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  WA - Participation exercice n°116 Voir la page du message Afficher le message parent
De : Maedhros  Ecrire à Maedhros
Date : Lundi 11 fevrier 2013 à 20:48:31
Etant très en retard, j'ai décidé de livrer dès à présent la 1ère partie de l'exercice. La seconde ne devrait pas trop tarder.

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DANS LES YEUX D'UNE MERE


La bande-son...

Depuis leur départ, ils n'avaient pas jeté un seul regard en arrière. Trop de visages familiers, ceux d'amis proches ou de parents du même sang, se seraient imprimés à vif dans leurs souvenirs. Trop de visages disparus dans la tempête.

D'abord ils avaient suivi, pour rompre l'encerclement des légions du Roi Sorcier, une sente escarpée qui serpentait, presque invisible, le long de la falaise où s'enracinait le Mur. Puis ils avaient escaladé une vertigineuse cheminée de pierre pour rejoindre le haut plateau. Ils avaient lutté contre le vent qui s'entortillait sournoisement dans les plis de leurs vêtements pour tenter de les précipiter dans le vide. Les arbres leur avaient ensuite offert un maigre couvert pour dissimuler aux yeux ennemis leur fuite. Longtemps ils entendirent derrière eux, montant de l'obscurité qui ensevelissait déjà le fond de la vallée, le fracas métallique des armes qui s'entrechoquaient, les vociférations des hordes noires et les chants graves et poignants de leurs camarades. Puis insensiblement, les aboiements et les hurlements des serviteurs du Roi Démon avaient fini par tout recouvrir. La dernière complainte des Fauconniers s'était éteinte sur une ultime note cristalline qui s'éleva, pure et triste, dans le ciel nocturne où la Lune effrayée ne se montra point.

Quand le silence se reforma, tous, hommes et demi-dieu, tous avaient les yeux baignés de larmes. Ils n'avaient échangé aucune parole. Ils s'étaient contentés de serrer plus fermement encore leurs armes et avaient repris leur course éperdue.

Le Phante les avait conduits sûrement, ne semblant jamais rechercher son chemin. Il calquait sa course sur les étoiles qui brillaient dans la nuit. Complices, elles leur murmuraient qu'ils étaient toujours dans la bonne direction. La mousse sur le tronc des arbres aux feuillages persistants leur avait confirmé aussi qu'ils ne déviaient pas de leur but. Ils ralliaient le nord. Durant cette première nuit, ils ne s'étaient accordés aucun répit, le moindre temps perdu pouvant compromettre la réussite de leur expédition. Les séides du Roi Noir étaient sur leurs talons et tout le pays environnant était infesté de leurs avant-coureurs.

Le jour suivant, Ils avaient livré de courtes mais brutales escarmouches contre de petites troupes adverses. La surprise bien sûr joua en leur faveur. Mais pas seulement. Une rage froide animait leurs bras et une exaltation surnaturelle étrécissait leurs pupilles. Alors qu'ils n'étaient guère plus que les doigts d'une main, ils avaient surgi, devant leurs ennemis sidérés, comme nés du néant. Ils avaient paru aussi imprévisibles et mortels que les démons qui peuplent le monde souterrain; aussi irrésistibles et impitoyables que les Chasseurs Blancs qui hantent les tempêtes de neige; aussi invulnérables et terribles que les Anciens Dieux sur le chemin de la guerre. Ils ne firent aucun quartier. Ils n'accordèrent aucune miséricorde. Ils ne donnèrent pas de coup de grâce pour abréger les souffrances de ceux qui étaient tombés sous leurs coups. Tout sentiment de cette nature avait déserté leurs coeurs et leurs raisons. Ils ne vivaient que par la violence et pour la vengeance. La terre but goulûment les ruisseaux éphémères charriant le sang impur de leurs victimes expiatoires. Les charognards se chargèrent des cadavres et des agonisants délaissés par les guerriers.

L’aube du deuxième jour les surprit pendant qu'ils longeaient d’un pas rapide la ligne de crête d’un épaulement qui descendait, en larges degrés, vers les plaines immenses marquant la fin des contreforts montagneux. Ils s'éloignaient des cimes élevées entre lesquelles tant des leurs avaient péri. Sur l'horizon, une couronne de lourds nuages tentait de s’opposer au lever du soleil triomphant. Mais ses étincelants javelots transperçaient sans peine les masses cotonneuses, les transformant en longues écharpes aux teintes violacées. Dans la lumière profonde de l’aurore, l’air était si limpide que chaque détail du paysage ressortait distinctement et les couleurs semblaient avoir été déposées en touches délicates par le pinceau immatériel de quelque artiste céleste. Le spectacle de cette nature immaculée était cependant gâché par l’impression de tristesse infinie qui se dégageait des bannières en lambeaux ensanglantant la face rayonnante de l’astre du jour.

Vak, le Phante, marqua un arrêt au bord de l'abîme, forçant ses compagnons à l’imiter. Il se tourna vers l’orient où le Polémarque se préparait à affronter son Destin. Il n’y avait rien qu’ils puissent faire pour l’aider, sinon boire à nouveau le breuvage amer de la défaite. Autour de lui, les champions épuisés s’accroupirent, profitant de cet instant de repos inattendu. Si l’eau claire d’un torrent de montagne avait étanché leur soif, leurs estomacs n'avaient pas eu leur compte. Alors cette halte surprise était une bénédiction.

Le Phante les avait entraînés sans ménager leurs peines. La fatigue creusait leurs traits et malgré tout leur courage et leur endurance, leurs poumons étaient en feu et leurs coeurs battaient la chamade. Jusque là l’adrénaline avait inondé leurs veines, masquant les signes précurseurs du délitement de leurs forces. Attacher ses pas à ceux d’un demi-Dieu était exaltant mais ils avaient largement puisé dans leurs dernières réserves. Ils écrivaient l’Histoire, leur avait dit le Duc avant de les laisser partir. Leur Duc. Ces simples mots résonnaient encore à leurs oreilles.

Vak semblait perdu dans une sombre méditation. Son visage baignait dans la lumière dorée du nouveau soleil. Sa haute stature dégageait une force immense, à peine contenue, qui pouvait se réveiller à tout instant. Ses traits étaient d'une telle perfection que l'absence des organes de la vue n'était en rien choquante. L'oeil tatoué entre les sourcils, marque symbolisant à la fois liberté et infamie, rehaussait en revanche le caractère hiératique et noble. Pas un tressaillement n'étirait ses muscles, pas la moindre transpiration ne perlait sur sa tempe. Il fallait réellement faire un effort pour ne pas voir que s'élevait en cet endroit une extraordinaire statue née sous le ciseau envoûté d'un merveilleux sculpteur et qui ne demandait qu'à s'éveiller à la vie.

Lugnimius se força à réprimer sa respiration haletante. Il cherchait de l'air pour emplir ses poumons. Il n'aurait jamais cru qu'il pourrait suivre le train d'enfer imposé par le Phante. Il côtoyait d'illustres champions dont tous vantaient les exploits là-bas... Mais il se rappela aigrement la réalité. Il n'existait plus rien là-bas. Rien que la désolation et l'esclavage. Et lui, qu''était-il donc? Un simple archer. Un excellent archer peut-être mais il n'arrivait pas à la cheville de ceux qui étaient rassemblés autour de lui.

Il y avait tout d'abord Acturius, le plus valeureux d'entre tous, adossé à un arbre. Il était l'un des quatre Protecteurs de l'Aire en exercice. Ce titre prestigieux était accordé aux chefs des quatre cohortes composant la garde personnelle du Duc. Les Protecteurs n’étaient pas désignés en fonction du nombre de quartiers qu'arborait leur blason ou grâce à la faveur injustifiée du haut Seigneur. Ils étaient sélectionnés parce qu’ils disposaient d’abord de toutes les aptitudes et techniques indispensables au combattant. Mais cela ne suffisait pas. Ils devaient ensuite présenter des qualités morales et personnelles particulièrement élevées et un charisme affirmé. Je vous envie Acturius, avait confié à voix basse le Roi des Fleurs au Duc, et je tenterais bien de m’attacher ses services si je n’avais qu’une chance sur un million qu’il accepte! Acturius était vêtu d'un tabard bleu et blanc, maculé de boue et de sang, par-dessus un haubert annulaire qui présentait les stigmates de nombreux coups. Il s'était débarrassé de son heaume à crinière et son grand bouclier gisait à ses pieds. Il avait le regard dans le vague, ses mains reposant sur la garde de son épée fichée dans le sol.

Non loin de lui, les frères Englaevius avaient oublié leurs querelles, se contentant de demeurer assis dos à dos sur un rocher. C'étaient des jumeaux. Ils se ressemblaient comme deux gouttes d'eau à un détail près. L'un était blond comme les blés, l'autre avait les cheveux aussi sombres que les ailes d'un corbeau. Mais leurs yeux étaient d’un vert si lumineux qu'il affadissait l’éclat des émeraudes serties sur la tiare de la Déesse Sylvestre dans son temple consacré. Ils étaient tellement indisciplinés et rebelles à toute autorité qu'ils devaient leur statut dans l'ost ducale, au-delà de leurs exceptionnelles qualités, à leur mère, qui se trouvait être également la soeur cadette du Duc. S'ils se disputaient continuellement pour un rien, ils étaient inséparables au combat, marchant côte à côte, la gémellité leur assurant une symbiose particulièrement efficace dans les corps à corps.

L'archer sourit quand son regard se posa sur la grande carcasse de Hangus, l'imposant guerrier qui reprenait difficilement son souffle en ahanant bruyamment. Hangus était une force de la nature de plus de six pieds et presque aussi large que haut. L’unique arme de ce véritable colosse était un impressionnant marteau qu'il maniait à deux mains en larges moulinets. Ce marteau pesait un tel poids qu'ils étaient peu à réussir à le soulever, sans parler de l'armer correctement comme les règles de son art l'exigeaient. Mais quand Hangus s'en saisissait, il dansait alors un ballet mortel et les rangs des ennemis s'ouvraient comme par enchantement devant lui. Hangus était surnommé le Fléau du Faucon et de nombreuses légendes couraient sur son compte. Sa trogne rougeaude était sans grande beauté mais n'était pas dépourvue d'une certaine noblesse. Il nouait ses cheveux rouges en deux longues tresses qui descendaient sur son torse, à l'ancienne mode. Il portait un grand tablier de cuir tanné par-dessus ses mailles, à la manière des forgerons et une épaisse pièce de même matière était fixée sur son épaule pour recevoir le long manche en bois durci du marteau. Lent à réfléchir et peu loquace, Hangus laissait souvent parler les autres sans intervenir. Il était là parce qu'il avait suivi un ami. Son seul véritable ami. Car Hangus avait un secret. Il prisait par dessus tout la musique. Son âme, que beaucoup croyaient vile et grossière à l'image de son corps, s'élevait alors sans effort vers des sphères éthérées où elle resplendissait, plus brillante que l'Etoile du Matin.

Son ami avait les yeux fermés, semblant écouter une voix intérieure. Une sorte de grâce embellissait son visage qui irradiait une maîtrise de soi incomparable. Il ne paraissait pas plus fatigué que Vak, sa poitrine se soulevant à peine. Il était assis en tailleur dans l'herbe scintillant de rosée, une longue épée posée sur ses jambes croisées. Il paraissait jeune. Il semblait que la douceur de l'adolescence n'avait pas fui depuis très longtemps ses traits. Rien n’était moins vrai. De nombreux printemps étaient passés depuis sa naissance dans une petite maison forestière du duché. Lui préférait compter les automnes car les printemps lui rappelaient de trop mauvais souvenirs. Ce genre de souvenirs que l'on tente de noyer dans le vin noir, verre après verre, sans jamais y parvenir tout à fait, comme dans ces cauchemars sans fin, parce que l'oubli n'est pas un bien bon marché. Il s'appelait Tomas et sa vie comptait peu à ses yeux. Quelque chose en lui était mort et froid.

Il était un redoutable bretteur, un maître d'escrime à la fois admiré et craint. Il triomphait dans tous les concours où s'affrontaient les Champions, qu'ils soient au Duc ou au Roi des Fleurs. Ses bottes irrésistibles et ses gardes hermétiques étaient étudiées et copiées mais il en inventait toujours de nouvelles qui plongeaient ses adversaires dans la perplexité et les réduisaient à l’impuissance. Ses détracteurs murmuraient qu'un étrange abandon l'habitait durant les assauts, comme s'il se désintéressait de ce qui pourrait lui arriver, qu'il s'en moquait prodigieusement, devenant presque une machine sans âme. Une machine à tuer.

D'un bout à l'autre de l'année, il s'habillait aux couleurs fanées de l'automne. Les ocres, les roux et les verts sombres se mêlaient sur ses vêtements en un camaïeu déconcertant. Sur le champ de bataille, les ennemis les plus irréductibles reculaient quand il se dressait devant eux. Peut-être était-ce dû à ce regard vide où aucune émotion ne filtrait jamais. Peut-être était-ce dû au caractère méthodique et inéluctable de ses attaques qu'aucune parade ne semblait être en mesure d'enrayer. Oui, sans doute. Mais personne n'a jamais osé avouer ce qu'il a vu durant un bref instant. Ceux qui le pourraient sont ceux qui ont tourné les talons pour échapper au sort funeste qui leur tendait les bras. Mais ceux-là seront empêchés par la honte qui pèsera sur leurs cordes vocales pour le reste de leur vie. Les autres, trop fous ou trop ignorants pour tourner casaque, sont tombés morts à ses pieds. Aucun n'en a réchappé. Qui ajouterait le ridicule à la couardise en racontant à ses camarades qu'il avait vu... oui... qu'il avait vu marcher aux côtés de cet adversaire invincible, une grande ombre vêtue d'un long drap obscur ? Une ombre immense dont la simple vue glaçait les sangs. Une ombre qui ricanait en vous regardant droit dans les yeux.

Mais Tomas n'était pas simplement un escrimeur hors pair. Il possédait un tout autre talent. Il portait, attachée à son épaule par un cordon de soie tressée, une petite lyre à six cordes. C'était là son bien le plus précieux. Le bois en était si patiné qu'il brillait comme un miroir. L'instrument n'était pas le sien. En pleurant, il l'avait reçu d'autres mains mais il y tenait plus qu'à sa propre vie. Il avait appris à en jouer tout seul, dans le clos le plus secret d'une ancienne et impénétrable forêt. Il avait tout sacrifié pour en maîtriser tous les secrets. Il lui consacra plusieurs saisons, vivant comme un ermite dans une hutte sans confort. Ce sont les oiseaux qui lui apprirent qu’il avait terminé son apprentissage. Le jour où les rossignols mêlèrent toute la suave tristesse de leurs chants à la mélancolie inconsolable de Tomas. Revenu parmi les siens, il ne montra pas volontiers son talent de musicien. Rares furent ceux qui entendirent les mélodies empreintes d'une beauté froide et désespérée qu'il tissait inlassablement sur les cordes de sa lyre. Mais ceux-là ne les oublièrent jamais. Hangus fut l'un d'eux. Il se rapprocha de Tomas et bien qu'ils n'eussent rien en commun, une amitié naquit entre eux et un lien se forgea peu à peu pour devenir inaltérable.

Ainsi, ils étaient sept compagnons. Sept était un chiffre parfait.

Vak se retourna enfin.

"A partir de ce point, nous allons suivre une voie tracée à l'écart des routes des hommes. C’est une voie secrète et dangereuse. Vous pouvez encore décider de ne pas me suivre et rejoindre le Polémarque, là-bas, dans la Plaine des Fleurs. Il aura besoin de tous les bras disponibles! Si vous partez dès maintenant, vous aurez une chance d'être dans la ligne quand le Roi Sorcier lancera son assaut! Mais si vous me suivez, vous sortirez du temps des Hommes pendant plusieurs semaines!"

Les Fauconniers se consultèrent du regard et restèrent silencieux. Naturellement, Acturius se détacha du tronc d’arbre contre lequel il était adossé et s'avança vers Vak. Les autres n’émirent aucune objection. Aucune protestation. La voix du Protecteur s'éleva ferme et claire :

"Je parle au nom de mes compagnons. Nous avons fait une promesse à notre Duc. Nous allons honorer cette promesse. Nous allons vous accompagner, Seigneur, puisqu'il nous l'a demandé. La bataille du Polémarque n'est pas la nôtre. Il y aura d’autres batailles en d’autres lieux. Nos bras, en plus ou en moins, ne compteront pas pour celle qui se prépare dans la Plaine des Fleurs. Ordonnez et nous obéirons!"

Tomas pinça les cordes de sa lyre et deux accords légers tintèrent comme pour souligner les propos du Protecteur.

"C'est votre choix!" conclut Vak. "Etes-vous prêts à reprendre la course?"

Personne ne contredit ces propos.

"Alors, suivez-moi"

A partir de là, les jours succédèrent aux jours. Quand le risque d’être repéré eût suffisamment diminué, Lugnimius partit chasser. Il ramenait invariablement sur son épaule quand un cuissot de daim, quand quelques lièvres dodus ou quand des petits mammifères qui n’avaient pas détalé assez vite pour échapper à ses flèches. Il rattrapait ensuite la compagnie qui continuait sa progression vers le nord. Quand la nuit tombait, ils établissaient leur camp et essayaient de ne pas trop penser à leur sort en regardant la viande succulente rôtir doucement au-dessus d’un bon feu. Mais quand les étoiles s’allumaient au-dessus de leurs têtes, quand l’heure grise et bleue menaçait d’engloutir leurs pensées dans la nostalgie des jours anciens, Tomas jouait pour eux. Sa musique était apaisante et rafraîchissante comme un baume sur une plaie à vif. Une paix se répandait en eux et ils trouvaient plus facilement le court sommeil que leur autorisait le Phante.

Au bout du huitième jour, les couleurs devinrent plus diffuses et la lumière comme estompée, plus fade et plus froide. Les paysages changeaient subtilement. Lorsque Lugnimius tentait de regarder au loin, il était pris d’une sorte de vertige qui l’obligeait rapidement à détourner le regard. S’il persistait, une sensation désagréable de nausée emplissait sa gorge. L’impression était dérangeante. Pourtant rien ne semblait extraordinairement différent. Les arbres restaient des arbres. Les nuages, le soleil, les étoiles, tout était à sa place. Mais il ne pouvait s’empêcher de penser que cela n’était pas tout à fait pareil, sans jamais parvenir à l’expliquer. Les autres humains de la compagnie avaient ressenti les mêmes effets et en parlaient à voix basse, dans le dos du Phante qui poursuivait sa route imperturbablement.

Ils avaient pourtant tous noté de minuscules détails. Une diffraction incongrue de la lumière, comme si elle était tamisée par quelque cristal. Les étoiles qui clignotaient soudain sur un rythme étrange, presque à l’unisson. Des arbres qui dansaient mystérieusement sur l’horizon, apparaissant et disparaissant en séquences rapides. Des ombres fugitives qui passaient, insaisissables, à la périphérie de leur champ de vision, dans le coin extrême de leur pupille. Et bien d’autres manifestations à la fois étranges et insignifiantes. Mais tous ces phénomènes ne duraient pas suffisamment longtemps pour qu’ils puissent être décrits ou partagés.

(à suivre...)

M


  
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3 Commentaire Maedhros, exercice n°116, 1° partie - Narwa Roquen (Jeu 28 fev 2013 à 23:05)
       4 Créationnisme - Maedhros (Mer 6 mar 2013 à 15:39)


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