs incontrôlés, des résurgences glauques et vitreuses, des membres surnuméraires au développement anarchique... » ne m’a pas semblée forcément judicieuse. Surtout que le texte est assez court pour que l’on s’en souvienne.
Très inattendu, le coup de main des mutants mais la fin est trop brutale à mon goût. Trop deux ex machina. Je préférais grandement la première partie. Et tu n’as pas reparlé des tribus. Elles resteront donc à l’état d’élément de back-ground. Dommage...

Est', en pleine lecture.

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Estellanara  Ecrire à Estellanara

2008-12-12 17:26:56 

 Exercice 47 : Narwa => CommentaireDétails
Tiens un poème aussi ? Maedhros déteindrait-il sur certains d’entre nous ?
Bien vu que les « utilitaires » soient amputés de leur nom complet.
L'admiration de Daniel pour Alexandre est parfaitement rendue. Il est d’abord désemparé puis reprend le flambeau de son mentor. La nécessité l’a transformé en héros.
Cette partie est beaucoup plus vivante et s'équilibre avec la première.
Bien vu l’intérêt grandissant d’Albane, à mesure que le leader se révèle en Daniel.
« Me voilà redevenu idiot. Je ne sais pas quoi répondre. » joli !
« la libre procréation » ? je ne vois pas en quoi c’est important. C’était justement la seule chose intelligente que les vieux avait faite que de limiter la population pour préserver les ressources terrestres (bien qu'ils l'aient faite de façon horrible) ! Ce n’est plus nécessaire maintenant que la race humaine va s’élever vers les étoiles ? On va aller épuiser d’autres planètes ? Je m'insurge à cette idée.
La fin est cohérente, quoique j'ai trouvé le discours de Daniel à la télé un peu long. J'aurais bien eu envie de voir les extra-terrestres.

Est', en pleine lecture.

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Elemmirë  Ecrire à Elemmirë

2008-12-13 13:15:47 

 Projet avorté, ou au moins remis à plus tard!Détails
Désolée mais vous ne le saurez pas avant un bon moment.... :$
Moi j'ai (enfin) trouvé qui tuait ^^ Mais les mots pour le dire ne venaient pas, et du coup je me suis mise au Concours "Point de vue", qui est en bonne voie, donc la suite de cette WA arrivera bien après!

Mais bon j'me dis que comme ça, dans l'univers parallèle où tu vis qui correspond à notre passé (mais tu nous rattrape, ça y'est!! ;)), tu te sentiras moins seule :)

Elemm', FDEER un jour, FDEER toujours!

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Estellanara  Ecrire à Estellanara

2008-12-15 16:04:44 

 Bien le bonjour de mon univers parallèle, chère amie !Détails
Sache que je te lirai quoiqu'il arrive, en avance ou en retard, voire les deux car tout est possible dans les mondes parallèles !
Sachant que je bosse encore sur Songe d'une nuit d'été, je n'oserais critiquer personne sur les délais, hihi !
Ecris bien !

Est', en pleine lecture.

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