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 WA, exercice n°115, puisqu'il y aura une suite... Voir la page du message 
De : Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen
Date : Vendredi 21 decembre 2012 à 07:37:42
... que la suite soit! Tous ceux qui ont sur le feu un texte " à suivre" auront ici l'occasion d'ajouter un épisode. En aparté, je rappelle à Maedhros qu'il manque encore quelques pièces au puzzle 97, que je serais ravie de commenter si j'y voyais plus clair...
Pour ceux qui sont à jour, leur récompense sera de pouvoir écrire sur le thème de leur choix!
Vous avez jusqu'au jeudi 17 janvier, pour laisser aux migrants le temps de regagner leurs pénates, et aux festoyants celui de digérer leurs agapes!
Bonne fêtes à tous!
Narwa Roquen,dans les choux!


  
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Réponses à ce message :
Maedhros  Ecrire à Maedhros

2012-12-21 20:07:58 

 Façon puzzle...Détails
Il ne sera pas dit que j'aurais failli!

M

Ce message a été lu 3498 fois
Maedhros  Ecrire à Maedhros

2013-01-20 21:36:01 

 WA - Participation exercice n°115Détails
Bon, en retard mais pour me faire pardonner, j'ai instillé une once de la consigne du n°116.

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LES FOUDRES



Impassible, Ampélitien observe Fladnag. C’est son rival. Mieux. Son meilleur ennemi. Certes, il faut bien reconnaître que le port du masque d’ivoire lui procure un avantage non négligeable. Il a fort peu goûté la manoeuvre du Maître des Arcanes Solaires lors de la première épreuve qu’il aurait dû remporter. Le Pentathlon est un concours où la dissimulation, la stratégie et l’intelligence d’opportunité sont essentielles. Il faut éviter de terminer en tête, pour ne pas risquer un contrat de vie à durée déterminée. Il faut également se garder de terminer à la dernière place pour éviter, paradoxalement, de perdre la tête.

Le Gardien de la Porte laisse glisser son regard vers l’Arcane Céleste, étroitement entouré par plusieurs personnels du CIA vêtus comme à l’accoutumée d’habits fuligineux. Leurs plastrons noirs absorbent la lumière du jour sans aucune réverbération. Il note le fait qu’ils semblent avoir resserré leur dispositif. L’Arcane Céleste, plus blafard que jamais, se donne une certaine contenance mais Ampélitien n’a pas manqué de remarquer la fine ligne de transpiration qui glisse sur sa tempe. Quelque chose se prépare. Fladnag ? Celui-ci ne trahit aucune émotion particulière et n’a pas jeté le moindre regard vers la tribune céleste. Mais quelque chose se prépare.

Alors Ampélitien récite mentalement une courte et sombre incantation. Elle se détache de son esprit comme une vrille évanescente douée d’une vie propre. Invisible, elle s’élève gracieusement dans les airs. Certes, elle ne lui sera d’aucune aide, sur quelque plan que ce soit, matériel ou immatériel, dans le concours. D’ordre mineur, elle ne laisse aucune trace susceptible d’être détectée par le Choeur des Magiciens-Enquêteurs des Jeux Magiques. Si la force de son esprit et la maîtrise des sciences occultes du Gardien de la Porte sont nettement supérieures à celles de bon nombre de ses pairs, un Chorus Magicus parviendrait sans aucune difficulté à déceler la plus petite anomalie du champ éthérique qui baigne l’arène. La sanction en serait immédiate.

Les archers postés sur le pourtour de l’enceinte agiraient sans délai. Leurs flèches, aux pointes protégées par un sort de classe arcanique de toute agression éthérique, viendraient se ficher droit dans son coeur avant même que le Jugulateur n’ait fini pointer sur lui le drapeau noir strié de rouge désignant les tricheurs. Non. Il a assemblé avec le plus grand soin la poignée de phonèmes de puissance qui a donné naissance à cette subtile incantation. Aussi aérienne qu’une bulle de savon, elle est capable d’emmagasiner un nombre considérable de détails indiscernables à l’oeil nu, après les avoir dûment discriminés et organisés pour mettre en lumière les liens subtils qui, éventuellement, pourraient les unir. C’est une sorte de mémoire volatile qui rapportera à son maître, bien à l’abri dans sa gibecière, sa cargaison d’informations aussi sûrement que le meilleur des chiens de chasse. Suivant les ordres inscrits dans sa matrice primordiale, elle flottera sans jamais être repérée, grossissant au fur et à mesure qu’elle absorbera les mille et un petits riens qui composent le réel.

Le Grand Maître de la Maison des Ombres, tout aussi immobile qu’une statue faite d’ombre et d’ivoire, coule un autre de ses regards vers Karitessia, la Passion des Sensuelles. L’aurait-elle trahi ? Elle ne l’a pas averti de l’assaut de son ennemi juré pendant que leurs zombis se livraient un assaut mûrement et soigneusement préparé. Elle aurait pu lui adresser le signe convenu, ainsi qu’ils en avaient convenu derrière les rideaux de velours cramoisi hermétiquement fermés du lit à baldaquin, là-bas, dans le clos secret du Temple des Illusions et des Regrets.

Il tressaille à cette pensée. Sa peau se souvient encore des caresses que la Maîtresse des Sensuelles lui a prodiguées, à la fois douloureuses et terriblement excitantes. Il ne permet pas au souvenir de se déployer complètement, c’était intensément... délicieux. Cela ruinerait sa concentration. Ces sorcières n’ignorent rien des passions du corps et Karitessia commande les sorcières. La Mort et l’Amour font partie du même cercle. Ils ne sont « ni en haut, ni en bas », ainsi que le disent les apocryphes gravés sur les bas-reliefs d’une ancienne cité engloutie par les sables. Ampélitien aime Karitessea depuis longtemps, bien avant qu’ils n’occupent l’un et l’autre les fonctions directoriales de leurs Ordres.

Il revoit une jeune fille aux cheveux fous qui court dans la poussière du chemin devant lui en le narguant gentiment. Ils galopaient jusqu’au puits, situé à l’extrémité du gros bourg, où ils jouaient à des jeux plus tout à fait innocents. Chaque fois qu’il pense à elle, il revoit cette scène et cette fille rieuse. Et quand il revoit cette scène, il surprend toujours un autre adolescent qui la couve aussi des yeux. Le fils d’un médecin de quartier. Son meilleur ami. Et son rival dans la conquête du coeur de la jeune fille.

Non. Il s’en veut d’avoir gravement sous-estimé les ressources de Fladnag. Il a toujours considéré le Maître des Arcanes Solaires comme peu enclin à se donner du mal, à endurcir son corps et exercer ses muscles. Sa victoire contre Delphinos, le Maître de la Conque Marine, a été plus rapide que la plus pessimiste de ses prévisions. La Chimère du seigneur des Eaux n’a pas tenu longtemps devant le zombie du Maître des Eclairs. Ampélitien ne répètera pas deux fois la même erreur.

Les trompettes retentissent à nouveau. L’Arbiter s’avance sur le balcon qui surplombe l’arène. Il lève un bras, réclamant le silence. Dans son poing, il tient l’Athamé, le symbole de sa fonction. Le brouhaha des conversations et les innombrables appels des vendeurs ambulants tentant d’attirer l’attention des chalands s’éteignent progressivement. L’Arbiter savoure quelques secondes cette accalmie dans un océan d’émotions. Puis il prend la parole, veillant avec délectation à respecter une diction dont la précision et l’emphase rivalisent sans effort avec celles des plus grands ténors de la scène ou du barreau.

« Chers citoyennes et citoyens ! Après une première épreuve remportée brillamment par le Grand Maître des Arcanes Solaires... »

Une clameur immense salue ces paroles et magnanime, l’Arbiter consent à partager ce moment avec Fladnag en esquissant le début d’une courte révérence à son endroit. Il ne faut jamais prendre le public à rebrousse-poil, tel est le premier enseignement que doit apprendre tout impétrant au magistère d’Arbiter. L’arène couronne l’émeute, prévient un dicton populaire. Fladnag jouit d’une estime non négligeable et son Ordre est le plus respecté des cinq, sinon le plus aimé. Les preneurs de paris ne l’ont pas retenu parmi les favoris de l’épreuve des Lames et sa cote est élevée. Ceux qui ont osé parier sur lui ont encaissé une jolie plus-value dont une bonne partie a été immédiatement prélevée par les Décimators qui pullulent aux abords des caisses attendant, avec une impatience difficilement contenue, que les pièces changent de main.

Les Décimators, habillés entièrement de gris, forment une caste à part dans l’organisation sociale de l’Empire Céleste. Une confrérie à part et intouchable, incomprise et détestée. Certains vont jusqu’à prétendre que les Décimators sont des créatures à moitié humaines, conçues artificiellement dans des cuves aux eaux noires situées dans l’obscurité humide et glauque des souterrains les plus profonds de la Maison des Ombres. On raconte aussi qu’ils sont nourris exclusivement, jusqu’à leur sevrage, d’aliments magiquement assaisonnés d’arômes pécuniaires. Ils en sont à ce point imprégnés qu’ils consacrent le reste de leur existence à poursuivre inlassablement la moindre trace de transactions financières afin de ponctionner la part revenant au Trésor Céleste. Inutile d’essayer de leur soustraire le moindre écu, leur flair est infaillible et leur courroux impitoyable. En comparaison, les huissiers istréens eux-mêmes passent pour d’aimables philanthropes aux douces manières urbaines.

L’Arbiter poursuit :

« ... Il a ramassé les points décernés au vainqueur. Après application des différentes pondérations dûment validées par les Questeurs et les Juges, je vais vous donner lecture du classement à la fin de cette première épreuve. »

Le classement est un savant calcul basé d’abord sur le nombre de points attribués aux candidats en fonction de leur place à la fin des chaque épreuve. Dans celle des Lames, ils ont été classés selon la durée de survie de leur zombie. Ainsi, Fladnag, vainqueur, a reçu 50 points, Ampélitien 35 points, Karitessia 20 points, Delphinos 5 points et Hellégos, le premier à être éliminé, n’a obtenu aucun point. Ensuite, des majorations ou des minorations sont appliquées en fonction du vote des Juges et des Questeurs dans la limite du tiers de la moyenne résultant du total des points sur le nombre d’épreuves déjà réalisées. Puis des coefficients sont pris en compte selon la nature de l’épreuve et la qualité du Grand Maître. Ainsi, la première épreuve étant considérée comme le point fort de l’Empire des Sens, la note de sa représentante a reçu le plus petit coefficient. Au contraire, le plus fort coefficient a été attribué à Fladnag, ceux des autres participants s’étageant entre les deux. Enfin, l’Arbiter et l’Arcane Céleste répartissent discrétionnairement leurs cinq points entre les participants.

« Les Arcanes Solaires occupent la première place provisoire avec 55 points. Il précède la Maison des Ombres qui totalise 46 points. Ces deux Maisons se détachent nettement des autres ordres. Avec un score de 32 points, l’Empire des Sens accuse déjà un retard de 14 points sur la deuxième place. Puis, plus loin, la Grande Conque et la Maison d’Hellegos ferment la marche, avec respectivement 14 et 8 points. Mais rien n’est perdu. Le concours ne fait que commencer. Voyez, tout est prêt pour l’épreuve des Foudres dont les règles sont si simples que je suis confus de vous les rappeler.

Les cages vont être treuillées tout en haut des mâts auxquels elles sont fixées. Les cages mettront le temps que se vident douze clepsydres, pour rejoindre le sommet des pylônes et traverseront quatre niveaux différents. A chaque niveau correspond une métamorphose des créatures chaotiques enfermées dans les cages. Chaque transformation les rendra plus fortes, les dotant de pouvoirs supplémentaires, tant défensifs qu’offensifs. Elles deviendront capables de proférer des incantations de plus en plus dangereuses. Ne vous inquiétez nullement. Toutes les précautions sont prises pour éviter tout débordement éthérique. Un double Quatuor de Magiciens Protecteurs tisse une barrière infranchissable pour les créatures chaotiques. Seuls les avatars et les Grands Maîtres seront directement exposés.

Chaque avatar est muni d’un arc et d’un carquois garni de six flèches aux pointes creuses. Les Grands Maîtres pourront y loger un sort de classe chaotique qu’ils choisiront parmi ceux mis à leur disposition. Ne croyez surtout pas qu’il sera facile, pour les archers, de toucher les créatures chaotiques aux niveaux inférieurs ! Une Triade de Magiciens travaillera à perturber les conditions éthériques qui affecteront les trajectoires des flèches. Chaque fois que les cages franchiront un niveau, un magicien se retirera de la Triade. Cela signifie que la Triade aura été complètement dissoute lorsque les cages atteindront le quatrième et dernier niveau. Les Grands Maîtres ne pourront utiliser qu'un seul zombie au cours de cette épreuve. Le vainqueur sera celle ou celui qui parviendra à détruire le plus rapidement sa créature. J’ai dit. »

L’Arbiter se tait.

Ampélitien fait le vide dans son esprit et établit rapidement le lien. Sur le sable, derrière une ligne matérialisée par des cailloux blancs, Jahnam, le second de ses cinq zombies, s’éveille à la vie qui l’entoure. Son corps perd cette rigidité qui caractérise les zombies inhabités. Janham était un apprenti qui avait succombé lors du rituel du Portail de Feu, l’une des innombrables épreuves d’initiation qui parsèment le parcours des Officiants Noirs. Ampélitien connaissait un peu son histoire. Comme lui, il était le fils d’un forgeron. Comme lui, il avait été repéré par des rabatteurs qui lui avaient fait miroiter un extraordinaire destin. Dans les temples de la Mort, ses précepteurs avaient remarqué en lui de vraies potentialités mais les Puissances des Enfers en avaient décidé autrement. Son coeur s’était brutalement embrasé pendant qu’il franchissait le seuil immatériel où brûlait un brasier invisible. Les Thanatopracteurs s’étaient emparés de lui et avaient préparé son corps pour l’Insertion.

Le drapeau aux cinq couleurs est agité rapidement. C’est le signal du début de l’épreuve. A l’autre extrémité de l’arène, le grincement des chaines qui s’enroulent autour des axes des treuils vrille les tympans. Les cages s’élèvent lentement. Jahnam prélève une flèche dans le carquois et la positionne sur la corde de l’arc. Ampélitien se concentre. Il doit gérer trois plans différents. D’abord, le tir à l’arc nécessite une coordination sans faille du corps de sa marionnette. Ensuite, la formulation du sort requiert une fraction non négligeable de ses facultés magiques. Enfin, il lui faut lutter contre les effets visuels et balistiques de la désorientation éthérique tramée par la Triade. Malgré la puissance de son art et la qualité du lien qui l’unit à Jahnam, le Gardien de la Porte doit mobiliser toutes ses ressources mentales. Alors que la distance qui sépare les zombies des mâts ne dépasse pas les trois cent cinquante pas, elle lui semble beaucoup plus grande. Il aperçoit difficilement la cage déjà à hauteur d’homme et encore moins la minuscule silhouette qui l’habite. La cage tangue comme un bouchon de liège pris au milieu de remous. L’oeuvre de la Triade.

Le Grand Maître n’entend pas les vivats qui descendent des gradins où les partisans des différentes maisons arborent des tenues à leurs couleurs et rivalisent d’encouragements et de démonstrations bruyantes. Il retient sa respiration. Il a déjà logé un sort très puissant dans la partie creuse de la pointe de la flèche. Il ne peut s’en désintéresser totalement au risque de le voir se déliter rapidement. Jahnam tend lentement la corde. Loin, très loin devant lui, la cage danse sans qu’il soit possible d’anticiper ses balancements. Et entre son zombie et la cage, l’air lui-même est pris de convulsions comme au coeur de la fournaise du désert de l’Est. La corde est de plus en plus tendue.

Ampélitien attend. Sa concentration est telle que les sons extérieurs lui parviennent étouffés. Il entend à peine la rumeur déçue qui accompagne l’essai du zombie de Fladnag. Il tend toute sa volonté vers cette cible mouvante qui progresse lentement le long du mât. Il commence à percevoir de plus en plus nettement les piaillements de la créature enfermée. Ne faire qu’un avec la corde, la flèche et la cible. Il attend toujours. D’autres cris. Un autre échec. Il le sait car aucune trompette n’annonce un premier succès. La cage franchit le premier stade de son ascension. Elle semble moins tanguer. Un magicien a quitté la Triade. Cette absence diminue un peu la pression que subit le champ éthérique. Ampélitien attend encore. Les piaillements se muent en grondements plus graves pendant que la créature prend une consistance plus épaisse. Ses contours se précisent, laissant deviner poils, cornes et griffes. Un éclair fugace trace une trajectoire de feu à partir d’une des cages à gauche de son propre mât. Encore trop faible, il tombe trop court. Mais c’est un avertissement sans frais. Les créatures acquièrent d’autres pouvoirs et leur soif d’entropie n’a d’égale que leur haine des hommes. C’est le propre du Chaos.

Les deux doigts de Jahnam s'apprêtent à libérer la corde quand un tonnerre d’applaudissements éclate sur sa droite suspend son geste. Fladnag. Il ne l’a pas vu mais en son for intérieur, il sait déjà. Fladnag a réussi à toucher sa cible. De rage, Ampélitien manque de relâcher imprudemment son emprise sur le zombie. A quel jeu joue donc le Maître des Arcanes Solaires ? Décrocher la première place des deux premières épreuves est un schéma tactique très dangereux. Cela ne se voit pas souvent. C’est aussi rare que quatre jours successifs de beau temps durant un été anglais. Pour autant qu’il y ait encore etc...

Sur les huit occurrences qui se sont déjà produites, trois se sont conclues par la victoire finale de leur auteur. Ce qui n’est pas brillant. Le Gardien de la Porte se concentre à nouveau. La cage a presque atteint le troisième niveau. Quand le moment se présente, il est prêt. La corde se détend avec un claquement sec et la flèche file selon une trajectoire qui lui apparaît curieusement incurvée. Illusion d’optique. La cage et elle ont rendez-vous. C’est écrit. Alors qu’elles paraissaient encore diverger quelques dizaines de pas avant, elles finissent par se rejoindre juste à temps comme si c’était ce dernier et non l’espace qui avait commandé cette heureuse conjonction. Passant entre deux barreaux, la flèche se plante droit dans le corps déformé de la créature qui disparaît dans un noeud de pure énergie.

Les spectateurs lui font une ovation qui ébranle l’arène toute entière. Une lutte entre les Arcanes Solaires et la Porte Noire est toujours une garantie de spectacle et de rebondissements particulièrement épiques. Le masque d’ivoire se tourne vers les gradins, son regard aveugle balayant les rangées en délire. Puis, fiévreusement, il cherche Fladnag. Il le trouve enfin, tranquillement adossé à l’enceinte, les bras croisés, un sourire presque narquois aux lèvres. Ampélitien est de plus en plus convaincu que le Porteur de l’Eclair fomente quelque diablerie. Cela devient évident. Sans montrer son étonnement, le Gardien de la Porte lui lance un bref salut avant de retirer son zombie de la zone de compétition.

Les trois cages encore occupées parviennent au troisième niveau. Leurs créatures sont à présent parfaitement discernables. Leurs formes sont étrangères à toute tentative de description rationnelle. Elles offrent des visions d’horreur qui hantent l’inconscient de ceux qui les regardent. Chacun les voit sous un jour différent qui n’appartient qu’à lui. Pour certains elles prennent l’apparence de ce qui les épouvante dans les ténèbres, pour d’autres elles revêtent les traits de ce qui les dégoûte le plus. Elles se nourrissent des reflets les plus noirs des âmes humaines et s’en repaissent sans jamais en être rassasiées.

La représentante de la Maison d’Hellegos, une femme si mince qu’elle ressemble à une liane ondulante, réussit à son tour un coup au but. Des vivats s’élèvent des gradins mais un assesseur s’approche d’elle en toute hâte et lance un fanion à ses pieds. Un fanion rouge. Malencontreusement, un des pieds du zombie est posé du mauvais côté de la ligne de cailloux blancs. Lexus, trop absorbé par les préparatifs de son tir victorieux, n’a pas suffisamment veillé aux mouvements de sa Possédée.

L’un des effets collatéraux du Lien est qu’il réveille parfois des réflexes ataviques dans les membres du corps du trépassé. Des gestes inscrits dans les messages nerveux à l’instant du trépas et qui n’ont pu être accomplis. Généralement ils sont sans gravité et facilement maîtrisés par le Possesseur. Malheureusement pour Lexus, ce mouvement véniel est intervenu au plus mauvais moment. L’entorse au règlement est aussitôt sanctionnée. Plusieurs traits empennés de noir viennent se ficher, avec un bruit mat, dans la poitrine et le dos du zombie. Bien évidemment, ils ne peuvent tuer ce qui est déjà mort. Le sang ne s’échappe d’aucune des blessures mortelles. Mais, enduits de sorts arcaniques virulents, ils rompent sans ménagement le Lien et libèrent dans le corps du zombie des mantras carnivores.

Ampélitien voit Lexus grimacer de douleur sous la brûlure qui consume le Lien. La foule se tait devant le spectacle du zombie qui est littéralement écorché, pelé et dévoré par des milliers de bouches avides. Sa peau, ses chairs, ses muscles, ses tendons et ses cartilages sont goulûment grignotés et avalés par un essaim d’invisibles et microscopiques charognards. En un rien de temps, il ne reste du zombie qu’un squelette encore debout qui semble soudain s’apercevoir de l’incongruité de sa situation. Il se disloque alors d’un coup et ses os s’éparpillent sur le sable en une pluie d’ivoire.

Pour Lexus, la sentence signifie aussi qu’il sera certes, dernier de l’épreuve, mais qu’il fera désormais l’objet d’une étroite surveillance. Un second fanion rouge entraînera le sinistre fanion noir. La certitude de fouler plus rapidement que prévu la terrible planche. Une pression supplémentaire.

Pendant cet intermède, l’épreuve se poursuit. Une très belle et jeune sorcière évite de justesse un éclair de lumière blanche qui frappe le sol à l’endroit où elle se tenait l’instant d’avant. La blondeur de sa chevelure et ses formes adorablement sculptées font amèrement regretter son sort à bon nombre d’hommes, mariés ou non, à peine dissuadés par l’extrême pâleur de son visage où s’ouvrent des yeux vides et blancs. Les deux dernières cages frôlent le dernier niveau et les créatures du Chaos représentent à présent des dangers bien tangibles. Les monstres secouent les barreaux et poussent d’affreux hurlements comme si des milliers d’âmes damnées criaient ensemble leur souffrance et leur terreur.

La beauté d’outre-tombe n’a plus qu’une seule flèche à sa disposition tandis que non loin d’elle, une somptueuse Sirène, presque aussi belle que sa rivale malgré une longue chevelure bleue et des ouïes qui palpitent sur son cou, a encore deux flèches dans son carquois sans compter celle qui est posée sur la corde de son arc. La sorcière des Sens évite encore une boule de feu qui explose tout près mais déséquilibrée, elle lâche involontairement la corde et la flèche dessine une vaine parabole dans le ciel.

La Sirène lui accorde un seul regard, symétrique à celui de Delphinos qui a également tourné son attention une infime seconde vers la sorcière. La créature du Chaos n’a pas besoin de plus de temps. Un lanière de fouet sanglante se déploie depuis sa cage et vient cingler violemment la Sirène. Son corps est parcouru de tremblements dont l'intensité augmente rapidement. Bientôt, elle semble rayonner comme si une ardente lumière intérieure bouillonnait en elle. Puis cette lumière jaillit de sa bouche ouverte, de ses yeux sans cornée, de ses oreilles et de l’extrémité de ses doigts palmés. Elle est si puissante qu’elle en paraît solide. Dans les cheveux de la malheureuse, dressés tout droit au-dessus de sa tête, crépite une myriade de feux de Saint-Elme. La lumière l’enveloppe bientôt dans un linceul scintillant qui la cache peu à peu aux regards médusés. La Sirène disparaît, engloutie dans un éblouissant halo d’énergie miroitante. Quand la magie du Chaos se dissipe enfin, il n’y a plus rien. Plus la moindre trace de la représentante de la Grande Conque.

L’épreuve des Foudres est terminée.

M

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Maedhros  Ecrire à Maedhros

2013-01-21 16:53:50 

 Cela fait très pro...Détails
mais c'est destiné à aider si possible le lecteur à ne pas se noyer dans l'histoire. Voici donc le glossaire de X-Bride :

Les personnages :

- Ampélitien : maître de la Maison des Ombres. Egalement appelé le Gardien de la Porte, il est vêtu d’une robe noire, couleur de l’Ordre, sans signe distinctif. Il porte un masque d’ivoire et tient une serpe d’argent.

- Arbiter : arbitre officiel des Jeux Magiques, il possède l’Athamé, l’épée cérémonielle.

- Arcane Céleste : également appelé le Maître des Loges. Il est le vainqueur du Pentathlon Magique qui lui accorde, pour 10 années, un prestige inégalable, une richesse inépuisable et un pouvoir exorbitant. Passé ce délai, il connaît une fin brutale lors de la cérémonie de clôture des Jeux Magiques.

- Azatcheer : princesse d’Orient, fille du Calife des Nuages d’Or. Amoureuse de Cepreval. Elancée et longs cheveux noirs.

- Cepreval : chevalier en quête de la coupe Sacrée. Longtemps prisonnier en Orient du Calife des Nuages d’Or, il s’en est échappé en emportant la coupe Sacrée. Comme tous les chevaliers, un anneau d’or est glissé à son annulaire.

- Colophon : maître et précepteur du Seigneur Colorado.

- Colorado : seigneur Lunaire. Il possède l’étude réalisée par le chercheur sur les données topographiques des routes tracées par les Cantonniers.

- Delphinos : maître de la Grande Conque Marine, appelé aussi Premier Timonier. C’est un géant aux cheveux, aux yeux et à la tunique bleu marine. Son arme est le trident de nacre, symbole de la Maison Marine.

- Fladnag : grand Maître de l’Ordre des Arcanes solaires. le plus respecté des cinq Ordres Fondamentaux. Détenteur du Fulgur, un éclair stylisé doré à l’or fin.

- Janham : créature zombie d’Ampélitien.

- Jeune tambour : esprit familier de Fladnag. Minuscule, il a les yeux rieurs, les joues rebondies, les pieds caprins et une toison rebelle. Il porte un petit calot rouge.

- Jugulateur : officiel des jeux magiques, en charge de sanctionner les participants des jeux magiques ayant récolté un fanion rouge pour manquement grave à la règle des épreuves. Il abaisse un fanion noir strié de rouge qui ordonne aux archers de décocher leurs flèches sur le contrevenant.

- Karitessia : passion de l’Empire des Sens. Femme aux formes sculpturales et aux yeux myosotis. Elle n’a pas d’arme. Seul un anneau d’or serti de rubis est passé à son doigt, signe de son Ordre.

- Lexus : grand maître de la Maison d’Hellogos. Elancé, teint pâle, yeux et crinière émeraude, comme sa tunique. Il tient un bâton de bouleau sacré, signe distinctif de son ordre.

- Lioshé : créature zombie de Fladnag.

- MacIntosh : magicien qui regarde tomber les pommes, devinant que quelque chose d’essentiel s’y cache. Le plus dur, aurait-il dit, étant de s’en souvenir.

- Mirnel : le magicien un peu barré qui possède un chat, tant est qu’on puisse utiliser cette forme de possession, et une cohorte de petits homoncules. Pas trop doué. Habite dans une tour au-dessus d’un étang.

- Sullen : épouse de Sylvio Kerouac. C’est une Télépatéticienne.

- Sylvio Kerouac : conducteur du Clan des Vagabonds des Limbes

Les Lieux

- Archipel du Morient : grandes îles situées à l’est de l’ïle-Continent. Sur la côte ouest est Caireel, grand complexe portuaire. Sur la côte sud-est, moins hospitalière, est situé Ascat, petit port de marchandises.

- Carrefour de Cantonniers : cérémonie exceptionnelle qui a lieu lorsque les voies ferrées de deux Clans de cantonniers se croisent.

- Comptoirs du Ponant : compagnie maritime.

- Etrier du Carrefour : table de cérémonie où se réunissent les 2 clans de cantonniers lors d’un Carrefour (voir carrefour des cantonniers).

- Île-continent : la terre où se déroule l’histoire. Une sorte de continent.

- Orient : ensemble d’îles situées à l’est de l’île-continent où aurait disparu une coupe sacrée. La légende veut qu’y vivent des femmes de grande beauté dans des palais gardés par des hommes qui n’en sont plus. Des oiseaux humains y sont prisonniers et leur chant rend fous ceux qui les écoutent. Les chevaliers se rendent en Orient pour leur quête mais disparaissent dans l’obscurité des palais aux mille tentations.

-Pentagone Souterrain : université de la Magie.

- Port Céleste : grand port de l’Ile-Continent.

- Royaumes Lointains ou royaumes de l’Ouest : patrie des enfants de la Lune. Les routes d’accès sont fermées à tout autre navire que leurs vaisseaux blancs aux voiles bleues. Aucun humain ne peut y survivre.

Les objets

-Astrobale : instrument servant au chef d’un clan cantonnier à déterminer la route que doit suivre son clan. En son centre, un nomogramme rappelle le code génétique du conducteur. Il obéit à des balises célestes que seul le conducteur peut voir.

- Athamé : épée de céréùonie brandie par l’Arbiter.

- Coupe sacrée : quête pour les chevaliers. Elle aurait contenu une substance miraculeuse.

- Rekisteri : grand registre tenu dans les villes où s’arrêtent les cantonniers. Ceux-ci y consignent les évènements qu’ils veulent signalés. Des messages ou des avertissements destinés aux autres clans sont cryptés grâce au chiffre Cantonnier.

Les peuples ou les castes

- Arcanes Solaires : avec l’Ordre Noir, le plus ancien des 5 ordres ou loges occultes. Ses annales remontent jusqu’aux Temps Ensevelis après les Grandes Convulsions. Son grand maître est Fladnag.

- Cantonniers : peuple nomade aux origines indéterminées, comptant une centaine de clans. Ils descendraient des «Gens du Voyage» (tribus légendaires). Altruistes, pacifiques, ne se mêlant jamais des affaires des autres, ils ne savent ni lire ni écrire. Leur savoir se transmet oralement. Chaque clan est composé de deux à trois familles et comprend entre trente et cinquante caravanes et fourgons transportant leur matériel. Ils construisent des voies ferrées éphémères. Ils redoutent que le Ciel leur tombe sur la tête. Les Lunaires les appellent aussi les Céphéides.

- Céphéides : nom donné par les Lunaires aux Cantonniers, rappelant les étoiles brillant de façon singulière. Selon les lunaires, les Astrolabes des Conducteurs seraient étalonnés sur des configurations de Céphéides bien définies régissant des routes terrestres prédéterminées.

- Conducteur : chef d’un clan de cantonniers. Il épouse toujours une télépatéticienne (voir cette entrée).

- Contingent d’intervention Arcanique (CIA) : garde prétorienne chargée de la sécurité de l’Arcane Céleste et de ne lui permettre aucune évasion.

- Enfants de la Lune (ou lunaires ) : habitants des Royaumes de l’Ouest de haute taille et très longilignes (cette morphologie serait due à l’attraction de la Lune). Ils sont appelés aussi les Rossignols Humains pour la tessiture de leurs voix et de leurs chants. Ils sont polis et courtois, cultivés et puissants.

- Décimators : les agents chargés de recouvrer les impôts et les taxes levés par l’administration céleste pour renflouer le Trésor céleste. Certains les soupçonnent de ne pas être tout à fait humains. Se vouant à leur mission comme à un sacerdoce, ils ont une grande appétence pour toute transaction financière. Leur flair est aussi infaillible que leur courroux est impitoyable. En comparaison, les huissiers istréens passeraient pour des parangons de bonnes manières.

- Huissiers istriens : originaires de la péninsule d’Istrie, ils sont chargés par les détenteurs de créances impayées, de les recouvrer par tous les moyens. Leurs procédures sont extrêmement brutales.

- Ordres Occultes : il y en a cinq : les Arcanes Solaires, l’Empire des Sens, la Maison d’Hellogos, la Maison des Ombres et la Grande Conque Marine.

- Thanatopracteurs : officiants au sein des Ordres chargés de préparer les corps des postulants qui perdent la vie au cours des épreuves initiatiques pour l’Insertion (voir Lien).

- Télépatéticienne : femme cantonnier qui possède le Don. Dans les bras d’amants de passage, son corps entre en résonance avec l’Ether, lui permettant d’établir une communication avec d’autres consoeurs également en transe. Cette communion est appelée la Toile des Sens qui est un lieu d’échange d’informations. La Télépatéticienne est toujours l’épouse du Conducteur.

- Tubalcains : forgerons cantonniers.

Le bestiaire :

- Dromadestrier : animal mi-cheval mi-dromadaire. Acclimaté à l’île-continent, il possède de solides pattes, un large poitrail et une assise très stable. Il peut supporter aisément et sur de longues distances son cavalier.

- Dragonne : animal fabuleux venu du fin fond de l’espace pour se reproduire.

Les évènements :

-Dessein des cantonniers : un chercheur a découvert que les routes des cantonniers dessinaient un système solaire composé de huit planètes tournant autour d’un double soleil, au milieu de plusieurs constellations (le Cygne, reconnaissable à la Croix du Nord, l’Aigle, le Serpentaire et le Dragon avec les trois étoiles de son coeur). On pense qu’un message secret se cache dans les trajectoires que dessinent les routes, annonciateur d’un grand événement.

- Grandes Convulsions : période très reculée de guerres et de catastrophes naturelles qui a été suivie par les Temps ensevelis, où ont régné des profondes ténèbres.

- Lien : force éthérique qui impose la volonté d’un maître à sa créature ou à un zombi. Il est précédé par l’incantation de l’éveil.

- Jeux magiques (les) : jeux annuels où se décident habituellement des promotions accordées aux apprentis magiciens ou aux magiciens confirmés. Dix Juges comptent les victoires et les défaites, décident des appels formés par des concurrents s’estimant lésés et appliquent un barème de sanctions lorsque des entorses au règlement sont constatées. Tous les 10 ans, le Pentathlon magique est inscrit au programme pour consacrer le nouvel Arcane Céleste.

- Pentathlon : dernière épreuve des Jeux Magiques décennaux. Les maîtres des cinq Loges Occultes y participent. Le Pentathlon est composé de 5 disciplines : les Lames, les Foudres, les Vagues, les Cavaliers et les Embûches. Des questeurs et 10 Juges en surveillent le déroulement. Ils avertissent (drapeau jaune) ou éliminent (drapeau rouge). Le vainqueur est couronné Arcane Céleste et le dernier est décapité sur le champ.

- Ramage : cérémonie rituelle consacrant l’émancipation d’un Enfant de la Lune.

Divers

- Lingua Nostrum : langue véhiculaire.


Ce glossaire devrait être appelé à s'enrichir de nouveaux ajouts.

Bon courage.

M

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Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen

2013-01-21 23:53:40 

 WA, exercice n°115, participationDétails
LE DRAGON DES CZERNIKS (6)





J’étais montée en croupe derrière Alexeï. J’étais moins lourde que lui, et cela soulageait un peu le rein de Nadievna. Mais au sommet de chaque colline que nous franchissions, quand nous regardions en arrière, nous voyions avec horreur le long ruban des troupes du roi Thornterrien se dérouler dans la plaine, soulevant un terrible serpent de poussière qui se tordait jusqu’à l’horizon. Combien étaient-ils ? Comment le roi Ivan avait-il pu si vite rassembler autant d’hommes ? Et que se passerait-il quand ils franchiraient la frontière ? Mon peuple vivait en paix, et rien ne le préparait à une attaque soudaine. Devions-nous regagner la Svetlaquie, sachant que la mort qui nous pourchassait s’abattrait cruellement sur un peuple sans défense ? Et pour aller où ? Regagner le palais où nous serions accueillis par les partisans de Marishka, trop contents d’abréger nos jours si nous avions pu échapper à nos poursuivants ?
« Ils... sont toujours là... », soupirai-je.
- « Je connais mon père. Il crèvera son armée, mais il ne lâchera pas prise. Il nous traquera jusqu’en enfer !
- Il faut l’arrêter avant la frontière ! Mon peuple ne s’attend pas à une guerre. Je ne veux pas que des innocents meurent à cause de moi ! »
Aliocha se tourna vers moi et me caressa la joue.
« Alors nous mourrons tous les deux. Mais sache que je n’ai aucun regret. Grâce à toi, je sais qui je suis. Et te rencontrer a été la plus belle chose que...
- Hem hem », toussota Nadievna, «le moment est mal choisi pour faire des phrases. Nos ennemis nous rattrapent. Il m’est venu une idée... Cela ne sera pas sans risque, mais de toute façon...
- Nous n’avons plus rien à perdre, n’est-ce pas ? Conduis-nous, Nadievna. Peut-être que le Donateur nous aura en miséricorde. »
Au lieu de continuer vers le sud, la jument obliqua vers l’ouest. Bientôt elle quitta la route principale pour emprunter un petit chemin sur la gauche. Je sentais ses muscles tétanisés par l’effort, et si j’étais restée la jeune fille innocente que j’avais été jusqu’à mon départ du château, j’en aurais pleuré. Mais tant de choses m’étaient advenues en un peu plus d’un an que mon enfance me semblait lointaine d’un millénaire, et je savais que je devais garder mon esprit clair et ma force vive sans m’apitoyer sur personne.
La jument s’arrêta devant un bosquet noir. Noir, non, il était vert. Mais d’un vert tellement sombre et lugubre qu’on aurait dû l’appeler noir.
« Le Bois Maudit ! », s’écria Alexeï. « Il ne faut pas y pénétrer, nous n’en ressortirions pas vivants !
- Les autres non plus ! Aliocha, tu es un puissant sorcier. Tu peux peut-être combattre le maléfice. Et alors ce bois deviendrait un piège mortel pour nos ennemis. Mais... Je comprendrais que tu refuses. Ton père est parmi eux. »
Aliocha secoua la tête.
« Le roi Ivan a donné sa semence à ma mère, et c’est bien tout ce qu’il a fait pour moi. La pauvre femme s’est donné la mort pour me libérer, pour que je puisse quitter Thornia sans que rien ne me retienne. Elle a toujours condamné l’ambition démesurée, la soif de pouvoir et la cruauté sans scrupules de mon géniteur. Cet homme est peut-être mon père, mais je ne suis pas son fils. Viens, je suis prêt à affronter tous les démons de ce monde s’ils peuvent nous délivrer de cet être malfaisant.
- Vous deux, cachez-vous de l’autre côté », murmurai-je à Nadievna et à Hari en mettant pied à terre. « Et si vous connaissez des prières efficaces, c’est le moment de vous en souvenir. »
Alexeï prit ma main et nous pénétrâmes dans l’épaisseur du boqueteau. Aucun sentier n’y était tracé. Entre les arbres au tronc noirci, les ronces s’emmêlaient en un réseau serré, toile d’araignée griffante qui entravait nos pas, retenait nos manches et écorchait nos visages. Nous avancions pourtant d’un même pas, comme si une force irrésistible nous entraînait au coeur de cet horrible lieu. Il y avait la volonté de survivre, certes, mais quand j’y repense aujourd’hui... Le temps a rongé mes forces, et je ne quitte plus guère le coin du feu, où je tricote inlassablement de bonnes vestes chaudes pour mes arrière-petits enfants. Le crépitement du bois accompagne le cliquetis de mes aiguilles. J’apprivoise la douleur de mes doigts fatigués en pensant aux rires joyeux de ces enfants insouciants... Où en étais-je ? Ah oui. La volonté de survivre. Mais il y avait aussi autre chose, de bien plus fort, de bien plus sublime, de bien plus extraordinaire. Je crois que nous ressentions tous les deux que le Destin nous avait choisis pour être ses instruments. Nous étions inexorablement appelés, peut-être par le Donateur lui-même... Une impérieuse volonté surhumaine à laquelle personne n’aurait pu se soustraire...
Nous échangeâmes un regard aussi déterminé qu’inquiet. Nos pas étaient bruyants, mais alentour régnait un silence absolu. Pas un oiseau, pas un insecte, nous étions les seuls êtres vivants dans cette végétation hostile qui semblait s’être refermée sur elle-même. Je pense qu’Aliocha eut la même pensée que moi.
« C’est vers notre mort que nous marchons. Affrontons-la dignement. Au moins nos ennemis n’en tireront-ils aucune gloire. »
Sa main se fit plus ferme sur la mienne, et je lui rendis son étreinte. La vie comporte bien des mystères. Parfois, même l’être le moins téméraire peut se comporter en héros. Quand le danger est le seul choix possible, alors la peur n’a plus aucune prise. Elle bat en retraite, guettant des proies plus faciles. Je m’attendais à tout moment à ce que la mort nous prenne, et je continuais à marcher, tous mes sens en éveil, le coeur en paix et l’âme résolue. J’avais accepté le pire pour risquer le meilleur. Je n’avais même pas d’espoir. Je n’étais plus qu’action.



Nous débouchâmes dans une clairière obscure. La frondaison était si épaisse que la lumière du jour ne pouvait la pénétrer. Le sol était jonché de feuilles mortes, tellement anciennes qu’elles étaient réduites en poussière. Autour de nous se dressaient des broussailles inextricables, qui s’étaient refermées sur notre passage. En regardant bien, je reconnus des frênes, des hêtres et des chênes. Mais leur tronc avait la couleur de l’ébène, et leur feuillage était sombre comme la nuit. Un autre détail me frappa : la clairière était parfaitement ronde. Et je distinguai quatre bancs de pierre, incurvés, équidistants, et eux aussi noircis d’une étrange manière. On se serait cru dans la chapelle d’une divinité maléfique. L’air était pesant, morbide, malsain. Je me mis à frissonner. Alexeï m’entraîna au centre du cercle, et d’une voix claire, invoqua :
« Je suis Alexeï de Thornterre, fils d’Ivan. Je n’ai pas de haine et pas de colère. Le roi Ivan, mon père, veut me contraindre à utiliser mes pouvoirs de sorcier pour soumettre le monde à son ambition cruelle. J’implore l’aide du Bois Noir ! »
Je n’avais rien prémédité, mais de ma bouche s’envola une exhortation frémissante.
« Je suis Sonia Svetlakov, fille du roi Igor. Ma soeur Marishka a fait assassiner ma famille pour usurper le trône de Svetlaquie, et elle se conduit en despote injuste. Au nom de mon peuple opprimé, j’implore l’aide du Bois Noir ! »
Un vent glacé balaya nos visages, faisant perler à nos paupières des larmes de souffrance. Un cri sinistre nous pétrifia. Ce cri... Je connaissais ce timbre, je l’aurais reconnu entre mille. Eberluée, je murmurai :
« Golgotch ? »
Le silence se referma sur nous, profond comme un abîme. Puis une voix grave s’éleva dans l’obscurité.
« C’est ici qu’ils m’ont assassiné, petite fille. Ici qu’ils ont pris ma vie par traîtrise, pour me rendre malgré moi complice de leurs crimes odieux. Quelle miséricorde venez-vous chercher auprès de moi, pauvres enfants fous ? Je suis mort ! Je suis mort dans d’atroces souffrances, en maudissant cette race abjecte qui me privait de ma femelle et de l’avenir de son oeuf...
- Il s’appelle Soxtiotch. C’est un magnifique dragon bleu. Il n’a pas son pareil pour pirouetter dans le ciel, il adore nager et plonger, et c’est un chasseur très habile. »
Ma voix se perdit dans le silence, tandis que le souvenir du dragonnet dessinait un sourire sur mes lèvres exsangues.
« Comment le sais-tu ?
- J’ai... J’ai vécu avec Xetiakh pendant un an. J’ai assisté à l’éclosion. J’ai aidé à le soigner et à le nourrir, j’ai joué avec lui, je l’ai accompagné souvent quand il a commencé à voler. Xetiakh et moi nous lui avons raconté tes batailles et tes exploits. Il n’a qu’une idée en tête, c’est de voler dans ton sillage et d’égaler ta bravoure. Et... peut-être que je dis ça parce que c’est mon ami... mais je suis sûre qu’il y parviendra.
- Soxtiotch, hein ? Ca commence comme Sonia. Alors il t’a choisie comme amie... Et Xetiakh ? Comment va-t-elle ?
- Elle va bien. Son coeur n’a jamais guéri de ta perte. Mais elle est toujours brave, généreuse et loyale. Tu peux être fier de tous les deux. »
Un grand soupir fit frémir les feuillages. Puis la voix redevint sévère.
« Toi, prince de Thornterre, c’est ton père qui m’a fait assassiner ! »
Aliocha baissa la tête.
« En toute franchise, je ne le savais pas. Mais peux-tu me croire si je te dis que cela ne m’étonne même pas ? Je n’aurais pas voulu de ce père-là si j’avais pu choisir. Il a répandu le malheur autour de lui, il a conduit ma mère chérie à la mort et maintenant je suis sûr qu’il préfèrerait me tuer de sa main plutôt que de me voir lui échapper. C’est ainsi. Je comprends ta colère, elle est juste. Si prendre ma vie peut la satisfaire et sauver Sonia, j’accepte avec joie. Mais par le Donateur, il ne serait pas équitable que je meure et que mon père survive. Même dépouillé de ses pouvoirs de sorcier, il peut encore provoquer mort et souffrance. Les hommes de Thornterre n’ont pas mérité cela, et ceux de Svetlaquie non plus !
- Hum... Son Altesse est bien généreuse... Crois-tu qu’un beau discours suffira à m’attendrir ? Je n’ai que trop fait confiance aux humains ! Xetiakh venait de pondre, elle était fatiguée, et j’ai quitté les Czerniks à la recherche de gibier. De loin j’ai aperçu un troupeau de moutons dans la plaine, près de ce bois. J’aurais dû me méfier, cette terre n’a jamais été un pâturage ! Mais ma femelle avait faim, j’avais hâte de retourner près d’elle, et fou que j’étais, je me croyais invincible ! J’ai tué deux moutons, pour elle et pour moi, et c’est alors que j’ai entendu un appel au secours qui venait du bois. En ce temps-là, on l’appelait le Bois des Amoureux, car tous les amants venaient s’y jurer fidélité éternelle, et les arbres bienveillants bénissaient leur union. De larges chemins menaient à son coeur, et sur les bancs de pierre blanche, dans la lumière pure de la clairière ronde, les jeunes gens s’embrassaient éperdument pour sceller leur pacte d’amour... Hélas ! Ils étaient cinquante guerriers, recouverts d’une armure noire portant le blason à la ronce. Je voulus m’envoler, mais la magie de ton père avait refermé le toit de la clairière par d’immenses ronces inextricables, transformant ce lieu d’amour en un lugubre tombeau. Devant leurs épées dressées, j’ai soufflé le feu. J’en ai tué quarante, dont les âmes maudites brûlent encore dans les flammes de l’enfer. Mais deux d’entre eux ont transpercé mon ventre fragile. Leurs épées étaient empoisonnées. Je suis tombé, en pensant à Xetiakh qui m’attendrait en vain. J’ai souffert le martyre, terrassé de douleurs térébrantes, pendant de longues heures, incapable même de bouger une seule griffe pour écorcher mes assassins ! Ils ont contemplé mon agonie interminable en chantant et en plaisantant. Ils n’ont même pas eu la compassion de m’achever pour abréger mon calvaire ! Et moi, Golgotch le Magnifique, j’ai pleuré. Non pas sur moi... J’ai pleuré sur ma douce femelle injustement abandonnée, j’ai pleuré sur notre oeuf orphelin qui ne verrait peut-être jamais le jour... et je les ai maudits, tous, et j’ai maudit ce lieu de torture et j’ai imploré le Donateur pour que la race humaine me paye au centuple ces larmes de désespoir !
Ce n’est que lorsque j’eus enfin rendu mon dernier souffle qu’ils osèrent me trancher le cou, sans doute pour faire accroire qu’ils m’avaient vaincu en un combat loyal ! Puis ils m’ont évidé comme une vulgaire volaille, et ils ont utilisé ma dépouille profanée pour leur sinistre mascarade. Et les humains stupides qui ont assisté à cette terrible nuit dans le château des Svetlakov ont cru sans sourciller que cela était possible ! Ils ont cru que Golgotch le Magnifique, soutien indéfectible de la Svetlaquie, avait assassiné Igor, et sa femme, et son fils ! Comment aurais-je pu rejoindre les Prairies Sacrées quand on avait à ce point bafoué mon honneur, et quand des hommes que je tenais pour mes amis n’émettaient pas un seul doute quant à ma soi-disant cruauté ? Oui, mon âme était furieuse. Mais plus encore, c’était le chagrin qui me terrassait. L’honneur est une vertu capitale. Mais j’aurais donné mille fois mon honneur pour secourir ma femelle, pour assurer son bonheur et sa sécurité ! Je suis revenu dans ce bois, fantôme immatériel mais doué de pouvoirs magiques. Les arbres ont pris mon parti, et m’ont aidé à faire de ce lieu un piège mortel. J’ai vu périr ici maint jeune homme prétentieux qui se targuait de bravoure et venait chercher les trompettes de la gloire. Ils sont tous morts à genoux, implorant ma clémence et gémissant comme des nouveaux-nés en appelant leur mère ! Stupides, vils, fanfarons, voilà ce que sont les humains !
- Dis-moi les noms de ceux qui t’ont assassiné.
- Et que crois-tu faire, petite fille ? Le moindre soudard agonisant te désarmerait d’un revers de main. Ton coeur est généreux, mais tu ne sais pas te battre, et ce n’est pas dans ta nature !
- Si tu m’en laisses le temps, je le ferai.
- Tu négocies ta vie ?
- Je ne veux la vie sauve que pour elle. Mais je suis le Prince de Thornterre, et j’ai été formé à l’art de l’épée. Te venger ne serait que justice. »
L’âme du dragon soupira de plus belle.
« A quoi cela servirait-il ? Je ne reviendrai pas à la vie. Je n’étreindrai pas pour autant ma douce femelle, pas plus que je ne partagerai les chasses de mon unique fils.
- Alors voilà ce que je devrais dire à Soxtiotch, s’il m’interroge ? Ton père était Golgotch le Magnifique, mais maintenant c’est une âme perdue, qui veut bien ôter la vie de quelques manants ridicules, mais qui préfère se lamenter sur son passé plutôt que de faire triompher l’honneur et la justice ? Ce message-là, tu le porteras toi-même ! Moi je me tairai. Je n’ai pas envie de lui briser le coeur ! »
Un rire tonitruant s’éleva dans la sombre chapelle de mort.
« Sonietchka ! Digne fille du roi Igor ! Plus brave que ton père, plus miséricordieuse que ta mère, plus intelligente que ton frère, plus retorse que celle que tu crois ta soeur !
- Que veux-tu dire ?
- Ah... Encore un secret bien gardé ! Va en paix, et que plus rien ne torture ton âme innocente. Marishka n’est pas ta soeur. Ta mère, la reine Katiouchka, était la meilleure femme que la terre n’ait jamais portée. Cependant, au bout de huit ans d’un mariage heureux, aucun enfant n’était venu bénir son union avec ton père – et ce n’était pas faute d’amour. Alors, d’un commun accord, ils ont adopté une petite fille dont les parents, d’honnêtes paysans, étaient morts de la fièvre. Voilà pourquoi elle n’a pas le Don. Pola le sait, mais elle a juré de ne jamais le révéler. Diakine aussi. A force de fidélité, les humains deviennent plus bêtes que des moutons...Igor et Katiouchka ne demandaient plus rien à la vie, et voilà que, sublime bonheur, un an plus tard naissait Vlad, l’héritier mâle, la réalisation de tous leurs rêves. Cinq ans après, tu es venue, toi, Sonietchka, nourrisson aux joues roses et aux yeux émerveillés. Tes parents étaient des gens honnêtes. Ils ont continué à élever Marishka comme si elle était de leur sang. Ils l’ont payé de leur vie. Ton histoire est aussi injuste que la mienne.
- Est-ce que Marishka le sait ?
- Non. Tu peux la détester à loisir, elle n’a aucune excuse. J’en ai parlé quelquefois avec ton père, mais il rechignait à lui apprendre la vérité. Vois-tu...Ton père était un homme juste et bon ; il ne voulait pas faire de différence entre ses enfants, et il avait une générosité spontanée et pudique. Pourquoi aurait-il risqué de peiner Marishka en lui révélant ses origines ? Il avait un héritier mâle, donc prioritaire pour lui succéder, et que Marishka ait le Don ou pas ne changeait rien à l’affaire. Il a péché par trop de bonté, mais qui pourrait le lui reprocher ? L’essentiel, c’est que tu es vie, mon enfant, et même si je t’envie, je ne te ferai pas payer ta chance. Le Destin est notre maître à tous, mais au-delà de la mort je reste fidèle à la Svetlaquie, et je ne saurais lui porter tort. Mon coeur se réjouit que vous vous soyez trouvés, tous les deux. Peut-être une ère nouvelle s’apprête-t-elle à naître, où Thornterre et Svetlaquie seront unies sous la même bannière, comme aux temps anciens du roi Vassili. Très bien. Assez palabré. Le roi Ivan arrive. Il a fait assez de mal.
- Je veux savoir les noms des deux hommes qui t’ont frappé.
- Têtue, petite fille !
- Je veux le savoir aussi », insista Alexeï.
- « Bien ! Puissiez-vous être unis un jour par autre chose que le sang et la guerre... L’un des deux était ton père, Alexeï. L’autre était ton parrain, Nicolaï. Oui, celui qui te consolait quand ton père te grondait. Celui qui t’a offert ton premier poney. Celui qui t’a aidé à quitter Thornterre. »
Je vis les mâchoires d’Aliocha se crisper.
« Je fais serment au Donateur de venger la mort de Golgotch le Magnifique. Au nom de la Justice sans quoi l’honneur n’est qu’un vain mot.
- Allons, tout n’est peut-être pas perdu, s’il reste encore un homme juste sur cette terre de misère... Ecoutez-moi bien, mes enfants, voici ce que nous allons faire... »




Quand le roi Ivan arriva à la hauteur du Bois Noir, les jambes crispées sur les flancs de son cheval ensanglantés par ses éperons, il entendit un chant d’amour qui s’élevait d’entre les broussailles. Un chant d’amour à deux voix, où un homme et une femme se donnaient la réplique, comme aux temps anciens, et cela lui rappela Golgotch et le carnage qu’il avait fait subir à sa troupe, et cela le mit de fort méchante humeur. Mais quand il reconnut la voix de son fils, la rage déferla sur lui comme un raz de marée.
« Priakov et dix hommes, avec moi ! », aboya-t-il. Il voulut pousser son cheval à travers l’étroit sentier qui s’ouvrait devant lui, mais le cheval se cabra, le jetant à terre. Telle était sa colère qu’il ne prit même pas le temps de punir la bête stupide, et il s’élança, l’épée au clair, sous le couvert obscur. Ses hommes le suivirent aussitôt, plus effrayés d’essuyer son courroux que d’affronter le monstre légendaire du Bois Maudit. Dans la clairière, Aliocha et moi nous étions assis sur un des bancs, et joignant nos mains, nous chantions conformément aux instructions de Golgotch. Sans doute était-ce une ruse habile pour amener Ivan à perdre son sang-froid, mais nos regards entrelacés et nos voix accordées sans effort révélèrent à nos coeurs une évidence incontestable : nous étions faits l’un pour l’autre et l’union de nos deux âmes chassait toute faiblesse et toute hésitation. L’amour nous rendait invincibles !
« Alexeï ! », hurla le roi furieux. « Je ne te laisserai pas me trahir une seconde fois ! Viens avec moi reprendre la place qui est la tienne, ou sinon... »
Aliocha se dressa, me faisant un rempart de son corps, et dégainant son épée.
« Ou sinon quoi ? Tu vas m’assassiner, moi, ton fils unique, comme tu as assassiné Golgotch le Magnifique qui t’avait privé de tes pouvoirs en punition de tes crimes ? Comme tu as assassiné Igor, sa femme et son fils, pour mettre sur le trône de Svetlaquie une jeune fille incapable que tu as berné de tes promesses doucereuses avec l’intention de n’en faire qu’une bouchée le moment venu, pour asservir son peuple et contenter ta soif inextinguible de pouvoir ? Je ne serai pas complice de tes méfaits ! J’en appelle au Jugement du Donateur ! Battons-nous loyalement, et que la Justice triomphe !
- Priakov, désarme-moi ce fils indigne et insolent, qui insulte son père et son roi ! Il fera moins le fier quand il sera enchaîné dans les cachots de Thornia !
- Sire, il en a appelé au Jugement du Donateur... C’est un Jugement sacré...
- Lâche que tu es ! Lâches que vous êtes tous ! Bercés de fariboles, superstitieux comme de vieilles femmes ! Je le combattrai moi-même ! Et ensuite, je vous ferai tous mettre à mort ! »
Aliocha se mit en garde, et la main qui tenait son épée ne tremblait pas. Mais la voix de Golgotch, qui semblait provenir de chacun des arbres du bois, figea chacun sur place.
« Ivan ! Roi félon, être cruel et éhonté, crois-tu que ma mort restera impunie ? Je t’ai maudit ce jour-là, et je te maudis encore, mais je ne laisserai pas ton fils porter le poids d’un parricide. Tu n’es même pas digne de mourir au combat ! Alors, que le Bois Noir que tu as profané applique la sentence : à mort ! »
Sous nos yeux effarés, de longues ronces noires, toutes leurs épines dressées comme d’innombrables poignards aiguisés, s’échappèrent des buissons comme autant de serpents vigoureux et rapides. Elles s’enroulèrent autour du corps du roi, lui arrachant des cris de douleur, immobilisant ses bras et ses jambes, remontant jusqu’à son cou qu’elles enserrèrent en un étau sanglant. Je bondis vers Aliocha, le forçant à détourner la tête.
« Ne regarde pas ! Si cette vision hante tes nuits, il aura gagné encore ! »
Il se serra contre moi, et à cet instant je sus que je serais toute ma vie sa femme, sa mère et son amie. Le cri de Golgotch triomphant nous fit relâcher notre étreinte.
« Justice est faite ! Rentrez chez vous, la malédiction est levée ! »
Un vent puissant se leva, balayant les feuilles mortes à nos pieds, découvrant un herbage tendre parsemé de violettes et de boutons d’or ; les bancs étaient redevenus d’un blanc immaculé, presque scintillants sous les rayons du soleil. Quatre larges chemins s’ouvraient maintenant au milieu des arbres couverts d’un feuillage vert et bruissant, et les chants des oiseaux voletaient au dessus de nos têtes comme autant de messagers de joie.
Priakov mit un genou à terre.
« Sire, vous êtes maintenant le roi de Thornterre. Je vous en supplie, n’abandonnez pas votre peuple ! Que les fautes de votre père ne rejaillissent pas sur les Thornterriens ! Menés par vous, nous pourrions redevenir une nation pacifique et prospère ! Je vous en prie, même si le pouvoir vous est indifférent, ne laissez pas votre pays succomber à une inévitable guerre civile ! Pensez aux innocents, aux petites gens qui n’ont jamais que le choix d’acclamer le roi quel qu’il soit, pour protéger leur famille ! »
Alexeï me regarda d’un air désemparé.
« Il a raison. Tu ne peux pas te soustraire à ton devoir.
- J’ai encore une vengeance à accomplir », me murmura-t-il entre ses dents serrées.
- Et un peuple à gouverner.
- Mais Marishka ? Tu dois rentrer chez toi, toi aussi, et reprendre ce qui t’est dû. »
Mon coeur se serra un peu lorsque je répondis :
« Je rentrerai chez moi. Et tu seras à mes côtés. Mais aujourd’hui, Thornia ne peut pas attendre. Je suis là. Et je resterai avec toi. »
Aliocha se tourna vers les soldats.
« Laissez-nous. Je vous rejoindrai. »
Quand nous fûmes seuls, il me fit asseoir sur un banc et s’agenouilla devant moi.
« Sonia Svetlakov, veux-tu être ma femme ? J’aurais aimé pouvoir t’offrir une vie libre de toute contrainte, où nous n’aurions vécu qu’ au rythme de nos désirs. Je ne peux te promettre ni le bonheur ni la sécurité, et sûrement pas l’insouciance. Mais veux-tu malgré tout être auprès de moi ?
- Je te l’ai dit. Je serai avec toi, quoi qu’il arrive. Je ne pourrais pas vivre autrement. »
Alors il se produisit une merveilleuse magie : une myriade de brins de violettes s’envolèrent du sol, tressant dans l’air deux couronnes odorantes qui se déposèrent sur nos têtes. Jamais je n’avais vu Aliocha sourire avec tant de bonheur, et jamais ses yeux ne m’avaient paru aussi beaux...
« Mais enfin, embrassez-vous, stupides enfants que vous êtes ! », tonna la voix de Golgotch. « Vous aurez toute la vie pour vous contempler, mais la route est encore longue, et votre destin vous attend ! »
Que pouvions-nous faire sinon obéir ?



Le parrain d’Aliocha, Nicolaï, nous attendait sur le pont-levis.
« Aliocha, mon petit, je suis si content de te revoir ! Thornterre va enfin avoir un roi à sa mesure ! Ecoute, les cloches carillonnent de joie pour toi ! Les gens ont préparé des paniers de pétales de rose pour les jeter sur ton passage. Ils se réjouissent tous de ton retour, et ils vont t’acclamer avec un enthousiasme plein d’espoir ! »
Alexeï se contenta d’un vague signe de tête. Il traversa la ville en liesse sur le cheval de son père, et l’animal, qui n’en revenait pas qu’un cavalier pût lui laisser les rênes longues et les flancs libres, hésitait sur l’allure à adopter.
"Ne t’inquiète pas. Ton nouveau maître te traitera avec bonté. Reste au pas, monte le dos, fais-lui honneur. Il ne te sera plus jamais fait de mal. J’y veillerai.
- C’est possible ? Plus d’éperons, plus de mors sévère ? C’est possible ?
- Si elle te le dit
», intervint Nadievna. «Est-ce que j’ai l’air maltraitée ? Je les connais tous les deux, tu peux leur accorder ta confiance.
- Et... est-ce que je pourrais avoir une pomme, ce soir ?
- Tu en auras un plein panier ! Mais je ne te laisserai pas tout manger en une seule fois ! Tu ferais une colique !
»
Le cheval en frissonna de joie, et il me sembla que son oeil s’allumait enfin d’un espoir paisible. Je me promis d’aller personnellement vérifier aux écuries que mon engagement serait tenu.
Aliocha convoqua son oncle dans le petit bureau de son père, attenant à la salle du Conseil. C’était dans cette pièce que le roi Ivan avait ses entrevues privées avec les rares personnes dont il prenait l’avis – même s’il n’en tenait jamais compte. La cheminée de marbre rose flambait joyeusement, et l’épais tapis de laine qui était disposé devant invitait à s’y asseoir pour un repos chaleureux. Ce que je fis.
« J’ai rencontré l’esprit de Golgotch », commença Alexeï âprement.
- Mon cher filleul, si nous devons échanger de graves paroles, ne penses-tu pas que nous serions mieux... seuls ? »
Ce disant, il me désignait d’un regard méprisant.
« Tu peux parler devant elle. Je n’ai rien à cacher à ma future reine. »
Nicolaï éclata d’un rire hautain.
« Cette sauvageonne ! Tu vas épouser... ça ? Allons, mon petit, tu es roi, maintenant. Un souverain peut... avoir quelques bonnes amies dans le secret de ses alcôves. Mais un mariage bien plus royal t’attend, qui permettra de réunir enfin Thornterre et la Svetlaquie. Ton père y a travaillé toute sa vie, et il est temps... »
Je m’apprêtais à bondir sur mes pieds, mais Aliocha me cloua sur place d’un regard impérieux.
« Tu parles de la reine Marishka ?
- Bien sûr, qui d’autre ?
- Mais j’avais entendu dire qu’elle s’était mariée l’an passé...
- Ah, nous ne sommes pas passés loin... Mais le pauvre fiancé n’a étrangement pas survécu au banquet précédant les noces. Il paraît que c’est la soeur de Marishka, une pauvre enfant à l’esprit troublé, qui l’aurait empoisonné avant de s’enfuir. Marishka doit beaucoup à ton père, et maintenant que tu es revenu, elle n’aura pas le front de refuser ce mariage. J’attends sous peu le retour des émissaires qui sont partis négocier cet accord.
- Est-ce que je n’ai pas mon mot à dire ?
- Cher enfant, tu es encore si jeune... Tu n’es pas familier des rouages complexes de la politique, ton père a toujours voulu t’en préserver. Mais sois sans crainte : je te guiderai sans faille pour ta plus grande gloire, comme j’ai toujours assisté ton père dans ses plus sages décisions.
- Ah certes ! Assassiner Golgotch de ta main, sage décision ! Faire périr lâchement le roi Igor, la reine Katiouchka et le prince Vlad, sage décision ! En faire porter la responsabilité à la dépouille profanée d’un Dragon réputé pour sa bravoure et sa loyauté, sage décision ! As-tu encore d’autres mensonges en réserve pour moi ? Je ne suis plus un enfant qu’on endort en le berçant de contes ! Je suis roi de Thornterre ! Et j’ai juré de venger la mort de Golgotch le Magnifique ! »
Nicolaï pâlit un court instant, puis un sourire doucereux vint animer sa fine moustache.
« Noble coeur, intrépide... mais toujours aussi naïf ! Tu t’es laissé abuser par des racontars sans fondement ! Je te jure par ce que j’ai de plus sacré...
- Tais-toi ! N’ajoute pas le parjure à la liste de tes crimes ! Quand j’ai quitté Thornterre, j’ai renoncé à tous mes pouvoirs, mais le seul dont je n’ai pu me défaire est celui de reconnaître le mensonge ! Oui, tu as secondé mon père, dans ton seul intérêt, tout en me séduisant patiemment pour préserver ton avenir. Et quand tu m’as aidé à m’échapper, ce n’était pour toi qu’un investissement à long terme ! Il te faudra plus qu’un poney et plus qu’une clef, aujourd’hui, pour sauver ta misérable vie ! »
Alexeï dégaina son épée, mais Nicolaï le devança en lui jetant à la figure le premier objet qu’il put atteindre sur la grande table de chêne – un lourd presse-papier de cristal, qui frappa Aliocha à la tempe et le fit s’écrouler contre le mur derrière lui. Nicolaï brandit alors une longue dague fine et s’apprêtait à égorger mon bien-aimé quand la main crispée sur le poignard que m’avait autrefois procuré Zéphyr, mon merveilleux cheval d’école, je l’atteignis profondément au mollet, lui arrachant un cri de douleur et de surprise. Le traître se tourna vers moi, mais déjà Aliocha s’était relevé, et de toute la puissance de sa juste colère il trancha la tête maudite qui s’en alla rouler au sol, le visage encore déformé par un rictus de haine.
« Justice est faite », prononça Alexeï pour toute oraison funèbre. « Que meurent ainsi tous les misérables sans honneur et sans scrupules ! »
Il me tendit son bras.
« Viens, ma reine. Nous avons un royaume à remettre en ordre, et j’ai plus que jamais besoin de toi. Je n’oublie pas que tu as toi aussi un devoir sacré envers ton peuple, et je m’en voudrais de t’y soustraire trop longtemps. Je rêve du jour où, nos travaux accomplis, nous aurons le loisir de penser enfin à nous deux... »
Je lui souris.
« Ce jour viendra, mon roi... Mais en attendant, il faut que je passe aux écuries, j’ai fait une promesse que je dois tenir.
- Sonietchka ! Les chevaux, toujours les chevaux ! Je te parle de deux royaumes qui... »
Devant mon air dépité et impatient, il éclata de rire en ébouriffant mes cheveux.
« Mais tu as raison, les chevaux aussi sont nos fidèles sujets. Alors allons nous occuper de nos chevaux ! »



(à suivre...)
Narwa Roquen,qui n'oublie pas ses anciennes amours...

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Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen

2013-01-31 23:35:03 

 Commentaire Maedhros, exercice n°115Détails
Je suis ravie de lire enfin la suite de la WA 97, même si ce n’est encore qu’un épisode et que le lien n’est toujours pas fait entre le concours et les Cantonniers...
Dans un style toujours dense qui requiert une attention intense et une concentration sans faille, tu nous relates la 2° épreuve du Pentathlon, cet étrange concours où qui gagne perd... certes au bout de dix ans... mais la vie, quand même... Quoique, si on est très vieux...
Pentathlon, soit cinq épreuves... Nous ne sommes pas au bout !
Tu n’as pas lésiné sur l’accumulation de détails ni sur la complexification de l’épreuve. Contrôler le zombie, le faire tirer à l’arc, avec les perturbations des Magiciens et les attaques des créatures... Mais l’ensemble est cohérent et dépaysant au possible. Le lecteur se dit qu’être mage, c’est un métier !
Le paragraphe sur les Décimators est jubilatoire et contribue à préciser le contexte sophistiqué de ce monde faërique. Quand tu auras posé la dernière pierre à l’édifice complexe de ce que je n’ose plus appeler une nouvelle, essaie de voir si tu ne peux pas le glisser ailleurs. Là où il est, il interrompt le récit de l’épreuve et c’est un peu dommage. Le texte est déjà assez compact et un motif de distraction en plein milieu risque de nous faire perdre le nord... Peut-être pourrais-tu commencer par décrire les gens qui entrent dans le stade, avec les marchands, les bookmakers... et comme il est question d’argent, tu pourrais caser là tes Décimators.
J’ai adoré ta manière de raconter les résultats des tirs uniquement selon l’oreille du participant que tu as choisi comme héros de l’épisode, tout en braquant les caméras sur Fladnag ; c’est très habile et c’est puissant pour garder le suspense intact.
La petite ritournelle sur le printemps anglais est très mignonne !


Bricoles :
- Pourquoi le masque d’ivoire confère-t-il à Ampélitien un avantage non négligeable ? Parce que cela cache ses émotions ?
- Le Jugulateur n’ait fini pointer : oubli de « de »
- Le signe convenu ainsi qu’ils en avaient convenu
- Les Arcanes Solaires occupent... Il précède... : ils précèdent, non ?
- un tonnerre d’applaudissements éclate sur sa droite suspend son geste :soit :qui éclate sur sa droite suspend, soit : éclate sur sa droite suspendant


Je suis bien loin d’avoir fini mes commentaires. Il faut que je reprenne toute la 97 depuis le début... en sachant qu’il y aura encore une suite... Mais le seul travail qui ne se finit pas est celui qui n’est pas commencé ! Peut-être vais-je me lancer dans le commentaire à épisodes...
Pour nous, simples mortels, un texte comme celui-là semble provenir d’une lointaine planète dont nous ne maîtrisons pas tous les codes. A un certain moment, le vertige nous prend... A éviter fortement si on est fatigué, stressé, contrarié, bref pas disponible à 150% pour te suivre dans tes délires, prouesses d’imagination qui nous laissent pantelants, épuisés... et ravis !
Narwa Roquen, qui s'accroche

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Maedhros  Ecrire à Maedhros

2013-02-02 17:49:11 

 Cachez ce visage que je ne saurais voir!Détails
...effectivement, le masque dissimule les émotions qui transparaîtraient sur le visage d'Ampélitien.

A ce propos, je me suis toujours demandé quels pouvaient être les sentiments qui s'emparent des comédiens qui jouent avec un masque sur scène! Gratter derrière les traits figés et découvrir le jeu secret du comédien.

Mais j'ai toujours aimé les masques, n'est-ce pas?

M

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Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen

2013-02-03 14:33:32 

 Cache-cacheDétails
C'est drôle, moi ce qui me fait fantasmer c'est le visage impénétrable du joueur de poker, avec deux grands yeux bleus insondables, genre Paul Newman... Le masque, ça me fait penser au petit qui se cache derrière les rideaux, avec les pieds qui dépassent, pour apprivoiser l'angoisse de séparation... Illusion de toute puissance, et jeu paradoxal. Les enfants adorent se déguiser, mais détestent les masques sur les visages des parents. Ils sont perdus quand ils ne peuvent plus lire les micro expressions du visage qu'ils décodent sans peine et dont ils savent que contrairement au langage, elles ne mentent jamais. Mais ce qu'ils ignorent, c'est que masque ou pas, la plupart des adultes ont perdu ce talent... et qu'il faut des années d'études à un mentaliste pour retrouver le savoir qu'il avait spontanément à l'âge de six mois...
Narwa Roquen, sic transit...

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Maedhros  Ecrire à Maedhros

2013-02-03 20:11:40 

 La bête au bois dormant!Détails
Voici donc la suite de la saga de Sonietchka. Ce sixième épisode comporte de nombreux rebondissements qui enrichissent l'histoire tout en liant plusieurs de ses éléments et participent de la compréhension d'ensemble, même de façon rétrospective. L'échappée des deux jeunes gens les mène vers un bois mystérieux où flotte un parfum de belle au bois dormant, lieu magique et circulaire. C'est une progression très symbolique, aussi déchirante et douloureuse (les épines) que de percer le voile du mystère pour contempler la vérité.

L'apparition du Dragon, habitant immateriel deus ex machina, est habile. Cela permet de renouer les fils épars de l'histoire : on comprend pourquoi les deux soeurs sont si opposées, pourquoi l'une possède le don et l'autre pas, on relie les deux royaumes et le sort du Dragon. On devine les trahisons et les secrets qui entourent les deux jeunes héros qui découvrent leur amour naissant et visiblement au long cours. Ils vont essayer d'écrire une nouvelle page de concorde entre les deux royaumes. J'ai bien aimé la façon dont l'esprit du Dragon se vengeait de son bourreau, très graphique, très visuelle. L'aspect féérique préside aussi au refleurissement de la clairière. Finalement, le dernier conspirateur est démasqué et il en perd même la tête.

La marche vers son trône est loin d'être terminée et la jeune princesse connaîtra sans doute d'autres aventures palpitantes.

Le style est toujours précis et fluide (térébrantes = chapeau!) avec une prédilection affirmée pour les dialogues qui sonnent justes et naturels. Bien joué!

M

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Estellanara  Ecrire à Estellanara

2013-04-24 15:13:29 

 Commentaire WA 115 : NarwaDétails
Purée, un résumé de l'épisode précédent n'eut pas été superflu ! En plus, il me semble avoir loupé des épisodes. Il faut que je me penche sur la question.
La transition au présent de la narratrice qui tricote m'a surprise.
"douleurs térébrantes" : connais pas ce mot, tiens...
Un peu trop sucrée pour moi, la scène des couronnes de violettes...
Personne dans la ville de Thornia ne s'étonne de l'absence du roi ? Le parrain l'accepte comme ça ? Il ne se dit pas que le prince l'a assassiné ?? Une scène intermédiaire aurait fluidifié ce passage, je trouve.
Sinon, ce chapitre raccroche plein de wagons, notamment sur le dragon, le Don...

Au final, un conte classique dans ses thèmes et sa structure, qui se lit agréablement.

Trucs et bidules :
Quelques lourdeurs de style, éparses, que je n'ai pas eu le courage de relever. *en mode tout mou*
Ah ben si, y a celle-ci : "Sous nos yeux effarés, de longues ronces noires, toutes leurs épines dressées comme d’innombrables poignards aiguisés, s’échappèrent des buissons comme autant de serpents vigoureux et rapides." : cela fait beaucoup de comme.

Est', me faut du café à moi...

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Estellanara  Ecrire à Estellanara

2013-04-24 15:18:25 

 Commentaire WA 115 : MaedhrosDétails
Rogntudju ! Je ne sais même pas de quel texte celui-là est la suite ! Un lien ou un résumé n'eut pas été superflu non plus. Je vais être paumée...
Fladnag ??! Tiens, qu'est-ce qu'il fait là ? C'est la suite du Projet 4022 B ? C'est quoi le CIA ?
Tiens, des zombies ! Quelle bonne idée !
Les noms propres et les titres, comme "Delphinos, le Maître de la Conque Marine", ça vous a un ptit côté Chevaliers du Zodiaque ou c'est moi ? (^-^)
"aliments magiquement assaisonnés d’arômes pécuniaires" : morte de rire ! C'est de la sauce à l'oseille, quoi !
Le calcul des points est tellement complexe et on devine tellement l'influence de la tête du client qu'on dirait celui qui s'applique à mes augmentations de salaire !
J'aurais bien voulu une description des combattants et des lieux.
"C’est aussi rare que quatre jours successifs de beau temps durant un été anglais." : l'histoire se passe sur Terre ??
Il y aura donc encore une suite ?

Au final, un texte foisonnant d'idées, de concepts, de titres et de termes originaux, pittoresque mais dont j'ai loupé la plus grande partie en n'ayant pas lu le début.

Trucs et bidules :
"Quelque chose se prépare. Fladnag ? Celui-ci ne trahit aucune émotion particulière (...) Mais quelque chose se prépare." : répétition.
"Elle ne l’a pas averti de l’assaut de son ennemi juré pendant que leurs zombis se livraient un assaut" : répétition
"Elle aurait pu lui adresser le signe convenu, ainsi qu’ils en avaient convenu" : répétition
"Cela ne se voit pas souvent. C’est aussi rare que" : redondant

Est', bon je vais me le faire, ce café !

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Estellanara  Ecrire à Estellanara

2013-04-26 08:56:12 

 Commentaire Glossaire 115 : MaedhrosDétails
Ah génial !!!
Mais dis-moi, il y a véritablement des mondes entiers qui vivent dans ton crâne !
Les jeux de mots et les citations sont légion dans cette histoire ! Et encore, je suis sûre que j'en rate plein.
Le niveau de détail de ton monde est impressionnant en tous cas. Ce glossaire n'est pas de trop pour s'y retrouver.

Est', moins perdue.

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Maedhros  Ecrire à Maedhros

2013-04-26 19:42:11 

 Merci pour ta lecture...Détails
Si tu veux lire le début de l'histoire, je te conseille de te reporter à la WA n° 97!


M

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