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De : Maedhros  Ecrire à Maedhros
Date : Dimanche 22 octobre 2006 à 13:41:54
Voici une histoire qui respecte un peu les règles. Ce n'est que le texte A. J'ai voulu conserver une dimension sci-fi...et en outre (...tombe), elle est presque de circonstances.

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Je t’avais dit que je reviendrais.

Aucune barrière n’a pu me retenir. Je te l’avais promis t’en souviens-tu ? Au nom de tous ceux que tu as laissés derrière toi, j’en avais fait le serment. Maintenant tu es là, devant moi et tous les anges du ciel et tous les démons de l’enfer ne pourront m’empêcher de te dire ce que tu n’as jamais voulu entendre. Ce n’est pas seulement la rage qui m’a poussé à m’enfuir de ma geôle temporelle. Tu es là enfin, auréolé de ta gloire de héros universel. Tu t’es bien foutu de leur gueule, hein ? Je te vois d’ici, debout devant le Cénacle Impérial, jouissant des honneurs face à la parade militaire célébrant Ta victoire ! Et moi, où étais-je ? Tu t’es débarrassé du seul témoin de ton mensonge. Oui, à cause de toi, j’ai goûté aux délices des passages à tabac dans les blocs spéciaux de Virge IV. Tu avais dû payé grassement le commandant pour qu’il ferme lui aussi les yeux. Tu crois que je n’ai pas reconnu les marques des gorilles. Moi aussi, je faisais partie des commandos Orion, les meilleurs d’entre les meilleurs ! J’étais ton fidèle lieutenant, tu te souviens ?

J’ai compté les jours, les semaines et les années ! Oui, comme le mythique Dantès au fond de la cellule. J’ai contemplé les étoiles, elles étaient si loin. J’ai cru devenir fou...de rage et de douleur. Tu nous avais abandonnés. Qu’as-tu ressenti quand tu as donné l’ordre de nettoyage ? J’étais là, juste en dessous, avec les gars de l’unité. Ils n’ont pas compris, jusqu’au dernier moment. Tu disais qu’il s’agissait d’une simple opération de routine. Exfiltration de terroristes...une mission banale pour des commandos Orion. Juste un « touch and go » une histoire de quelques minutes tout au plus. D’ailleurs, nous n’avions pas de réseau au sol. Une poignée de terroristes cachés au sein d’une petite communauté rurale perdue dans la banlieue des amas stellaires.

Tu m’as bien planté. Je me suis vite rendu compte que tout était bidon. Pas la moindre trace de terroriste à des milliers de kilomètres à la ronde. Nada. Juste quelques centaines d’honnêtes et laborieux paysans cultivant les centaines de megtares allouées par le gouvernement local. J’ai communiqué l’ordre d’évacuation et les coordonnées d’atterrissage pour le module de récupération. Keem était là, à côté de moi, rigolant comme un bossu.

Que dis-tu pour ta défense ? Tu as toujours réponse à tout. Tu as embobiné l’état-major et ses commissions d’enquête. Qu’est-ce que tu leur as dit au fait ? Une communauté rayée de la carte, même au sein de l’Impérium, cela fait désordre. Six cents morts ! Cela attire inévitablement des vérifications, des gars des renseignements, des politicards de tous poils, des Sénateurs avides de profiter de la moindre parcelle de publicité. Surtout dans le contexte des guerres périphériques ! Oh, le joli succès du colonel Embarius... appelé pour une opération de seconde zone et tombant sur un nid d’ennemis infiltrés ! Il perd tous ses hommes et manque lui aussi d’y passer : brûlures de troisième degré sur 60% du corps mais il nettoie la zone et cautérise la cellule cancéreuse comme un grand ! Bon sang, avais-tu oublié que moi aussi j’avais accès aux ressources d’Emilie ? Elle m’a susurré à l’oreille que tout allait être carbonisé dans les quinze secondes ! A peine le temps de subvocaliser la combinaison de téléportation d’urgence.

Qu’as-tu ressenti, hein, quand la croûte terrestre a commencé à bouillir dans un rayon de huit cents kilomètres. Ces quinze secondes ont duré pour moi une éternité. J’ai vu les gars ahuris essayer vainement de se planquer au plus profond du collecteur enterré. C’était peine perdue, ils le savaient. Mais, la vision d’horreur, celle qui hante mes jours et mes nuits, celle qui m’a fait tenir aussi toutes ces années, qui a marqué au fer rouge ma volonté, c’est le regard de ces enfants qui jouaient dans la cour d’une école. En une fraction de seconde, ils avaient compris...tout espoir était vain...quand les roses de douleur, rouges et noires, ont déployé leurs pétales au fond de leurs yeux innocents. Leurs bouches se sont ouvertes mais aucun cri ne s’est fait entendre dans le grondement de la fournaise que tu as déclenchée.

Tu avais bricolé le berceau de téléportation du vaisseau. Impuissant, j’ai assisté au déroulement de ton plan infernal. Tu as trafiqué les données et les rapports, les transformant en une fiction crédible de base arrière terroriste. Quant à moi, tu m’as drogué et puis tu m’as débarqué sur Virge IV. Longtemps, je me suis demandé pourquoi tu n’avais épargné : il te fallait quelqu’un qui sache mais qui ne puisse intervenir. Je sais maintenant que tu es venu plusieurs fois me voir croupir au fond de ma cellule !

Je t’avais promis que je reviendrais. Pour te dire tout ça. Pour te cracher au visage toute ma colère. Tel que tu me vois, je suis l’ombre du guerrier que je fus. Ils m’ont brisé, recomposé plusieurs fois dans les cercueils de thérapie génique. Ils ont sondé chaque molécule de mon être mais ils n’ont pas réussi à éliminer ce que j’avais enfoui bien plus loin. Je me suis enfui et ma fuite fut longue. J’ai égaré mes traqueurs et leurs chiens. J’en ai aussi tué, je crois, pour venir jusqu’à toi. Aujourd’hui, je suis là, pour te faire payer au centuple le prix de ton mensonge et de ta barbarie. Oui, j’étais prêt à le faire, avec une jouissance sans limite, et j’aurais fait duré le plaisir...cinquante ans...cela fait cinquante ans...

Mais tu es là, à mes pieds, sous cette dalle de marbre, et tu me nargues encore. La mort a été plus rapide que ma vengeance. Il paraît que tu as souffert malgré les drogues et les prêtres. J’espère que tu brûles en enfer.


M


  
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