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 WA,exercice n°53 Voir la page du message 
De : Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen
Date : Jeudi 22 janvier 2009 à 00:02:16
Allez, un petit exercice ludique pour mettre quelques éclats de rire dans ce monde impitoyable, dans cet hiver qui n'en finit pas...
Vous allez écrire un texte comique, sur le thème de "une journée pourrie". Plus ça sera décalé, déjanté, abracadabrant, et mieux ce sera! Donc usez et abusez de la fantasy, de la SF, du mélange des deux... mais restez quand même cohérents et compréhensibles!
Vous avez deux semaines, jusqu'au jeudi 5 février, et n'oubliez pas de faire sauter les crèpes!
Narwa Roquen,Nutella, confiture, crème de marrons-chantilly?


  
Ce message a été lu 8829 fois

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Réponses à ce message :
Netra  Ecrire à Netra

2009-01-22 14:56:38 

 Pour les crêpes...Détails
... Je te conseille le combo de la mort qui tue : compote de pomme, miel, cannelle et boule de glace à la vanille.

Si tu n'as pas de miel, le salidou peut remplacer.
Netra, brezhonneg da garan krampouzen. ( = breton qui aime les crêpes)

Ce message a été lu 5188 fois
z653z  Ecrire à z653z

2009-01-23 13:20:55 

 Est' ?Détails
Murphy

;)

Et pour les crêpes : confiture de myrtilles, crème de marrons ou nutella-poudre d'amandes :)

Ce message a été lu 5497 fois
Estellanara  Ecrire à Estellanara

2009-01-23 15:45:12 

 Ben ouais !Détails
Hop ! Déjà écrit, le texte ! Qui dit mieux ?? Hihihi !!

Est', hop.

Ce message a été lu 4977 fois
Netra  Ecrire à Netra

2009-02-02 13:45:17 

 MangeeeeeeeeeeerDétails
BONNE CHANDELEUR A TOUS !!!!!!!!!

Mangez des crêpes, c'est bon et c'est breton !!!
Netra, vorace

Ce message a été lu 5194 fois
Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen

2009-02-04 22:16:08 

 WA, exercice n°53, participationDétails
Vu du chat



A l’heure où tous les humains sont gris...
Ben, rrhoui, quelle que soit l’heure, seul le chat gris est gris. Le tigré est tigré, et le roux reste roux. Il faut être bête comme un humain pour perdre le sens des couleurs dans l’obscurité...
Donc je me suis couchée sur son dos, et j’ai ronronné très fort. Pour qu’elle n’oublie pas qu’elle me doit obéissance. Et en plus elle a nourri les chiens avant moi hier soir.
« Dormir... dimanche... Cléo, s’il te plaît... »
Elle se tourne sur le côté pour se débarrasser de moi. Généreuse, je me laisse glisser et me recouche contre sa tête. J’adore jouer avec ses cheveux. Je les tire de la patte, je les mordille tout en ronronnant, bien sûr, pour l’assurer de ma bienveillance.
« Cléo, t’es mignonne, mais... »
Une main sort de la couette et me gratte la tête sans beaucoup de conviction, mais c’est toujours ça. Rapidement cependant, elle s’endort. Crime de lèse-chat ! Je me glisse sous la couette et je joue à chat-qui-tète dans son dos, les griffes bien sorties s’accrochant au tissu fin de sa chemise de nuit. Elle se pousse, je la suis... Je suis un prédateur nocturne, moi c’est la journée que je dors...


A l’heure où le soleil se lève...
Mon assiette est vide ! Cette humaine est totalement irrespectueuse. Je saute sur son ventre. Elle a un soubresaut, et un petit cri comique dans le genre « outch », puis elle se couche à plat ventre en marmonnant « chiante ». Je fais mes griffes sur la moquette. Ca détend. Mais elle ne se lève pas. En visant bien, je peux faire tomber le réveil sur le téléphone. La dernière fois ça a marché, le téléphone s’est décroché et ça a fait « bip... bip... »
Gagné !
Elle soupire, raccroche le téléphone et se retourne. Elle est vraiment odieuse ce matin. J’ai faim ! Et puis j’ai horreur qu’elle m’appelle Cléo. Mon nom, c’est Cléopâtre.
Plan B. La table de la cuisine. Un verre... Coup de patte... Oh, du verre sur le carrelage... Ca porte bonheur ! Mais de la chambre rien ne vient. Parfait. Je fonce sur Picasso, le vieux berger. Eolia a des réflexes plus vifs, j’évite. Le chien me poursuit jusqu’à la chambre, et saute après moi sur le lit. Un geste rageur rejette la couette, tandis que jaillit une fontaine d’obscénités qui m’écorcheraient la bouche si je les répétais.
J’adore déjeuner de bon matin.


Après, il me faut mon câlin. Je m’allonge donc sur le magazine que l’humaine feuillette en buvant son café au lait. Caresses. Bien. Un petit coup de langue sur le beurre, pour les vitamines du matin ... Je ne sais pas pourquoi ça l’agace... Elle crie. Quel manque de retenue... Le bout de ma queue plonge distraitement dans le bol. En voulant me pousser, elle renverse tout. Les humains sont maladroits !


Je tends l’oreille. Elle est sous la douche – encore une coutume barbare indigne d’un chat. Je ne déteste pas un bon bain très chaud, comme tous les Norvégiens, mais une douche ! C’est le moment rêvé pour aller soulager ma vessie dans la bassine du linge qu’elle a laissé près de la machine à laver. Je déteste la machine à laver. Trop bruyante. Hier soir ça m’a gâché mon repas – enfin, mes septième et huitième repas, puisqu’il serait vulgaire de ne manger qu’une fois par jour. Maintenant que je suis en forme, je vais aller titiller un peu Eolia, pour l’entraîner sous le bureau, là où se croisent plein de fils un peu trop tendus... Quand je l’énerve trop, la jeune chienne se calme en les mordillant, encore et encore...


Elle est sortie de la salle de bains, maquillée, parfumée. Va-t-elle sortir ? En chantonnant, elle ouvre le frigo. Cuisine ? Elle pose sur la table le poulet qu’elle a acheté hier au marché, « un vrai poulet fermier, à l’ancienne ». Elle a le temps de couper les pattes et de vider la carcasse avant que le téléphone sonne. Je saute sur la table. Ces pattes ! J’ai un sursaut d’horreur. C’est une créature de Baba Yaga, j’en suis sûre ! Je m’approche de la tête, tordue au bout d’un long cou ridicule. Mon poil se hérisse. Le cou s’est redressé, les yeux se sont ouverts et Baba Yaga a ricané à travers sa créature « viens là, jolie minette... J’ai besoin d’une paire de gants en peau de chat... »
D’un geste précis, j’ai crevé les yeux, enfoncé mes crocs dans le cou, et j’ai secoué... Les pattes se sont mises à marcher toutes seules, elles ont sauté sur le carrelage, elles se dirigent vers le salon, elles vont jeter un sort à l’humaine... Je me précipite. Je me bats contre les deux pattes ensorcelées, qui bondissent et retombent, je mords, je griffe...
« Cléo ! C’est quoi ce bazar ? »
En reniflant, elle ramasse les pattes qui se sont immobilisées. Baba Yaga est habile.
L’humaine s’est assise lourdement devant le poulet.
« Qu’est-ce que je vais en faire, maintenant ? »
Je saute sur ses genoux et je ronronne.
« Salaud ! La femme de sa vie ! Tu parles, il la connaît depuis huit jours ! Evidemment, elle habite en face de chez lui, ça lui fait moins loin... »
Elle éclate en sanglots, la tête dans les mains. Je me redresse, je lui lèche le menton, ça me permet de jeter un oeil au poulet, qui ne bouge toujours pas.
« Jette ce poulet, il est ensorcelé ! »
Mais rien à faire, les humains ne sont pas télépathes...
Elle s’essuie les yeux d’un revers de main, arrose vaguement le poulet d’huile d’olive et le glisse dans le four. Elle jette les pattes et les intestins dans la poubelle et met les abats dans mon assiette. Ah, le croquant du coeur, le crépitement des poumons... Mais si je mange ça, je suis morte ! Et elle, qui sait en quoi elle sera transformée...
Comment combattre Baba Yaga ? Si encore elle avait mis un peu d’ail autour du poulet... Bon, très bien. Il me faut des renforts. Vite, je miaule à la porte. Elle me fait sortir. Le tour de la maison en galopant, et je gratte à la fenêtre. Elle ouvre, je fais mine d’hésiter, je passe une patte en regardant derrière moi...
« Cléo, décide-toi, tu rentres où tu sors ? »
Je me frotte contre la fenêtre en ronronnant.
« La barbe. Fais ce que tu veux. C’est pas le jour. »
Elle laisse la fenêtre ouverte en sortant de la cuisine. Gagné !


Elle est allée promener les chiens dans le bois. Re-gagné !
J’ai trouvé Carmen et Bob. Bob est un pur gouttière avec qui j’ai un peu... mais très peu ! Et puis c’était avant l’opération. Il n’est pas très malin, mais il pèse cinq kilos, et il est tellement fort qu’on le surnomme « bobcat ». Carmen est une persane très classe et loin d’être idiote. Pas une fille facile, mais pleine d’idées. Comme disait mon grand-père Olaf : « Une chatte teigneuse est une amie précieuse ».
Je leur explique la situation.
« Les pattes et la tête, il faut les enterrer, c’est facile », déclare Carmen. « On met dessus de l’ail et de la crotte, et ça marche. Je l’ai déjà fait une fois. »
Assez fière de son expérience, elle s’étire longuement.
« Mais le poulet ?
- C’est lourd », soupire Carmen
- Mais moi je peux le porter », affirme Bob
- « Et il faut un multisort.
- Oui, je sais. Du genre « verre brisé, ail volé, rose fanée, crotte moulée, haine crachée ?
- Ca peut le faire», sourit Carmen dont l’oeil d’or s’est éclairé d’enthousiasme.



Branle-bas de combat. Faire tomber la poubelle, récupérer les pattes et la tête, qui caquette encore « je vous aurai tous ! Je vous aurai... », ouvrir la porte du four (Bob, d’un seul saut sur la poignée, fortiche !), berk l’huile d’olive... Casser un verre, trouver l’ail dans la panière à légumes (caché !), mettre le tout dans un sac plastique – enfin une invention humaine utile ! Nous sommes au ras du sol, il faut encore sauter sur la petite table devant la fenêtre, et le sac est lourd ! Bob essaie mais retombe lamentablement.
« Tu pèses combien ?
- Oh, à peine trois kilos », minaude Carmen en se lissant les moustaches.
La menteuse ! Je suis sûre qu’elle est plus lourde que moi. Mais pas le temps de discuter. Je prends une anse, Bob prend l’autre, un, deux...
« Bravo les Mat’ », s’exclame Carmen. « Vite, dans le jardin !
- Il y a un terrier abandonné juste sous le frêne. »
Bob le chasseur connaît tous les terriers des environs.
- « Carmen, va chercher des roses.
- Mais... »
Elle se tait devant nos regards furieux. Et puis elle a tellement peur de devoir tirer le sac qu’elle s’éloigne en trottinant.


Nous avons tout trouvé. Chacun à notre tour, nous déposons notre contribution personnelle. Carmen traîne un peu.
« Vite, Carmen, il faut refermer le terrier !
- Voilà, voilà... J’ai fini. Maintenant je crache... »
Oubliant toute dignité, nous voilà comme des chiots en train de gratter la terre pour reboucher le trou. Vite, vite, car à l’intérieur du terrier, la créature se débat et hurle. « Sales chats ! Faites-moi sortir tout de suite ! Aaaah ! Maudits... »
Nous nous asseyons tous les trois sur la terre fraîche, pesant de tout notre poids contre les coups qui viennent d’en bas. Puis plus rien.
« Yes ! », jubile Bob.
- Merci, les amis !
- Je mangerais bien quelque chose...
- D’accord, c’est ma tournée ! »
Je les laisse finir mon assiette. Puis, après une toilette sommaire, je vais me pelotonner sur le divan et je m’endors dans la satisfaction du devoir accompli.


Les cris de l’humaine me tirent hélas trop vite de ma délicieuse sieste.
« Mais qu’est-ce qui s’est passé ? Cléo ! »
J’ouvre un oeil apparemment effrayé et je me force à trembler sur place. Je ne sais pas si vous avez déjà essayé, mais c’est très très difficile ! Prise de remords, elle s’assied près de moi, me prend sur ses genoux, me caresse.
« Ma pauvre chérie ! Tu as eu peur, c’est ça ? Ce sont de vilains chats qui sont entrés par la fenêtre... Tout va bien, je suis là... »
Je dois encore empester l’huile d’olive, mais les humains n’ont aucun odorat. Après un stupide baiser sur ma tête, elle retourne à sa cuisine. Bon.
« Ca m’apprendra à laisser la fenêtre ouverte. Et mon poulet ! »
Je me glisse par la porte entrebâillée. Rrhoui, bon, on n’a pas fait dans la dentelle. Le carrelage blanc est un champ de bataille où gisent débris de verre, morceaux du plat en grès, huile d’olive, ail, oignons, pommes de terre... Mais elle n’avait qu’à mettre l’ail sur le dessus !



Tandis qu’elle lessive le sol de la cuisine, le téléphone sonne. Elle met le haut-parleur.
« Bonjour ma chérie, c’est maman. Comment vas-tu ? Et comment va Jérôme ?
- Bof. Il vient de me quitter.
- Tant mieux ! Tu étais beaucoup trop bien pour lui, je te l’ai toujours dit... »
Je la connais. Insupportable. Malfaisante. J’ai beau la griffer, elle revient toujours à la charge. Je saute sur le téléphone, je raccroche.
« Cléo, non ! »
Cette idiote rappelle.
« Désolée, maman, c’est le chat qui...
- Le chat, bien sûr, tu me prends pour une imbécile ! Tu me raccroches au nez, après tout ce que j’ai fait pour toi, moi qui me suis toujours sacrifiée... »
Clac. Cette fois c’est elle qui a raccroché. Elle remonte dans mon estime. Cette humaine est perfectible. Je ne regrette pas de l’avoir sauvée.


Elle a avalé une soupe en sachet et s’est installée devant l’ordinateur.
« Vingt pages à taper, tu parles d’un dimanche... »
Les humains sont étranges. Ils protestent contre ce qui les ennuie, mais ils le font quand même. Moi, quand ça m’embête, je griffe et je m’en vais.
Une obscénité de plus. Elle plonge sous le bureau. Eolia a fini de déchiqueter quelques fils...
Des larmes coulent sur son visage. Elle me ferait presque peine. Pliée en quatre, armée d’une petite paire de ciseaux et d’un rouleau de machin collant – j’adore les rouleaux, parce que, justement, ça roule... - elle essaie de réparer les dégâts.
« Cléo ! Non ! Le chatterton ! »
Je ne sais pas qui est ce chat. Par moments, elle dit n’importe quoi. Ou alors elle a des hallucinations. Mais ! Elle me vole mon rouleau !


A l’heure où la nuit tombe...
Il a fallu que je miaule au moins deux minutes pour qu’elle consente à se lever pour remplir mon assiette. Quelle ingratitude ! Tu vas voir, toi, cette nuit... Un petit coup d’autoroute sur le ventre et la poitrine (je passe, je repasse..), un gros ronron collée contre l’oreille, une bonne séance de griffes sur la moquette, et qui sait, un petit entraînement d’escalade de rideaux, suivi d’un saut en piqué sur le lit... C’est important de garder la forme ! Demain c’est lundi, j’ai toute la journée pour dormir...
J’adore le dimanche...
Narwa Roquen, qui adore les chats

Ce message a été lu 5310 fois
Maedhros  Ecrire à Maedhros

2009-02-04 22:45:36 

 WA - Participation exercice n°53Détails
Bon, première de 2 courtes parties...

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LA MORT ET LES TAXES



Jay est un professionnel. Il aime le travail bien fait et évite les embrouilles. Dans un segment parfaitement concurrentiel, il n’est pas vraiment bon marché mais la qualité de ses prestations est telle que son carnet de commandes est plein pour le semestre à venir. Dans sa profession, il compte parmi les tous meilleurs. Finition impeccable, célérité irréprochable et garantie zéro défaut. Pas de retard, pas de réclamation et un client satisfait à tous les coups.

Jay est un mélomane averti, incollable sur les oeuvres des plus grands compositeurs. Il ne se sépare jamais de son baladeur à grande capacité où il a chargé des dizaines d’heures de musique classique qu’il savoure grâce à ses écouteurs intra-auriculaires horriblement onéreux. La haute-fidélité est à ce prix. Il ne lésine pas dessus. Il a les moyens. D’ailleurs, la plupart du temps, Jay vit dans un monde à part. C’est lui qui décide des moments où il partage la même réalité que le commun des mortels. Il a jaugé ses semblables et son verdict a été définitif. Il n’est pas fait à leur image. Il est différent. Il habite au dernier étage de la plus haute tour de l’hypercentre, bien au-dessus des nuages. Quand il se lève, il aime contempler le soleil émerger de la masse cotonneuse, une tasse de café noir à la main, la symphonie du matin caressant ses oreilles.

Jay est amoureux. C’est un amoureux inconstant et collectionneur. Comme il n’a pas de temps à consacrer aux parades amoureuses, chaque matin une femme différente s’étire dans le grand lit panoramique. Blonde, brune ou rousse, peu importe. Il regarde ailleurs quand elle se rhabille pour disparaître discrètement en refermant la porte derrière elle. Jay ne regarde jamais en arrière. Est-ce qu’une chose est désirable parce qu’elle est désirée ou est-elle désirée parce qu’elle est désirable ? Jay n’a jamais répondu à cette question.

Jay est redoutable car Jay est un tueur professionnel. Pourtant aucune police ne le recherche, aucun mandat n’a été délivré à son encontre. Il croise régulièrement le chef de la police au hasard d’une partie de cartes dans le club très fermé qu’il fréquente près de la rivière Hudson. Ils se saluent de façon très guindée comme l’étiquette l’exige en pareille circonstance. Dans sa profession, il faut être accrédité par les plus hautes instances gouvernementales et obtenir un agrément particulier de l’Organisation des Empires Unis. Un visa indispensable qui permet d’exercer cette activité en toute légalité.

Jay est plus précisément un tueur fiscal. Sa confrérie est née dans le tumulte des grands troubles sociaux du siècle précédent. Parmi les différentes spécialités, Jay a suivi la voie royale, celle réservée aux éléments les plus brillants et les mieux notés. Il a choisi la Grande Chasse. Celle qui l’amène à évoluer dans les plus hautes sphères économiques, les castes dirigeantes des puissants conglomérats industriels chinois, romains voire même aztèques. Le revers de la médaille, c’est que ses gibiers s’entourent également de mercenaires aguerris, rompus à toutes les techniques noires du combat fiscal. Ceux-ci, quelques fois débauchés à prix d’or parmi les promotions annuelles de la Guilde, n’hésitent pas à employer des méthodes expéditives.

Aujourd’hui est une belle journée. Jay a étudié longuement le profil psychologique de sa prochaine proie. Le dossier lui a été transmis par une officine du Sénat Romain. La signature du questeur est apposée sous les aigles impériales enlaçant la croix catholique. Un sceau d’inviolabilité numérique garantit que le document n’a pas été falsifié. Jay sourit. La watermarque latine est assez vaniteuse, stylisant l’hydre légendaire Le motif de la décision est par contre légitime et ne souffre aucune critique. La dissimulation de revenu imposable est un crime passible de l’oblitération quel que soit l’Empire ou le rang social du criminel. C’est une infamie, une perversion. Aucune indulgence ne pourra soustraire le fraudeur à son juste châtiment.

Une projection holographique dessine en 3D le visage de son contrat. Des traits fins et réguliers, des yeux noisette qui trahissent un léger épicanthus, un nez tout patricien et une bouche sensuelle. Une femme MIU sans aucun doute, loin de la banalité affligeante et standardisée des femmes MEU. Ce n’est pas non plus le même prix. Hors d’atteinte du salaire moyen annuel du vulgum pecum. Jay n’admet dans son lit que des profils MIU attestés. Le privilège de son statut. En d’autres circonstances, celle-là aurait pu partager sa couche. Elle s’appelle Li-Anne. Une eurasienne de toute évidence. Son profil génétique la répertorie dans l’arbre métissé d’une puissante famille vénitienne dont une branche cadette est implantée près de Canton. Li-Anne y dirige une holding spécialisée dans le textile à mémoire de forme.

Malgré les bataillons d’experts-comptables de la famille, un audit financier conduit par une brigade de questeurs romains a révélé des mouvements comptables suspects de nature à dissimuler de la matière imposable. Aucune phase contradictoire, les questeurs sont assermentés et ne peuvent se tromper. Pas de poursuites judiciaires. Quel intérêt ? Le crime est avéré, la sentence est automatique. Jay en est le bras armé. La prime est conséquente, proportionnelle aux droits non recouvrés. Jay ne dédaigne pas ce côté lucratif qui lui assure le train de vie qui est le sien.

Le ciel de la Nouvelle-Angoulême est d’un bleu étincelant. Les gratte-ciels couvrent l’île de Manhattan comme une forêt d’arbres de béton et de verre d’une prodigieuse hauteur. Dans le vaste hall, Jay salue le concierge apache. « Hugh ! » lui répond le peau-rouge, toujours aussi loquace, en secouant les longues plumes de sa coiffe.

Jay s’engouffre dans la bouche du métro toute proche. Chaque minute le rapproche de son rendez-vous. Sur le quai, il se tient à l’écart de la foule des travailleurs qui rejoignent leurs bureaux. Des visages gris, souvent enfantins, qui attendent en silence. La présence de Jay les inquiète. Personne ne se sent à l’aise en présence d’un tueur fiscal. Le code général est tellement inextricable que nul n’est certain d’être parfaitement en règle avec les taxes. Il y a deux choses qui sont irrésistibles en ce bas monde, la mort et les taxes. Aucune ne fait de remise gracieuse. C’est le piment de l’existence. La rame entre en gare. Les portes coulissent et dans le wagon où monte Jay, la scène est surprenante. Tous les voyageurs se serrent d’un coté, Jay dispose du tiers restant. C’est toujours comme ça. Qui voudrait la Mort près de lui ? Coupé du monde, Jay écoute la symphonie d’un homme sourd. L’orchestre philharmonique gronde en vagues successives, dominé néanmoins par un choeur épique. L’hymne à la joie. L’apothéose. Le quatrième mouvement. La quatrième partie. Le duel des choeurs. Le fugato... Jay éprouve une plénitude extraordinaire.


M

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Netra  Ecrire à Netra

2009-02-04 23:06:25 

 WA-exercice 53; participation hautement stupide (je vous aurais prévenu)Détails
VDM


Evidement, tout avait commencé par la chaussette. La chaussette solitaire en balade sur le dallage est l'inévitable messagère, l'indubitable signe avant coureur d'une journée pourrie.
Il faut que je vous explique : ce matin, je devais partir pour un voyage très important avec douze compagnons, dont mon roi. Je m'étais levé de très bon matin dans ma caverne et je m'étais déjà vêtu de mes braies, ma tunique, mon gambison, ma cote de maille, mon surcot et la petite laine que ma Maman m'a tricoté pour mon anniversaire lorsque je me suis aperçu que je n'avais toujours pas mis ni mes chaussettes ni mes bottes. Qu'à cela ne tienne, j'allais m'en chercher.
J'allais donc à mon coffre et y cherchais des chaussettes propres. Las ! Il n'en restait plus qu'une, que j'avais par inadvertance laissée tomber sur le dallage en choisissant mes braies.
Je songeais que j'avais dû laisser sa jumelle ailleurs. Me voilà donc parti à fouiller toute ma maison pour retrouver la chaussette manquante.
Impossible.
Je ne la vis nulle part. Tout le jour je retournais, vidais, inspectais mes meubles et mes affaires, allant jusqu'à démolir un ou deux coffres à coup de hache pour m'assurer qu'ils n'avaient pas de double fond.
Rien à faire.
Mes camarades partirent sans moi. J'allais, nu pieds, leur souhaiter bon voyage et grande réussite.
En rentrant, quand j'ouvris la porte, elle était là. Devant moi.
Et voilà pourquoi, moi, Thonïn, je ne suis pas allé avec Thorin écu de chêne.
Je suis sûr que mon nom sera omis dans les chansons.
VDM.
Netra, qui ne sait pas pourquoi il a écrit ça.

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Netra  Ecrire à Netra

2009-02-04 23:18:10 

 MouahahaDétails
Voici un commentaire bref, mais éloquent :
mouahaha je me suis bien marré.

C'est vraiment excellent. Je peux pas commenter, là, ça ira mieux à la seconde lecture.
Netra,***

Ce message a été lu 5232 fois
Elemmirë  Ecrire à Elemmirë

2009-02-05 11:22:16 

 MDRRRRRRRRRRRRDétails
J'adoooooooore ta participation!!! XD
Elle est trop chouette, le mix entre cette histoire ridicule de chaussette et le medfan classique est hilarant, vraiment bravo, j'ai pas seulement souri intérieurement, ni souri, j'ai vraiment ri devant mon ordi! Clapc clap clap, simple et efficace, ta chaussette! :)

Ce message a été lu 5397 fois
Estellanara  Ecrire à Estellanara

2009-02-05 17:00:03 

 WA 53 : Netra => commentaireDétails
Alors là, ça confine au grandiose !
Court mais efficace. J'adore la phrase "Je suis sûr que mon nom sera omis dans les chansons.". Tu aurais du conserver la mention VDM (excellent site) pour la chute finale, je trouve. Pour l'effet de surprise.
Franchement, c'est rafraîchissant, tu devrais participer plus souvent. Et puis aussi nous critiquer, tant que tu y es.

Est', mdr.

Ce message a été lu 5017 fois
Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen

2009-02-05 22:55:40 

 Commentaire Netra, exercice n°53Détails
Un texte court, bien enlevé, qui joue sur les contrastes. Le guerrier Nain, la hache à la main, avec des affects de petit garçon, est piégé dans sa quête de gloire par un détail aussi prosaïque que ridicule. C'est très bien trouvé! Le gros chagrin de n'être pas cité dans les chansons est vraiment très drôle! Et le titre, décalé au possible, super! J'en aurais bien lu un peu plus, mais la brièveté ajoute de la force, alors..
Narwa Roquen, ça fait du bien de rire un peu!

Ce message a été lu 5141 fois
Maedhros  Ecrire à Maedhros

2009-02-06 23:36:03 

 WA - Participation exercice n°53 (fin)Détails
Je sais, ma nature profonde de Noldor a repris le dessus. Je ne pense pas que vous me croirez si je vous dis que ce texte est comique. Et pourtant, il l'est... à un autre degré!

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LA MORT ET LES TAXES (suite)

Elle referme doucement la porte du conseiller économique en souriant. Un air d’adolescente espiègle passe rapidement sur son visage : elle a eu gain de cause. Pour cela, elle a utilisé toutes les stratégies de négociation apprises dans les plus obscures fumeries d’opium d’Extrême-Orient. Là, au milieu des nuages psychotropes, les yeux mi-clos et la pipe en os de buffle au coin des lèvres, elle a signé de juteux contrats avec les émissaires infréquentables de la terrible Sun Yee On ou avec les tordus de la Bande des Quatre Mers. Elle a fait ainsi ses premières armes pour la Gondole Bleue, la maison mère vénitienne. Elle a été une bonne élève. La perfection de ses adorables traits a conquis les coeurs et ouvert les carnets de chèques des consortiums chinois pourtant réputés pour leur intransigeance. Les traitements MIU furent un viatique inestimable. Les docteurs généticiens de la Sérénissime se sont surpassés. Elle tient de l’ange et du démon. Un ange à la blondeur vénitienne et un démon dans ses yeux allongés. Ange et démon unis pour consacrer sa beauté et infliger les pires tourments à ses amants de passage. Car la belle est volage. Péché véniel. Elle est autrement douée pour concevoir des montages juridico-financiers qui défient l’imagination débridée des théoriciens économiques les plus brillants. Elle est capable de mettre en place des circuits d’évasion fiscale qui peuvent berner les meilleurs limiers du Sénat Romain. Mais elle ignore qu’il existe une compagnie occulte qui réunit quelques poignées de spécialistes fiscaux, sélectionnés dès la naissance, encore plus féroces, encore plus intelligents, encore plus vindicatifs, qui ont placé leur mission bien au-dessus d’un sacerdoce. Elle n’a jamais entendu parlé de la Sainte Inquisition Fiscale dont les pouvoirs sont quasi-illimités. Nul n’en a jamais entendu parlé d’ailleurs. Le recours à la SIF intervient lorsqu’il existe non pas une présomption – cela serait déjà suffisant pour envoyer un tueur – mais une absence trop évidente de présomption. Li-Anne est condamnée. Elle l’ignore mais c’est un fait. Tout à l’heure, la course de Jay va croiser à la sienne.

Elle appelle l’ascenseur. Les bureaux de l’attaché économique sont situés au 75ème étage du siège de l’O.E.U. Li-Anne repart avec l’accord commercial qu’elle réclamait. Les protectorats aztèques de la péninsule vietnamienne devront lui ouvrir leurs frontières et abaisser leurs droits de douane actuellement exorbitants. Pendant que la nacelle file vertigineusement vers le sol, elle imagine l’attaché toujours vautré sur le canapé, en train de réajuster son uniforme avec la honte au front. Après, elle lui a narquoisement lancé un minuscule mouchoir jetable avant de lui tendre son stylo en or et platine - un cadeau d’un potentat gaulois à la moustache tombante - avec lequel elle signe tous les documents importants à ses yeux. Le démon a dansé furieusement pendant qu’elle corrompait cette nouvelle âme. L’ange a soupiré mais a fermé les yeux. Il a l’habitude. Li-Anne est une vraie machine à broyer ce qui se dresse entre elle et son but, pour le plus grand bénéfice de la Gondole Bleue et de la Sérénissime.

En sortant du prestigieux bâtiment, elle traverse l’immense esplanade bordée par les gigantesques statues des dignitaires qui se sont succédés à la tête des empires. Elle a un faible pour Ponce-Pilate qui a dirigé le Sénat Romain plusieurs siècles auparavant en ayant su s’entourer des meilleurs conseillers, notamment un certain Jésus de Nazareth, qu’il avait ramené de son séjour en Palestine, pour le soustraire à une vindicte populaire. Elle se hâte pour rejoindre l’avenue des Temples, la plus longue avenue de la Nouvelle-Angoulême où s’alignent plusieurs centaines de temples consacrés à toutes les divinités des panthéons impériaux. Elle veut offrir un sacrifice à Hermès, le Dieu du Commerce et des Voleurs qui a favorisé ses démarches. Elle note mentalement d’acheter quelques langues d’animaux et une petite amphore de lait auquel elle ajoutera du miel. Le Dieu appréciera. N’a-t-elle pas été toujours une bonne zélatrice ? A-t-elle jamais manqué de le remercier pour tous ses bienfaits?

Elle parvient de l’autre coté de la place qui débouche sur les grandes artères de la mégalopole. Un flot ininterrompu de véhicules s’engouffre au pas sur Tempus Fugit, le boulevard central noyé dans la lumière violente de néons tapageurs rivalisant avec le soleil qui gravit péniblement le ciel. Un immense chronographe à diodes lumineuses égrène le temps qui passe. Juste au-dessous, les valeurs boursières défilent en clignotant. Quelques légionnaires en goguette sifflent les jolies amérindiennes qui pouffent sans se retourner. Li-Anne leur adresse un salut poli. La 102ème légion, stationnée ici, figure parmi l’élite des armées romaines. Elle connaît intimement un centurion particulièrement adroit et beau garçon. Grand, brun et ombrageux Avec des yeux du même bleu intense que le ciel au-dessus de Rome. Le type d’homme qui lui convient.

Juste derrière Tempus Fugit, se trouve la petite Rome, le quartier romain de la Nouvelle-Angoulême. C’est là-bas que se trouve la boutique dans laquelle elle trouvera les ingrédients du sacrifice. La boutique importe tous ses produits de l’Empire Romain. Les prix sont chers mais l’argent n’est pas son problème. Encore quelques dizaines de pas.

Elle remarque à peine la bouche de métro qui déverse de gros contingents de fonctionnaires impériaux et d’employés de bureau. Elle se fraie un chemin à travers la foule qu’elle remonte à contre-courant. Elle va vers le nord alors que le quartier des affaires est au sud, dans son dos. Sa somptueuse plastique, sa haute stature et son maintien de princesse vénitienne forcent le respect des classes laborieuses qui s’écartent précautionneusement. Elle appartient à la race des seigneurs. Pourtant, brusquement, il y a comme une ombre qui passe devant le soleil, une bouffée de glace qui pince son coeur, une griffe qui transperce son âme. Une prémonition. Une sensation de panique à peine esquissée qui s’évapore déjà. Puis tout redevient lisse et brillant, vivant et merveilleux. Il ne reste qu’une gêne à peine perceptible. Li-Anne regarde autour d’elle. Aucun détail n’arrête son regard. Rien n’alerte sa vigilance. Elle hésite à rameuter ses gardes personnels. Elle sait qu’ils ne sont pas loin. Invisibles.

Elle sent une main sur son bras et c’est déjà trop tard. Une lame s’enfonce profondément sous son aisselle. La douleur explose, la pliant en deux. Quelque chose la soutient pour qu’elle ne tombe pas. Une présence masculine qui la retient fermement. La lame fouille plus loin encore. Chairs traumatisées. Blessures mortelles. Une voix grave et modulée lui parvient de très loin, mais les mots sont parfaitement compréhensibles :

« Selon les dispositions du code général des impôts, vous avez été convaincue de dissimulation de matière imposable. Le tribunal de la Sainte Inquistion a rendu sa sentence. Je réclame aujourd’hui le paiement de la créance que l’Empire Romain détient sur vous. Principal, majoration et intérêts de retard. Je n’accepte qu’un mode de règlement : votre vie sans résurrection possible. Amen. »

Jay a accompli sa tâche. Il laisse le corps sans vie de Li-Anne s’affaisser sur le trottoir. Il escamote la longue lame avec laquelle il a recouvré la créance impériale. Il grimace légèrement. Un des gardes de la fraudeuse était costaud. Un expert. Un ninja. Un shaken acéré a percé sa défense et a lacéré son épaule gauche. Une cicatrice de plus.

Jay soupire en s’éloignant de la créature de toute beauté qui gît sur le béton. Il place ses intra-auriculaires et appuie sur la touche « marche » de son baladeur. Les premières notes d’un piano solitaire le transportent ailleurs, là où n’existe que la musique. Et c’est tant mieux....

M

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non

2009-02-07 16:38:06 

 hilgrimDétails
moi non plus
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Netra  Ecrire à Netra

2009-02-08 10:51:43 

 ...Détails
Hilgrim, t'es démasqué (c'est un ami à moi)
Netra, nyu

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Maedhros  Ecrire à Maedhros

2009-02-08 13:19:16 

 and then they were twelve...Détails
Text' express... à l'humour bon enfant.

A titre perso, je regrette que nous ne saurons jamais ce qu'aurait été le voyage de Bilbon avec ce drôle là! Mais treize nains, ça faisait beaucoup!



M

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Maedhros  Ecrire à Maedhros

2009-02-08 13:45:23 

 Un fil à la patte.Détails
Un histoire menée tambour battant, sans temps mort dont la trajectoire est rectiligne et efficace. Une histoire à la « aristochats » autour d’un poulet mort-vivant, la trouvaille est excellente, et agrémentée de clins d’oeil réjouissants. Les caractères des 3 minous filous sont croqués avec une bonne humeur contagieuse et le prétexte ensorcelé, vrai ou sublimé, est une petite pièce d’orfèvrerie.

En fait, j’ai pensé à un vaudeville trépidant où ce sont les chats qui tiennent le haut de l’affiche. Les dialogues sont forcément savoureux tant tu excelles dans ce domaine. En surface donc, une petite comédie digne d’un cartoon américain mais en s’approchant un peu plus près, il y a juste en dessous, une autre dimension, peut-être moins souriante, une histoire plus concrète sur la difficulté d’être de grandes personnes humaines.

Ah, si nous pouvions tous être des chats !!!


M

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Netra  Ecrire à Netra

2009-02-08 18:30:04 

 S'il est pas fichu de garder ses chaussettesDétails
...ça aurait sans doute été encore plus catastrophique !!!
Netra, nyu

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Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen

2009-02-08 22:41:24 

 Commentaire Maedhros, exercice n°53Détails
Comique... Il s'agit sans doute d'une private joke... Eu égard à la gravité du sujet le ton est plutôt badin; l'univers que tu décris est une sorte de monde parallèle plus ou moins uchronique - si l'Empire Romain avait perduré, pourquoi pas? Sa description caricaturale n'est pas dénuée d'humour, un humour à la Maedhros, paradoxal et cynique. La journée pourrie... Je n'ai pas trouvé pour qui. La victime s'était plutôt bien débrouillée, avant ce petit détail contrariant... Et le tueur vit sa routine assassine avec une insouciance absolue...
Ces points de détail ( qui, au fait, constituaient la consigne) mis à part, ton texte est plaisant, original, bien construit. Les personnages sont bien campés; l'intrigue est cohérente, et le détachement extrême du héros face à ses actes induit un délicat sentiment d'horreur qui accroche bien le lecteur. Dans le contexte volontairement extrémiste que tu décris, c'est parfaitement logique. Le choix de l'Empire Romain est tout à fait judicieux. On imagine sans peine ce que cette grande machine à broyer le monde aurait pu devenir si elle n'avait pas implosé.
Ton titre est justifié. Mais je me dis que, en poussant le bouchon, la langue officielle de ton univers aurait pu être le latin, et que dans ce cas, un titre en latin aurait amené une note exotique (comme tu sais si bien le faire...)
Quelques détails:
- les tous meilleurs: tout, invariable en tant qu'adverbe
- infâmie, avec un ^
- la course de Jay va croiser la sienne : un "à " égaré...
- l'autre côté de la place qui débouche: ^: cadeau!

L'oeuf et la poule du désir... intéressant...
J'ai adoré l'intrusion des aztèques! Et tous ces détails d'une précision parfaite qui campent si bien le décor: le sceau du Sénat, la Nouvelle-Angoulême, la scène de l'ascenseur, la présence de Venise, bien sûr, cité des Commerces plus ou moins honnêtes et des intrigues en tous genres, et la SIF, très, très belle idée!

Ma consigne et moi te pardonnons... pour le bon moment que ton indéniable talent nous a offert encore une fois!
Narwa Roquen,qui s'est encore faite embobiner...

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Onirian  Ecrire à Onirian

2009-02-13 16:14:17 

 WA-Commentaire 53 - Narwa RoquenDétails
Ca se lit tout seul, le rythme est là, et on ne peut pas s'empecher de compatir pour la pauvre humaine qui à vraiment passé une journée pourrie, notamment à cause de son chat qui tente de la sauver.
Je trouve interessant le double regard, celui d'humain que l'on a en tant que lecteur (oué, je suis pas un chat) et celui plus décalé mais cohérent à sa manière, du chat.
Un petit texte sans prétention, mais qui vise (chat)crément juste ;-)

--
Onirian, qui va se méfier des poulets.

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Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen

2009-02-13 16:41:40 

 Trouble du comportementDétails
Je ne sais pas pourquoi, depuis quelque temps, j'éclate de rire quand j'enfile ma deuxième chaussette, le matin. Ca ne fait pas ça pour la première. Le professeur Tournemaboul, psychosociocomportosophroénergobioastroanalyste, à qui j'en ai parlé, suppose que c'est une résurgence archaïque d'un ça primitif refoulé par une énergie surmoïque oedipienne, en opposition avec le carré de Pluton à Saturne, et me conseille de mettre des bas, des porte-jarretelles et des talons-aiguille. Mais pour monter à cheval, docteur...
Narwa Roquen, rigolopathe

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Netra  Ecrire à Netra

2009-02-14 00:07:44 

 Je crois... Détails
... que c'est l'un des plus beaux compliments que l'on m'ait jamais fait !!!

D'autant que je pensais me faire chambrer parce que je le trouvais pas assez drôle et pas assez long, ce texte... J'ai failli même pas le poster !
Finalement, j'ai bien fait ^^
Netra, à qui certaines choses échappent.

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Elemmirë  Ecrire à Elemmirë

2009-02-15 01:42:37 

 Parfois, les plus courtes...Détails
... sont les meilleures ^^
Et puis c'est pas toujours les productions les plus travaillées qui sont les mieux, comme mon "elfe" gribouillée en 5 minutes, et cette participation génialement drôle que tu nous offres là.

La prochaine fois que tu hésites à poster, dans le doute, poste quand-même... ;)

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Elemmirë  Ecrire à Elemmirë

2009-02-18 22:51:51 

 Commentaire Narwa n°53Détails
En effet, c'est bien une journée pourrie. D'autant plus que l'ennemi est au plus proche: l'amoureux, sensé rendre heureuse, et le chat, sensé être tout mignon tout doux. Mais saleté de chat, qu'est-ce que c'est fourbe!!
Au cas où on ne l'aurait pas cru, il s'est chargé de me rappeler la nuit dernière que, oui oui, il est bien fourbe et cruel, nous sommes bien ses humains, il tolère notre présence chez lui, mais quand-même, y a pas d'heure pour en faire un, du câlin de félin ^^

Très chouette texte, donc! Bravo, comme toujours :)

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Elemmirë  Ecrire à Elemmirë

2009-02-21 15:31:24 

 Illustration :)Détails


PS: Pour ceux qui ne connaîtraient pas ce site culte, ce "lolcat" fait maison est inspiré de ceux-là, qui peuvent occuper des centaines d'heures de rire au bureau ;)

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Estellanara  Ecrire à Estellanara

2009-08-24 17:21:23 

 Exercice 53 : Maedhros => CommentaireDétails
Le titre est excellent ! J’aime bien ton héros, dont la bizarrerie et la maniaquerie sont bien décrits. L’idée du fisc devenu aussi important est originale, avec quelques éléments bien trouvés, comme l’accréditation d’état pour être tueur professionnel, ou la Sainte Inquisition Fiscale. Le style est sobre et impeccable, comme souvent chez toi. Un peu de jargon suggère le côté SF du texte.
On devine l’uchronie dans la liste des nationalités des conglomérats industriels, puis tu donnes quelques indications sur l’empire romain. Ca dessine un arrière-plan plutôt bienvenu à ton histoire. La citation « La dissimulation de revenu imposable est un crime passible de l’oblitération » est drôle par son outrance, tout comme la satire du monde financier.
La description de Li-Anne est élégante. J’ai appris un mot avec epicanthus. Le concierge apache est curieusement décalé.
J’ai quelques petites questions : j’ai trouvé étrange que tout le monde puisse identifier Jay comme un tueur fiscal. A-t-il un uniforme ? Dans ce cas, cela doit nuire à sa discrétion quand il approche sa victime. Pourquoi « sans résurrection possible » ? Je n’ai pas bien vu le rapport avec le thème de l’exercice. Ce texte est bien agréable à lire.

Est', punaise, 11 WA de retard à lire !!

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Estellanara  Ecrire à Estellanara

2009-08-24 17:24:06 

 Exercice 53 : Narwa => CommentaireDétails
L’idée du point de vue du chat est intéressante et certaines choses sont particulièrement bien vues. Par exemple, ce renversement qui fait de la chatte en quelque sorte la propriétaire de la maison et de l’humaine son animal familier sensé obéir. De même, la première scène est très réaliste et m’a rappelé les moments où je dormais avec mon chat.
Par contre, j’ai été rapidement agacée par le côté systématique des bêtises de la chatte et la passivité excessive de sa maîtresse qui ne la punit jamais et proteste à peine. L’animal m’est vite devenu odieux, ce qui est un peu dommage. Ses stratégies successives pour réveiller sa maîtresse en donnent une vision bien anthropomorphique, je trouve. J’ai trouvé peu vraisemblable que quelqu'un qui possède un chat laisse un poulet sur la table... Je n’ai pas compris si le truc du poulet ensorcelé était imaginaire ou pas. La porte du four n’est pas brûlante quand les chats l’ouvrent ? Bref, l’idée est amusante et colle bien avec le thème mais des petits trucs me gênent.

Est', hop hop hop.

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