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 Commentaire WA 122 : Maedhros Voir la page du message Afficher le message parent
De : Estellanara  Ecrire à Estellanara
Page web : http://estellanara.deviantart.com/
Date : Mercredi 23 octobre 2013 à 15:41:59
Quand j'ai fini de lire ton histoire, j'ai relevé la tête et je me suis étirée. Mes yeux étaient flous et j'ai eu l'impression d'émerger d'un rêve. Un rêve qui se passait à la montagne, entre les alpages majestueux et les ruisseaux glacés, un rêve qui se passait dans une clairière mystérieuse, peuplée de fantômes dont certains tenaient un appareil photo.

Vraiment, tu ne cesseras jamais de m'impressioner. Voici une histoire remplie de tiroirs, de portes, de clés, très longue mais on ne voit pas le temps passer en la lisant, assez contemplative mais on est suspendu au récit.

Reprenons. Rien que le titre, on voit arriver une histoire de photographe, bien que les photos soient longues à apparaitre.
Dès la première lecture, j'ai eu le sentiment que l'auteur du récit qui s'adresse à son fils est aussi l'auteur du texte qui s'adresse à son lecteur et donc que le lecteur, lui aussi, peut trouver une clé dans le texte. J'ai donc fait une lecture attentive.

A la deuxième lecture, mon impression que le personnage de Raphaël et de son père n'en font qu'un, qui se parle à lui-même, se renforce. Leur histoire est la même. Ils ont disparu, ont quitté leur femme, qui les a attendu avec un enfant. Le seul indice divergent est le fait que Raphaël n'ait pas lu cette lettre. Mais sinon, ça constitue un paradoxe en boucle quasiment parfait, comme l'inventeur de la machine à remonter le temps, qui se confie à lui-même les plans du véhicule. Ah, il y a l'histoire du marin qui tombe à la mer, aussi, qui diverge de mon hypothèse, mais ce pourrait être un mensonge inventé par la mère.

L'histoire de la profondeur et "Parfaitement nets. Aucun flou.", ces paroles prennent tout leur sens, du coup.
Le portrait de l'adolescent par l'homme adulte est extrèmement bien vu, avec ces parallèles entre réactions passées et interprétations présentes, émotions passées et présentes.
Ta promenade en voiture a quelque chose du début du film de Shining. Ton héros se rend dans un endroit dont l'extrème isolement le nimbe de mystère et où la civilisation disparait pour une nature à la majesté vaguement inquiétante.
Tes descriptions d'ambiance montagnarde sont superbes.

Je n'ai pas bien compris pourquoi la mère découpait le père sur les photos. Je n'ai pas compris non plus le prénom que le grand-père lui donne, Stella.

A la deuxième lecture, je commence à me demander si le fils, le père et le grand-père ne sont pas carrément une seule et même personne. Cela expliquerait la réaction de la mère face à Edmond. Cependant, l'histoire des trois hommes pourrait juste être très parallèle.
J'aime bien les petites références, la Famille Addams, Bilbo... et les autres détails qui rendent ton personnage de tout jeune homme réaliste, comme le fait qu'il ne s'intéresse pas aux photos noir et blanc, sa dépendance aux joujoux technologiques, la gorgée de lait brulant, son côté suffisant et auto-satisfait...
Ah, t'es dur avec ton ado, pas de réseau, c'est vache, hihi !
Vraiment excellent comme tu dépeins le début de la relation entre l'ado buté qui refuse de se laisser apprivoiser et le vieil homme à la patience infinie.
Le moment où le grand-père se met à parler technique informatique est inattendu tant on l'imaginait en montagnard rustique. Mais ensuite, on comprend.

Les discours techniques sur la photographie sont hyper techniques et précis. Quelle nostalgie quand je me rappelle l'insertion des films argentiques... Je les accrochais soigneusement sur les petites dents de mon appareil puis je croisais les doigts en fermant car certaines fois, je ne me rendais compte qu'à la fin du voyage que le film ne s'était pas déroulé...
Ah, la profondeur de champ ! Moi qui fais de la macro (de poupées, de fleurs et d'insectes), je la connais bien !
Le livre de physique, qui parle de paradoxes... constitue peut-être un indice supplémentaire pour comprendre ton histoire.

La rencontre avec le loup est très énigmatique. Est-il une sorte de passeur vers le monde au delà de la porte végétale ? Un psychopompe même peut-être ? Il semble qu'il invite ton héros à le suivre et ton héros a l'impression de le connaitre.
La rencontre avec la jeune fille en dit à peine plus. Ton héros (et ses ascendants) sont-ils des voyageurs qui se sont égarés dans le monde réel après avoir passé la porte et ne savent comment rentrer chez eux ?
L'histoire que racontent les photos d'Edmond le confirme : un retour espéré, une porte close...
L'idée que ce monde se cache dans la profondeur de champ et que la photo parfaite en est la clé est particulièrement astucieuse.
"Ta naissance. Ma fuite." le narrateur reproduit fidèlement le schéma familial du père qui disparait.

"Il y a de la fumée sur l'eau!" : ça m'a fait sourire, ça !

Superbe scène que celle des deux photos de la madone.
La fin m'a surprise. Pourquoi passer de la photo à la musique ?
OK pour la patience, celle d'Edmond est sans fin, pour la ponctuation, j'avoue que je n'ai pas regardé.

Au final, une excellente histoire à tiroirs, écrite d'une main de maitre.

Trucs et bidules :
"Je vais coucher dans ce cahier d'écolier," : une virgule en trop
"La dernière fois, le juge a sévèrement tancé ma mère" : avait tancé
"Ma mère ne s’en est cependant pas plainte" : était
"Comment ce grand-père indigne allait se débrouiller" : allait-il
"En regardant le résultat, la meilleure prise..." : y a un souci dans cette phrase, le sujet de la première partie et de la seconde ne sont pas les mêmes
"Un petit torrent lymphatique" : en général, un torrent, c'est plutôt vif et rapide; d'ailleurs tu emploies le verbe "filer" juste après, qui évoque la vitesse
"Le rouge avance et le vert recule, le savais-tu ?" : c'est le contraire de l'effet Doppler, ça ? Tu veux dire que les sujets rouges semblent plus proches ?
"Edmond avait un bon professeur." : était, non ?

Est', toujours là, dans un coin.


  
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4 Merci pour ta lecture - Maedhros (Ven 25 oct à 11:32)


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