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De : Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen
Date : Dimanche 6 octobre 2013 à 23:07:49
Airelle






La pièce est faiblement éclairée par la vingtaine de watts distraits d’une lampe de chevet noire à six euros cinquante. La moquette élimée et crasseuse est parsemée de cadavres de bouteilles, de cannettes vides, de cartons à pizza et de pots de yaourt plus ou moins vides et d’autant moins ou plus moisis. Une pile de vêtements sales dessine une colline odorante sur le seuil de la cabine de douche. C’est l’hiver. Il n’y a pas de mouche. Pas de chauffage non plus.
Touchant presque le lit en 140 d’où parviennent des ronflements irréguliers, une grande planche de contreplaqué mélaminé, sur deux tréteaux, est couverte de feuilles griffonnées, colorées ou non, de crayons, de pinceaux, de bouteilles d’encre et de godets de peinture. Elle semble étonnamment propre en comparaison du sol. Une lettre imprimée, Times New Roman, est jetée en travers des dessins. Elle commence par :
« Cher monsieur Lescuyer, j’ai le regret de vous informer... »
Et puis tout au bord du plateau, presque en exil, un ordinateur portable qui veille patiemment.
Le temps semble figé dans ce décor abandonné. Mais voilà qu’une petite silhouette rouge et ailée semble émerger du papier coloré. Elle est fine et svelte mais ses joues sont bien rondes, ses lèvres pulpeuses et ses longues jambes nues émergent d’un short rouge qui moule une jolie paire de fesses délicieusement musclées. Sa tunique largement décolletée découvre volontiers une épaule ; la mousseline légère ne masque pas grand-chose des seins ronds et fermes dont les tétons presque arrogants pointent sous le tissu. Les cheveux sont longs et bouclés, embroussaillés et rebelles, s’échappant comme des chardonnerets en goguette de ce qui devrait être un reste de chignon. Ah oui, les yeux sont verts. Mais leur regard n’a rien d’une eau tranquille. Il tient de l’aigle, du torrent, et du vent farceur qui emporte les chapeaux.
Elle pèse à peine plus qu’une plume et pourtant son pied chaussé de sandale rouge enfonce une touche du téléphone égaré sous les papiers, réveillant l’écran bleu pâle qui affiche le dernier message reçu :
« Lâche-moi ! »
C’est signé : « C . »
A la lumière blafarde et momentanée de l’écran, elle a le temps de lire en diagonale la lettre à l’en-tête des Editions du Manganèse.
« ... regret... ligne éditoriale... en espérant... »
Elle soupire. Les ronflements n’ont pas cessé.
« Roland ! »
Sa voix est mélodieuse mais pas bien puissante.
« ROLAND ! »
Le dormeur n’entend pas. Debout sur une épaule, elle bourre le nez vibrant de coups de pied et de coups de poing, en laissant libre cours à son humeur excédée.
« Debout, sale mec ! Egoïste, salaud, connard ! Sors du plumard, enfoiré de mes deux ! Lâcheur, judas, espèce de plouc ! Pet foireux, grosse merde... fonctionnaire ! »
L’homme lève enfin une main hagarde pour se gratter le nez, à laquelle elle n’échappe de justesse qu’en s’envolant à tire d’aile. Mais le ronflement à peine interrompu reprend de plus belle... Alors, rageuse et déterminée, elle se pose sur le cou et de toutes ses forces elle mord jusqu’au sang la narine ennemie.
« Aïe ! »
L’homme s’est dressé d’un bond, il essuie d’un revers de main le sang qui éclabousse, et voit enfin la créature furibonde et rouge dont les yeux lancent des éclairs.
« Mais que... Mais tu... Airelle ?
- Ah quand même, tu te souviens de moi !
- Mais tu... Oh la cuite ! Je rêve, j’hallucine... Tu n’existes pas !
- Je n’existe pas ? Deux ans que tu me ballottes au gré de ta fantaisie dans des aventures ridicules et inconfortables, et je n’existe pas ? T’es un gros con ou tu te fiches de moi ?
- Attends, attends... Je suis un peu fatigué, là...
- Ah ! Monsieur est un peu fatigué ! Et moi ? Depuis trois semaines, crétin, je suis enfermée dans la grotte du Géant sans manger ni boire, alors moi je ne le suis pas, peut-être, fatiguée ? »
L’homme cligne des yeux, comme ébloui par un soleil d’Austerlitz, et il sourit d’un air béat.
« Qu’est-ce que tu es belle !
- Mais bien sûr ! », vocifère une Airelle plus rouge que jamais. « Tu t’imagines pas que ça va me calmer ? »
Il s’étire dans un bâillement et remonte la couette jusqu’à son menton. Airelle frissonne.
« Il fait froid, chez toi.
- Je sais. C’est pour ça que je n’ai aucune envie de me lever. Et puis je n’ai pas d’idée, j’ai le cerveau ramolli, et puis c’est trop fatigant, j’ai pas envie...
- Alors ça, espèce de rebut de ta race ! Tu m’as mise dans la merde, et maintenant, tu vas m’en sortir ! »
Elle referme une petite main d’acier sur son annulaire ; il sourit, elle est tellement légère... Mais voilà qu’elle bat des ailes et qu’il se sent soulevé, entraîné...
« Ehhhhh... »
Sa dernière vignette se précipite vers lui comme un mur derrière un virage pris trop vite, le choc est inévitable, le choc...



Il fait sombre, il fait froid. L’odeur de moisi est désagréable. Roland éternue.
« Enfin réveillé, ton Altesse ? Allez les vers, soyez sympa, un peu de lumière ! »
D’étranges guirlandes apparaissent aux murs de la grotte. Roland se met debout, porte la main à sa tête encore bien embrumée. Puis, pour se donner contenance, il s’approche d’une paroi de pierre.
« Des vers luisants ? C’est une idée à moi, ça ?
- Et alors ? Elle te plaît pas ?
- Si, si, c’est très bien... Vais juste me faire chier avec les jaunes...
- T’es vraiment un merdeux, on te l’a jamais dit ? »
Il voudrait bien la prendre de haut... mais ils ont exactement la même taille. Ca lui apprendra à finir la bouteille de vodka. D’un autre côté, si ça réveille son imagination, il va peut-être pouvoir se remettre à dessiner...
Un petit séisme fait trembler le sol, un séisme rythmé comme des pas très lourds.
« Airelle ? Tu parles toute seule ? Tu t’es décidée à me dire ce que je veux savoir ?
- Le trésor de Grouchy, même pas dans tes rêves ! Ouvre-moi, Grotha, je suis avec l’Auteur !
- M’en fous, moi, je suis chez moi, ici.
- Mais j’ai le pouvoir de te faire disparaître », intervient Roland qui commence à suer un peu. « Je n’ai qu’à déchirer la planche...
- M’en fous ! Tu m’as créé, je fais partie du Monde... Alors planche ou pas...
- Tu as raison. J’ai eu tort de te sous-estimer. Mais... peut-être... puisque je suis là... Est-ce que quelque chose te ferait plaisir, quelque chose... que je pourrais ajouter à l’histoire ?
- Le trésor !
- Oui, bien sûr... Mais en plus... Ouvre, on pourrait discuter... J’aimerais tant profiter de la chance de te voir en chair et en os... »
Brrroum brrroum badaboum, le gros rocher roule sur le côté et va s’écraser au loin, sans doute dans une vallée verdoyante. La lumière du jour pénètre dans la grotte, en partie masquée par deux énormes colonnes vertes. Roland s’avance vers ce qui, incontestablement, est un pied. Et il réalise qu’il dépasse à peine la hauteur du gros orteil. Il lève les yeux, ébloui par le soleil, devinant quelque part dans les cieux la présence d’une tête.
« Putain de contreplongée ! », lâche-t-il admiratif. C’est vrai, il n’a dessiné Grotha en pied qu’en panoramique. Et jamais Airelle dans le même cadre. Du coup le lecteur ignore tout de l’échelle. Pas bon. Mais quand même, il a souvent représenté le géant courbant la tête comme s’il avait peur de se cogner aux bords de la vignette. De même qu’il s’est amusé à ne le cadrer que par morceaux – tête, main, pied... Tout n’est pas à jeter.
« Ah quann mêmé ! Ié mé fésé oun sangoué dé enncrrré ! » (kof kof kof...) « Ma pétité Errrellé ! Vieni, vieni, dann mes bras ! »
Une énorme femme en longue robe violette étouffe à moitié Airelle sous ses baisers profus. Roland se reproche aussitôt le terme « énorme ». En présence de Grotha, tous les autres sont petits...
« Violetta ?
- Ié vous conné, vous ?
- C’est l’Auteur », intervient Airelle.
- Ah c’est lui, eh ? Vigliacco, stronzo, figlio di... Ma qué c’é pas dé maniérrré, ça, dé lésser ma pétité Errrellé touté sélé dann ouné horrriblé grrrotté dépouis trois séméné ? » (kof kof kof...)
Et joignant le geste à la parole, elle le pourfend et le pourchasse à grands coups de son ombrelle, comme il se doit violette, alors que son visage crispé dans une quinte incoercible, prend à peu près la même couleur.
« Arrête, Violetta », s’interpose Airelle. « C’est quand même l’Auteur !
- Dites donc, les morpions, je vous signale que le patron, ici, c’est moi ! Ou dois-je vous le dire autrement ? »
Et le géant soulève lentement ses orteils du sol, l’ombre de son pied plongeant les trois minuscules protagonistes dans une obscurité menaçante.
« Ah non, ça non », hurle Roland. « Les clairs-obscurs, c’est trop galère, j’ai même pas photoshop ! Et puis de toute façon, tu es beaucoup trop grand ! »
Toute puissance de l’auteur ! Voilà que Grotha rapetisse à vue d’oeil, jusqu’à n’avoir plus qu’une taille double de celle des autres. Alors Violetta repart à l’attaque :
« Assassino ! Brigante ! Mascalzone ! Tou a osé annferrrmé ma pétité Errrellé ! » ( tout ça avec les coups d’ombrelle, bien sûr, et une nouvelle quinte de toux).
Cette fois ils sont trois à lui lancer en choeur :
« Violetta, arrête, t’es chiante ! »
La grosse dame fond en larmes.
« Ié souis pas chianté, moi, mé je l’émé, ma pétité Errrellé ! »( kof kof kof...)
- « D’accord, d’accord », concède Roland qui trouve que l’aventure tourne au très mauvais vaudeville. « On se calme, on s’assied tous ensemble dans l’herbe et on discute. Je veux bien essayer de vous rendre service, mais il faut que chacun de vous m’explique clairement quels sont ses désirs. OK ? »




Les voilà donc tous les quatre dans la position dite du « feu de camp » (sans feu).
« D’abord », commence Airelle, je voudrais bien savoir ce que je suis.
- Comment ça ?
- J’ai des ailes, mais un corps humain ; pas plus de pouvoirs qu’un caillou, donc je ne suis pas une fée. Alors, je suis quoi ?
- Tu es... une Iride.
- Et en clair ?
- Tu es une des filles d’Iris, la messagère des Dieux grecs. Ils pensaient que l’arc en ciel était la trace de son pied quand elle descendait de l’Olympe porter un message vers la terre. D’autres croyaient que c’était son écharpe, d’où l’expression poétique.
- Ah, parfait ! Monsieur étale sa confiture ! Puis-je te faire remarquer que personne n’est au courant, que je ne sais pas si j’ai des soeurs ni ce qu’est devenue ma mère (et je ne parle pas de mon père), que je ne suis la messagère de personne et que je ne sais pas ce que je fous ici, bordel !
- Mais... tu es mon héroïne ! S’il te faut une ascendance, je te la trouverai, mais on s’en fiche : tu es belle, tu es courageuse, et il t’arrive des aventures parce que tu es toujours prête à rendre service et que rien ne te fait peur... Et ça finit bien parce que... parce que... la RL est déjà assez dure...
- Sann vouloiré tiré la couetté à moi... Ié pé savoir, pour moi aussi ?
- Toi tu es la figure maternelle, tu as recueilli Airelle quand elle était petite, sans doute le jour où elle est tombée de l’Olympe... Tu es un peu trop grosse, un peu trop gourmande, un peu trop impulsive et envahissante, mais très gentille. En fait, tu étais une fée autrefois, mais tu as dû renoncer à tes pouvoirs pour sauver Airelle des griffes de Hadès qui voulait se venger d’Héra, elle-même maîtresse d’Iris. C’est en allant la chercher dans les Enfers que tu as pris froid, et c’est pour ça que tu tousses souvent. Ton nom, bien sûr, fait référence à Verdi. Et ton accent aussi...
- Buona madre... » soupire Violetta en écrasant une larme au coin de son oeil, « Si ié avé sou...Ié auré moins manndgé dé gâteaux...
- C’est prévu, c’est prévu... Je vais te redessiner... juste un peu ronde, mais pas plus... »
Et voilà l’ancienne fée qui fond à vue d’oeil, et toute heureuse de sa nouvelle apparence, se lève pour esquisser quelques pas de valse, évidemment en chantonnant : « Libiamo, libiamo ne’lieti calici che la bellezza infiora... »
- Bon, alors je vais l’avoir, ce trésor ?
- Même pas dans tes rêves, Grotha !
- La ferme, Airelle, l’Auteur, c’est lui !
- Eh bien mais... Et qu’est-ce que tu en ferais ?
- Ah... »
Grotha ferme les yeux et se met à rêver tout haut.
« Un trésor ! De l’or, de l’or à n’en plus finir... Je prendrais un tailleur sur mesure, je me ferais faire un costume trois pièces, au lieu de cet immonde pantalon retenu par une ficelle... Et puis je ferais construire un palais, avec des jardins et des fontaines, et puis... j’irais m’agenouiller devant la Dame de mes pensées, et je lui dirais : « Tout cela est à toi, si tu le veux... Violetta, veux-tu m’épouser ? »
La dénommée saute sur ses pieds en toussant de plus belle.
« Mah... »(kof kof kof) « Mah... » (kof kof kof) « Grotha ? »
Mais Roland ne lui laisse pas le temps de donner son avis.
« Non mais là c’est carrément cucul, comme histoire ! Je refuse ! C’est pas du tout vendeur ! Et en plus de ça... »
Il éclate de rire, en fait il est pris d’un fou rire dans lequel il se vautre allègrement, se roule par terre en se tapant le ventre, hoquète et pleure d’une hilarité sincère et effrénée qui fait froncer sévèrement les sourcils du géant et serrer agressivement son poing prêt à fuser...
« Ce qu’il veut dire, mon cher Grotha... », intervient Airelle, « c’est qu’il y a... comme un souci... technique...
- Airelle a raison », continue Roland qui a perçu au ton de son héroïne que ce n’était pas le moment de déconner. « En fait... le trésor de Grouchy... ce n’est pas de l’or... »
Le géant se fige, déçu mais encore très en colère.
« Ah... et alors, c’est quoi ? »
Roland et Airelle se consultent du regard. Et c’est Airelle qui raconte.
« En fait, dans une ruine du Monde d’Avant j’ai découvert un journal d’Emmanuel de Grouchy, célèbre maréchal d’Empire... Napoléon, tu connais ?
- Napo...
- Laisse tomber. Napoléon était empereur. La guerre, la gloire, des morts partout... Ca te parle ? Bref, Napoléon a perdu sa dernière bataille, Waterloo, parce que Grouchy est arrivé trop tard. Et pourquoi ? Parce qu’il mangeait des fraises. Seulement voilà... ce n’était pas des fraises ordinaires. Grouchy s’est aperçu que quand il les mangeait par le bout pointu, il rapetissait, et par l’autre bout, il grandissait. Alors il a voulu grandir, pour impressionner l’ennemi prussien. Mais quand il se remit en selle, son cheval s’écroula sous lui. Alors il revint sur ses pas, demanda d’autres fraises, mais il n’y en avait plus... Le temps d’en cueillir d’autres, de les laver... Napoléon était battu.
- Alors le trésor de Grouchy...
- Oui, Grotha. C’est des fraises. Entre les pages du journal il y avait un petit sachet de graines (d’akènes, plutôt). Je les ai semées... et j’en ai tout un parterre...
- Alors... je ne pourrai jamais dire à Violetta que je l’aime ?
- Ma tou vienn dé lé diré, imbécillé ! Et si tou mé promé dé né plou toucher à ounn chévé dé ma pétité Errrellé... Ié sé bienn qué tou n’é pas oun méchanté garçonn..
- Violetta !
- Grotha !
- Non, arrêtez, c’est trop nul... »





Le téléphone sonne. Roland se redresse. Il ne se souvient pas de s’être remis à dessiner, et pourtant il s’est endormi là, à sa table de travail, devant une vignette qui porte le mot « fin ».
« Allô ?
- Monsieur Lescuyer ? Iris Messager, directrice de publication aux éditons La Chance. J’ai bien reçu vos deux premières planches d’ « Airelle et le trésor de Grouchy ». Vous travaillez en couleur directe, c’est ça ? C’est vraiment magnifique, ce que vous faites, chaque vignette est une oeuvre d’art... Vous avez une suite ? Je serais honorée de vous rencontrer pour que nous puissions trouver un accord... Vos conditions seront les nôtres, bien entendu... Ce soir vers 17 heures, cela vous convient ? Nous sommes rue de Waterloo... Alors, à tout à l’heure... »
Roland se penche vers le scanner posé au sol, appuie sur « on ». L’appareil est toujours en panne. Il remarque au passage que son jeans est largement taché de vert. De la peinture ? Sur la dernière vignette, Airelle sourit en portant dans ses bras un grand panier de fraises. Il sursaute. Elle vient de lui faire un clin d’oeil !
« Fatigué, moi. Faut que j’me douche, que j’me rase. Mais quand même... »
Narwa Roquen, qui n'a pas non plus photoshop, sinon, ç'aurait été avec plaisir...


  
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