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De : Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen
Date : Lundi 14 juillet 2014 à 22:51:14
Moondial





Je suis le meilleur Chat de Sieste de tout le Multivers. Si ! J’ai déjà gagné trois fois le Moondial. Record inégalé dans ma génération. Mon arrière-grand-père, Mallow, l’avait gagné trois fois. Mon grand-père, Lumô, quatre fois ! C’était le meilleur de tous les temps. Mon père... je ne sais pas si je dois... Mon père Pytho ne l’a gagné qu’une fois. C’est un peu la honte de la famille...
La compétition est en cours. Elle se déroule sur les trois peines lunes de printemps, tous les deux ans. Il reste deux journées. Je suis confiant. Je respecte mes adversaires, mais j’ai beaucoup travaillé avec Coach Toyan, et je sais que j’ai ma chance. Je prends les journées les unes après les autres, je ne me vois pas plus beau que mes concurrents, car à chaque nouvelle compétition il faut repartir de zéro, et sur une journée tout est possible.
Mon ambition secrète est de battre le record de mon grand-père. J’ai gagné la première fois à trois ans, l’âge minimum requis pour participer – on ne va pas s’embarrasser de chatons ! Si je remporte le Moondial cette année, il me faudra encore gagner à 11 ans... Je ne voudrais pas faire la saison de trop, je préfère me retirer en pleine gloire pour ne pas décevoir mes admirateurs. Mais je suis un compétiteur, j’ai toujours faim de nouvelles victoires !



Restons dans le présent. Si je devais ne pas l’emporter cette année, toutes ces spéculations seraient vaines. J’ai quelques adversaires redoutables. Tellenn, une birmane de six ans, splendide, lascive, intelligente... Et Landje, une siamoise de dix ans, expérimentée, imprévisible... Je l’ai battue sur le fil, la dernière fois !
Les règles ne tiennent pas compte de l’âge du candidat – sauf si vous êtes aux deux extrêmes, là le jury est plus impressionné. Le jury ? Le Comité des Anciens, dont sont exclus les parents des candidats, donc, vous voyez, ma glorieuse ascendance ne m’avantage en rien. Pendant les trois journées, ils sont en Contact avec nous. Aucun de nos mouvements ne leur échappe, et quoiqu’ils le démentent, je suis persuadé qu’aucune de nos pensées ne leur reste inconnue. Ce sont des Esprits, après tout ; et notre participation implique notre consentement...
La note totale est la somme de cinq notes qui estiment : l’improbabilité de la Cible, les Techniques, le degré de lâcher-prise de la cible, la satisfaction de la Cible. Les derniers dix points récompensent la qualité artistique de la prestation. Le record de notation a été atteint par un obscur individu nommé Rivari, dont ce fut la seule participation à l’épreuve. 49 !!! Il faut reconnaître que lors de la troisième journée, il réalisa un coup de génie. 23 humains refusèrent de descendre d’un bus pour rester plus longtemps avec lui. Et ce n’étaient pas des touristes ! A ce qu’on m’a dit, ils étaient tous très riches et ils étaient très attendus pour conclure une affaire importante qui concernait un ballon. Je n’étais qu’un chaton à l’époque, je n’ai retenu que les commentaires dithyrambiques que j’entendais autour de moi. 49 !! Nous rêvons tous d’en faire autant, tout en essayant de nous persuader que ce jour-là, le jury avait été acheté...
Je vous l’accorde, cette pensée n’est pas rationnelle. Comment peut-on acheter des Esprits ? Mais dans cette compétition, rien n’est rationnel. On nous demande, pendant trois jours, d’aller séduire des humains inconnus pour les persuader de faire une sieste avec nous. C’est rationnel, ça ? Mais c’est ce qui fait le charme exquis de cette compétition, unique dans tout le Multivers, et fondement de la Fierté Fondamentale des chats. Honnêtement, pourriez-vous envisager un instant qu’une autre espèce vivante ne tente jamais ce délicat challenge ?



Pour ma part je reste persuadé que si on peut perdre sur un lâcher-prise insuffisant, on gagne sur l’improbabilité. Inutile d’espérer des points en sautant sur les genoux de votre mamie nourricière. Elle somnole toute la journée, elle est d’emblée consentante, et après tout, elle profite de votre grâce tout les reste des deux années. Non, ce qui est vraiment excitant (et rentable en cas de succès), c’est le trader stressé, le médecin débordé ou la mère de six enfants, tous ces humains qui ne s’accordent jamais un instant de répit, persuadés que l’importance de leur mission les rend surhumains. En fait, c’est dans la préparation que tout se joue. Dans ces quelques heures de repérage qui nous sont allouées. Une cible trop facile, et vous perdez votre temps. Trop inaccessible, et ce sont les point qui s’envolent.
Au premier regard, vous devez estimer l’état de fatigue de l‘individu. Bien entendu, cela nous amène à exclure d’emblée les paresseux, les fonctionnaires, les croqueurs de pilules et autres renifleurs de poudre, ainsi que les coureurs de marathon – sauf en fin d’épreuve, mais là ils deviennent trop faciles, donc sans intérêt. Comment procéder ? De légers tremblements, des yeux qui clignent trop souvent (attention aux porteurs de lunettes, ça n’a plus de valeur), une certaine distraction à la tâche, un pas un peu traînant, la main qui se porte au front ou au ventre, une petite lenteur de réaction... Eureka, la Cible est repérée. Finalement, ça n’a pas été trop difficile. Gagnons encore un peu de temps en découvrant le lieu idéal d’intervention, en même temps qu’on commence l’approche, pose élégante, oeil de velours, le félin dans toute sa splendeur, indomptable et sacré. Hé ! Il est distrait, l’individu, d’accord, mais au point de ne pas me remarquer ! J’enchaîne sur l’étape suivante : attirer la Cible dans un endroit discret, de préférence dans une pièce peu éclairée et pourvue d’un canapé moelleux ou au moins d’un large fauteuil ; tout est bon pour ça : le ronronnement envoûtant, le frottement aux jambes suivi d’une dérobade (attrape-moi si tu peux) ou le miaulement de détresse, toutes ces manoeuvres n’ayant qu’un seul but : être suivi par notre proie jusqu’au lieu choisi. Là, il faut faire preuve de tact et de discernement : un seul faux mouvement et l’humain se rappelle qu’il a encore des tâches et des obligations, et chatastrophe ! une heure de perdue. Montrer une curiosité attentive, accepter les caresses, se lover sur le canapé – quitte à montrer son ventre, la manoeuvre est basse mais souvent efficace. Nez à nez, tête contre le menton, ronronnement maximal comme si votre désir était à son comble, amener l’humain à s’asseoir, c’est le plus gros du travail, le moment où chaque manoeuvre doit être calibrée avec exactitude. Ou sinon, gare à la fuite ! Prendre son temps, poser la patte sur une joue, ou tenter un regard droit dans les yeux – à éviter absolument avec un timide, mais c’est une bonne technique avec un décideur : tu es puissant, moi aussi, nous nous sommes reconnus. Que l’humain murmure quelques mots ou découvre un peu ses dents (c’est un signe d’apaisement chez eux, qu’ils appellent un sourire), et la partie est presque gagnée. Reste à conclure. Se coucher sur les genoux, ou sur la poitrine, au milieu (pas sur le ventre, surtout si vous êtes un gros chat...). Très important : le clignement des yeux, répété à l’envie, qui génère un sentiment de détente, et pour peu que l’humain ait un peu d’empathie, un clignement en retour, prélude à la fermeture des yeux et au sommeil. Une patte peut se tendre, griffes à peines sorties (droites, bien sûr, pas courbes), à condition que le vêtement de l’humain soit assez épais, car cela doit rester un geste langoureux et ne provoquer aucun désagrément. Voilà : maintenant il faut garder la position et attendre, rythmer le ronronnement pour qu’il s’accorde à la respiration, qui deviendra de plus en plus lente et de plus en plus ample. Y a-t-il une limite de temps, me demanderez-vous, et je vous répondrai qu’à partir du moment où l’humain a lâché prise, oubliant son quotidien pour faire de ce moment privilégié avec vous sa priorité absolue, les points sont obtenus.
Ensuite, c’est votre emploi du temps qui conditionnera la durée de la pause... ou la course effrénée vers une autre Cible !


Non, vraiment, la compétition ne vous tente pas ? Vous êtes jeune, vous avez de beaux yeux... Certes, il faut s’entraîner en permanence pour garder le haut niveau, mais quand la victoire vous sourit, vous êtes récompensé de tous vos sacrifices ! Quoi, la récompense ? Quand on gagne ? Mais la Gloire, bien sûr ! La Gloire ! Les autres chats qui s’écartent sur votre passage, avec respect, avec admiration... Les chatons qui se précipitent pour vous demander des conseils, poussés par leurs mères qui se lèchent furieusement d’un air gêné en espérant que vous remarquiez la courbe de leur rein et la finesse de leurs pattes... La Gloire ! Oui, je sais, elle est éphémère, vous n’avez le titre que pour deux ans... Mais si vous gagnez, encore et encore, si vous passez à la postérité... Alors vous devenez un Chat de Légende, celui dont on raconte les exploits le soir à la veillée, celui qu’on cite en exemple, celui qui illumine les rêves de générations entières... Cela ne vous tente pas ? Mais quelle espèce de chat êtes-vous donc? Oui, je le vois bien, une anarchiste, une marginale, une iconoclaste...
Dommage, vous aviez de beaux yeux...
Narwa Roquen, chat roule...


  
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Réponses à ce message :
3 Damned! - Elemmirë (Ven 2 jan 2015 à 22:15)
3 Year of the cat... - Maedhros (Sam 19 jul 2014 à 18:37)
3 WA-Commentaire - Narwa Roquen - Onirian (Jeu 17 jul 2014 à 09:07)


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