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De : Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen
Date : Dimanche 16 mars 2014 à 23:11:36
Le genre idéal




Bonjour de Xiotl à André,
Viens à mal de dédormir. Presque arrivé ! Te reconnais de me recevoir sur Terra, suis vraiment enlevé ! Inventer un monde aussi lointain de Kxax, c’est aventure ! Sur la planète, âge de sept cycles et demi ; nos cycles plus longs, mais perdu le module de conversion, peut-être tu l’as ? Quand viendrai à neuf, passerai enfin l’AA. Après ça, adulte ! Tu peux dire certes mots, boire certes choses, aller aux Centres de Plaisir, travailler et vaincre des xans (cela est monnaie) et puis tu peux te déterminer si tu veux. Chez nous jeunes sont unimorphes. Lu que chez vous mâles et femelles depuis la naissance, et pas de choix. Nous quand adultes, détermination variable, mâle ou femelle, mâle puis femelle, libre. Mais pas trop longtemps. Travailler seulement unimorphe. Les personnages vivent seuls, ou deux ou trois ou plus. Quand ils décident, adopter jeune, mais un, deux rare. Les jeunes fabriqués selon besoins, place réservationnée. Tous ont travail. Quand AA, conducteur de navette. Circuit Altaïr, CottmanIV, Terra, Venus... Toi fais quoi après AA ?
Doc Terra dit que vous fabriquez jeunes avec mâle et femelle. Comment ce probable ? Un seul à la fois ?
Nos technologies différentes ! Pourtant accords de coop regrimpent à siècles, mais sur doc « passé de Terra » ils disent que long le temps pour vous du secret.
Pas encore très agréable avec langue terrienne, mais stagnation va aider pour améliore. Important pour travailler, esclavager plus langues !
Si juste compris, tu es mâle. Tu me diras c’est comment ? Lu que mâle était guerrier et femelle prudente, pleure souvent. Tu fais guerre ? Nous jamais. Milice ne permet pas. Toute faute est désintégration. Mais règles apprises par tous jeunes, désordre entraîne pauvreté de planète. Chaque doit garde sa place pour que chaque mange.
Très envie d’arriver !
Bonjour de Xiotl




Bonjour de Xiotl,
Merci de ta réponse par ansible. Alors tu vis avec femelles, mère et soeur. Mots étranges ! Nous avons un référent pour un jeune, celui qui a adopté. Parfois deux jeunes, si plus de sept cycles d’écart, mais rare. Seulement pour personnages importants, dirigeants du Supérieur Conseil, ou Grands Miliciens.
Est-ce qu’il y a non-humains chez toi ? Animals vous dites ? Venus d’autre planète ? Vous les mangez ? Notre alimentation synthétique. Mais procédure pour lentement manger comme vous. Changements!
Un cycle de Terra pour découvrir. Merci pour accueil. Très important pour AA, voyage loin.
Bonjour de Xiotl



« Bienvenue sur Terra, mon garçon... Euh, Xiotl, c’est ça ? Tu parles un peu le terrien, n’est-ce pas ? Je suis Jean-Paul, le père d’André, voici André, sa mère Thérèse et sa petite soeur Valentine. Dis bonjour, Valentine.
- Bonjour Skiotte... Dis Papa pourquoi le monsieur il est gros ?
- Chérie ce n’est pas un monsieur, c’est un jeune... Ce n’est pas pareil sur sa planète. Il n’y a pas de garçons ou de filles. Et puis il n’est pas gros, il a une combinaison très épaisse et très large, il fait froid chez lui ! Tu dois avoir chaud ici ! Tu veux te déshabiller un peu ? »
Il semble gêné, Xiotl, en répondant :
« Hhou... Non pas... », alors qu’il transpire à grosses gouttes.
Un fracas dans la pièce voisine, la mère va ouvrir une porte. Un obus poilu traverse le salon et se jette sur l’étranger qui, renversé sur le canapé, ne parvient pas à se protéger du léchage intensif qui lui inonde le visage.
« Picasso, arrête ! Laisse-le tranquille. André, aide ton ami à se relever ! »
Mais Xiotl s’est déjà blotti dans un coin du sofa, les yeux exorbités.
« Non-humain ?
- Oui, c’est un chien ». André, un peu vexé que son père ait monopolisé la parole, a décidé de reprendre son rôle d’hôte. « Un animal. Il s’appelle Picasso, comme le peintre. Et on ne le mange pas. Lui non plus ne nous mange pas ! Il est un peu brutal, mais là il t’a seulement dit bonjour...
- Bonjour de Xiotl », sourit Xiotl au chien, retenu au collier par la petite main de Valentine. Assis, il est presque aussi grand qu’elle.
« Peintre ?
- Oui, tu sais, ces artistes qui dessinent... et mettent de la peinture, de la couleur, quoi. »
Devant l’air ahuri de Xiotl, il complète :
« Là, sur le mur, tu vois, c’est un tableau... fait par un peintre. Et cette statuette est l’oeuvre d’un sculpteur... Et... »
Il met en route le lecteur, calé sur le Concerto pour flûte n°1 en sol majeur, de Mozart. Xiotl pâlit, rougit, il doit être exténué par le voyage. Thérèse voit bien que le petit n’est pas dans son assiette.
« Allons, André, montre sa chambre à ton ami. Explique-lui la douche, je crois qu’ils ne se lavent pas comme ça chez eux. Ah, j’ai oublié les serviettes. Je t’en monterai tout à l’heure, va te reposer un peu, Xiotl, tu dois être fatigué...
- Sss... Oui... Merci de Xiotl... »


Thérèse frappe brièvement et entre en trombe dans la chambre, portant deux draps de bain et un essuie-mains. La chambre semble déserte, mais la combinaison blanche gît sur le parquet, et le couvre-lit a disparu.
« Xiotl ? »
Elle fait le tour du lit et découvre dans la ruelle, blotti dans le coin contre le mur, un adolescent aux longs cheveux noirs, le visage trempé de larmes, enroulé comme un mendiant nu dans le couvre-lit vert.
« Ca va ? »
Xiotl grelotte, sa peau terriblement blanche se teinte de bleu.
« Tu as froid ? Je vais te préparer une boisson chaude...
- Hhou... Non pas... »
Xiotl tend la main pour retenir Thérèse, et dans le mouvement le couvre-lit glisse, découvrant un sein certes juvénile, mais incontestablement féminin.
« Tu es une fille !
- Sss... Hhou... Bruit...Bruit de machine André...
- Quelle machine ? Bruit... Ah, le CD, la musique, Mozart ! Mozart ? »
Xiotl se concentre. Ecrire, avec le dictionnaire à côté, c’est plus facile que de parler. Il a l’impression qu’il ne sait plus un mot de terrien...
« Xiotl... pas Xiotl. Enfugué, danger de mort, fausse... carte... Difficile dire... »
Il lève un regard suppliant de chaton presque noyé, que Thérèse reçoit en plein coeur. Elle s’accroupit près de lui (d’elle ?), recouvre ses épaules, lui caresse la joue.
« Bon. Tu vas tout raconter à maman Thérèse, depuis le début. Tu sais, j’ai des enfants, et les mamans protègent toujours les enfants, même ceux des autres. Et Jean-Paul est très gentil et très fort, il te protègera aussi. Raconte-moi tout, et après nous irons voir les autres. »



Thérèse a retrouvé un jogging rose qu’elle portait quand elle avait vingt ans. Il lui est trop juste maintenant, mais pourtant Xiotl flotte dedans comme un voyageur en apesanteur. Elle est si menue, si chétive... Est-ce qu’elle mangeait à sa faim, là-bas ?
« Jean-Paul, salon ! Avec les gosses ! Ferme la porte à clé, et pas de vannes ! Ca urge et c’est important.
- Qu’est-ce qui... »
Thérèse est en haut de l’escalier, suivie par quelqu’un qui devrait être Xiotl et qui pourtant ne lui ressemble plus du tout.
« André, Valentine, au salon tout de suite, assis et sans un mot ! »
Thérèse installe Xiotl dans le canapé, une grosse couverture relevée jusqu’au menton et une tasse de camomille brûlante.
« Avant que je vous explique, Valentine : tu veux que je te traite en grande fille ou en petite ?
- Grande.
- OK. Tu vas entendre des choses étranges. Peux-tu me promettre de ne rien raconter, jamais, à personne ?
- Je promets.
- Maman ! Elle a quatre ans et demi, comment tu peux te fier...
- A une gamine de quatre ans et demi qui a 155 de QI et qui te bat régulièrement aux échecs, toi qui n’as que 142 ? Je te le demande !
- Assez ! », intervient le père. « J’ai dit sans un mot ! Thérèse, on t’écoute.
- Alors voilà. En montant porter les serviettes, j’ai trouvé notre Xiotl tout bouleversé ; il a réussi à me raconter son étrange histoire. Vous seriez aimables de réserver vos commentaires pour plus tard. Si tu veux ajouter quelque chose ou si je me trompe, tu m’arrêtes, Xiotl, d’accord ?
- Sss...
- Ca veut dire oui », précise Valentine
- « Je le sais, banane, j’ai eu 18 au test de kxaxien.
- Pfui... Moi j’ai eu 20...
- Vos gueules les gosses ! », hurle Jean-Paul. « Je me fiche de savoir que vous êtes des génies ! Si vous n’êtes pas capables de mettre votre égo dans la poche pour venir en aide à un être en détresse, pour moi vous êtes de gros nuls ! »
Silence. Picasso en profite pour décocher quelques coups de langue. Thérèse regarde son mari avec reconnaissance. Une fois de plus, elle se dit qu’elle a bien fait de le choisir, lui. Il ne la laisse jamais tomber.
« Donc », reprend-elle, « Xiotl vient de Kxax. Ca, c’est vrai. Il n’a pas sept cycles mais neuf. Et cette année il a passé le dernier test médical avant l’AA, sorte d’examen de fin d’études, un peu comme notre bac, qui délivre « l’aptitude à être adulte » et donc l’accès au travail. Xiotl a toujours été un individu très curieux et très sociable, chose qui n’est pas très bien vue sur Kxax, surtout que son génome le prédestinait à être, non pas conducteur de navette, mais milicien. Un de ses amis est venu le chercher, quelques heures avant le résultat officiel. Le bulletin disait : « Erreur fondamentale. Inaptitude pour fonction programmée. Destruction. » Le référent de Xiotl (son parent adoptif, si vous voulez) étant lui-même un des chefs de la Milice, Xiotl a pensé qu’il ne l’aiderait pas. Des amis l’ont caché, ils lui ont trouvé de faux papiers et l’ont embarqué sur une navette pour Terra. Dans ses courriers à André, il a essayé de se montrer le plus conforme possible pour ne pas attirer l’attention. D’après ce qu’il m’a dit, il y a peu de chances que les autorités de Kxax le poursuivent. En général, ils sont plutôt contents que les gêneurs émigrent. En revanche, notre politique d’accueil sur Terra est très restrictive. Je pense néanmoins qu’il est de notre devoir de l’aider à s’intégrer ici. Si vous êtes d’accord, bien sûr.
- Evidemment ! », s’exclama Valentine.
- « Absolument », ajouta André.
- « Bien entendu », conclut Jean-Paul. « J’ai de bons amis au service d’immigration, je pense pouvoir faire quelque chose. Je suppose que Xiotl n’est pas ton vrai nom, n’est-ce pas ?
- Exact, sss. Vrai nom...
- Ne le dis pas ! Xiotl ira très bien. Par prudence, je te trouverai une identité d’une autre planète que Kxax. Voyons... tu as la peau claire, et avec un peu de maquillage on peut atténuer tes reflets bleutés... Tu pourrais passer pour un émigrant d’Alès III... Mais... sur cette planète, tous les habitants sont... comment dis-tu... déterminés ?
- Sss...
- Prends ton temps. Quand tu auras choisi ta ... détermination, je lancerai la procédure.
- Tu vas être une fille, c’est génial ! », s’exclama Valentine, toujours hyper réactive.
- Je peux te montrer ce qu’est une femme », déclara calmement Thérèse.
- Mais être un homme, c’est pas mal non plus ! », intervint André qui se rasait depuis deux semaines.
- « Prends ton temps, mon ami. Ce choix.... Eh bien... le plus simple, ce serait qu’il soit définitif. On peut toujours s’arranger, mais...
- Xiotl compris. Xiotl choisi...ra. Xiotl fatigué... Bruits... Mu... sique ? Musique ! Beaucoup... jxeeks... boule...
- Boulevard ?
- Bouledogue ?
- Mais non, idiots ! Bouleversement !
- Sss... boule... versement... »




« Répète après moi : je suis un terrien.
- Suis terrien.
- Non. Je...
- Jeu... Amusement ?
- Non, Xiotl », le reprit patiemment Valentine. « Je. Quand Valentine parle pour Valentine, elle dit : « je ». Je suis une fille. Je t’apprends le terrien. Quand Xiotl parle pour Xiotl, il dit « je ».
- Je... suis Xiotl. Je... viens de Kxax. Juste ?
- C’est juste ! Je sais que vous ne dites pas « je », et pour toi c’est difficile. Mais c’est bien, tu y arrives !
- Xiotl compris.
- Non ! »
Xiotl sourit.
« J’ai compris, Valentine. Je... plaisanterie...
- Je plaisante, je me moque, je ris, je blague ! Oui, c’est ça, génial !
- Xiotl ? »
Thérèse entra, portant dans ses bras une brassée de fleurs du jardin.
« Tu veux voir comment on fait un bouquet ? »
C’est alors qu’elle remarqua le t-shirt qui tirait franchement sur les épaules, alors que le buste musclé était terriblement plat.
« Oh oh... Voilà du changement... André ? Tu fais quoi ?
- Je suis dehors, maman, je mets des paniers. Xiotl, tu veux venir ? Je vais t’apprendre le basket ! Alors tu vois, c’est facile, tu cours, tu contrôles le ballon... et tu tires.
- Raté ! », s’esclaffa Valentine
- « Bon, je ne suis pas très en forme aujourd’hui. Allez, à toi. »
Xiotl fait rebondir la balle plusieurs fois, il s’arrête, recommence. Puis il démarre en trombe, esquive André qui tente de le bloquer, et tire.
« Bravo ! », applaudit Thérèse.
« A quoi sert ?
- A rien, c’est du sport... c’est un jeu...
- Je ?
- Non », corrige Valentine. « Jeu. Amusement, distraction, loisir... Ce n’est pas du travail, quoi.
- Pas travail ? Jamais fait pas travail sur Kxax. Exercices pour apprendre, pour courir, pour lutter si milice, mais exercice. A quoi sert... jeu ?
- Ca sert à rien », reconnaît Valentine. « Mais tout le monde aime ça, ça... fait plaisir. Comme... écouter de la musique, regarder un beau tableau... ou un coucher de soleil... »
Xiotl se trouble.
« Plaisir ? Sur Kxax Centres de Plaisir, pour adultes seulement.
- Ah... Ce n’est pas ... hum ... la même chose... L’amusement... c’est pour tout le monde... Ca fait... hum... des petits plaisirs », répond Thérèse, embarrassée.
- « Il n’y a pas que le sexe dans la vie », déclare sentencieusement Valentine. « Mais si ça t’intéresse, je peux te montrer...
- Valentine !
- Quoi, maman ? « La sexualité racontée aux enfants », je peux, non ? C’est toi qui l’as installé sur ma tablette !
- Chérie ? Je suis rentré ! Regarde, j’ai disposé en bouquet les fleurs que tu as cueillies, pas mal, hein ? »
Thérèse soupire. Comment donner des repères fiables à ce pauvre... kxaxien ? C’est elle qui conduit le glisseur, Jean-Paul adore cuisiner, André fait de la couture et Valentine... Valentine est intrépide, remuante, bricoleuse... et douée en math !




« Tiens, passe-moi le persil, Xiotl. Ah, tu l’as ciselé, c’est bien.
- Je t’ai vu faire souvent.
- C’est bientôt prêt, papa ? Je meurs de faim ! J’ai fait deux heures de vélo ce matin !
- Chéri, ça y est, j’ai changé la lampe du garage. André, c’est quoi ce pantalon ?
- J’ai fini de le coudre hier soir. Il te plaît ?
- Ce jarret de veau est juste fondant, vous m’en direz des nouvelles. Je mets le riz à cuire...
- Et c’est quoi, le dessert ?
- Le dessert, c’est Xiotl qui l’a fait.
- C’est quoi, c’est quoi ?
- C’est un dessert que tu aimes beaucoup... de Xiotl qui t’aime beaucoup aussi !
- Des éclairs au chocolat ? Et tu as fait la pâte à choux ?
- J’ai fait.
- Hein, nous avons tous bien travaillé, en trois mois. Xiotl parle parfaitement le terrien, il cuisine comme un chef...
- Il m’a battue aux échecs, et ça l’a beaucoup fait rire !
- C’est lui qui a changé la batterie du glisseur, et il a réglé aussi l’allumage !
- Et tu verrais la veste qu’il est en train de coudre, c’est lui qui a créé le modèle !
- Et le portrait qu’il a fait de moi sur mon vélo, il n’est pas magnifique ?
- Et...
- Stop ! Je ne vais pas laisser brûler ma marmite ! A table ! »



Valentine cale un peu sur le troisième éclair au chocolat. Thérèse, les yeux mi-clos, hume voluptueusement son thé bio au pain d’épices. Jean-Paul termine son café et prend une profonde inspiration.
« Xiotl, tu as rendez-vous après-demain au service d’immigration. Est-ce que tu as fait ton choix ?
- Non.
- Je ne veux pas te presser, mais c’est indispensable pour qu’on te donne une nouvelle identité.
- Je n’ai pas envie de choisir ! J’ai la chance, que vous n’avez pas, de pouvoir être les deux, et j’aime ça ! Mozart me fait devenir fille, et à d’autres moments... J’aime bien être un garçon aussi !
- Ca, c’est quand il est seul avec moi. Vous avez remarqué ? Ses seins disparaissent, sa voix devient plus grave, ses épaules s’élargissent... C’est rigolo ! »
Jean-Paul toussote.
« C’est sûrement une coïncidence, ma petite chérie. Je suis sûr qu’il y a d’autres circonstances... »
Xiotl rougit. Il est actuellement elle.
« Il s’agit seulement de choisir un genre pour l’état-civil. Après, dans ta vie, tu te comporteras comme tu veux, ta vie sexuelle ne regarde que toi !
- Mais, Papa, ça a quand même un petit rapport... si je puis dire...
- Valentine, tais-toi. Je me demande bien ce que tu peux savoir de la vie sexuelle !
- Ben quoi, je sais lire ! Et j’ai des yeux et des oreilles. Tu sais, les chats, les chiens, les petits oiseaux... et même les papillons... »
Xiotl la boit des yeux.
« Je veux garder ma double polarité. Je veux pouvoir être homme ou femme quand je veux, sans avoir à me cacher ou à faire semblant d’être quelqu’un d’autre. Je resterai Xiotl.
- Mais c’est peut-être dangereux ! Et si Terra refuse de t’accepter parce que tu viens de Kxax ?
- C’est gentil de t’inquiéter pour moi, André. Mais est-ce que tu pourrais, pour survivre, passer ta vie à te déguiser en fille, sans que ça te rende vraiment triste ? »
Ses yeux deviennent un peu trop humides quand il regarde Valentine.
« Je prends le risque. »
Cette fois, Thérèse n’a plus de doute. Mais bon, la vie est longue, les enfants grandissent, les adultes évoluent... Pourquoi rien n’est jamais simple dans cette famille ?
« Il a raison, Papa. Nous ne pouvons pas le forcer à vivre dans le mensonge. Terra finira par changer, et un jour les gens seront plus tolérants et ne tiendront plus compte des apparences. Si on regarde les deux derniers siècles, il y a eu quand même des progrès !
- André, tu es un merveilleux idéaliste... Mais même si Xiotl a une espérance de vie plus longue que la nôtre, je ne suis pas sûre qu’il vive assez vieux pour voir ce monde parfait... En revanche... Je n’avais pas décidé de l’annoncer comme ça, mais... En fait, ces deux derniers mois, comme Xiotl nous a beaucoup aidés, j’ai eu plus de temps libre... et j’ai passé le dernier module de mes études de xénobiologie, que j’avais interrompues à la naissance Valentine.
- Chérie, tu m’as caché ça ?
- Je ne savais pas si je réussirais... Reprendre des études quatre ans après... Mais ça a marché : j’ai eu mon diplôme hier ! Non, non, attendez, vous me féliciterez plus tard. Ce qu’il y a d’intéressant, c’est que j’ai découvert qu’il existait une autre planète dont les habitants ont la double valence : c’est une colonie lointaine de Kxax...
- Myybvo ! Pourquoi je n’y ai pas pensé ? Je l’ai appris, pourtant... il y a longtemps, sur Kxax...
- C’est une idée géniale ! », s’exclame Valentine. « Maman, tu viens de sauver Xiotl !
- Attends, attends, ce n’est pas fait. Mais effectivement, l’Immigration sera peut-être plus indulgente envers un individu émigré d’un monde lointain pour venir proposer à Terra ses capacités exceptionnelles...
- ...Sachant qu’il n’aurait pas été accueilli sur Kxax, en raison de son esprit curieux et anticonformiste qui est la source même de ses nombreux talents...
- T’es pas si bête quand tu veux, André...
- Merci, petite soeur.
- Merci à vous tous, de Xiotl. Terra n’est peut-être pas encore un monde parfait, mais il y a des gens comme vous... Merci, merci, merci, merci... Je ne vous dirai jamais assez merci !
- Bon, allez, sinon on va tous se mettre à pleurer. Les enfants, vous débarrassez. Xiotl, je vais te montrer mon doc sur Myybvo, histoire de te rafraîchir la mémoire. »



A peine a-t-elle refermé la porte du bureau que Thérèse se tourne anxieusement vers Xiotl.
« Je... n’ai rien contre l’idée, tu es un gentil... une gentille personne... Mais Valentine a quatre ans et demi ! »
Xiotl devient grave.
« Je suis adulte, et je suis responsable. Valentine sait que je suis son ami. Et c’est tout. Je suis patient. Je ne dirai, je ne ferai jamais rien qui puisse la mettre en danger, la contraindre ou l’influencer. Je sais que tu peux garder ce secret. Tu peux ? »
Thérèse acquiesce.
« Cette petite fille a bien de la chance. En fait, nous avons tous de la chance de t’avoir rencontré. Quand tu auras trouvé un travail... tu viendras quand même dîner de temps en temps ?
- Et vous viendrez chez moi aussi. Je sais faire la cuisine !
- D’accord, d’accord... Allez, on s’y met. Tu as deux jours pour tout apprendre par coeur. Où est-ce que j’ai mis ce doc ? Le voilà ! donc... Myybvo est une planète du système Karl, situé à cent millions de kilomètres de Kxax... La porte à côté, quoi... »
Narwa Roquen, qui rame toujours autant dans la SF...


  
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