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 Wa, exercice n°89 partie 2, où le Soleil se couche. Voir la page du message Afficher le message parent
De : Netra  Ecrire à Netra
Page web : http://terredelune.eu
Date : Mercredi 30 mars 2011 à 12:39:08
Sur le toit

Je retournée à la fenêtre, pour voir dehors. J'ai tellement de mal à rester entre quatre murs... Bartholomey disait que je vivais dehors, c'était pas tout à fait vrai, je suis toujours rentrée dormir à la cabane sauf une fois ou deux où j'étais allée trop loin, mais je sais dormir dans les arbres... Remarque, je le ferai plus, si j'ai bien compris de l'autre côté on n'a pas le droit d'approcher le soleil, ça brûle. Érik déteste le feu et le soleil, ça j'ai bien compris. Ça avait l'air d'être pareil pour Sig, alors ? C'est vraiment comme dans les légendes ? Pourtant, l'ombre de l'église, elle n'avait pas peur de la croix... Je suis un peu perdue. Je crois que j'ai un peu peur aussi. Et si Érik se rate et si je meurs vraiment ? Bah, ça fera pas un grand vide. Pour ma famille, je suis morte il y a cinq ans. Pour Bartholomey, j'étais peut-être quelque chose mais ça ne risque plus. Pour Mael, je suis un défouloir, pour Hildegarde un animal de compagnie pratique et pour Érik, ça... Je sais pas. Il me reproche d'être imprudente quand il n'est pas avec moi, mais me demande des choses risquées. Il me protège, mais je lui obéis. Il semble m'avoir choisie, mais est-ce qu'il avait vraiment le choix ? Il veillait sur les bergers. Peut-être me préférait-il Jehan, ou Romaric ? Peut-être que je suis juste un genre d'esclave pratique et docile ?
Lou, tu te poses trop de questions. 
J'ouvre la vitre. C'est pas du tout comme le château de Lehon, ici, y'a des vitres aux fenêtres avec le toit en dessous. C'est joli de dehors mais surtout c'est très pratique : s'il n'a pas plu depuis quelques jours, on peut monter sur le toit, au-dessus de la fenêtre, et s'asseoir à califourchon dessus. C'est un palefrenier qui m'a montré comment faire. Je jette un oeil à l'intérieur. Mael et damoiselle Hildegarde jactent comme des pies, et comme d'habitude personne ne fait attention à moi. Parfait. Je me glisse par la fenêtre ouverte, j'assure ma prise sur la pierre, je grimpe quelques pieds et je m'assois là où c'est bien horizontal, une jambe de chaque côté de la pente, juste au-dessus du carreau. J'ai une vue superbe sur Paris, ses dédales de rues sales et puantes et encombrées et détestables, mais mieux encore je vois le soleil descendre sur la campagne au-delà des murs. Alors j'en profite, une dernière fois. Il est jaune d'abord, puis orange et puis rouge, un beau rouge, un peu moins dur que les yeux d'Érik dans la nuit, un peu moins violent que les robes d'apparat de damoiselle Hildegarde. Il a... la couleur des fraises des bois. Je n'avais jamais remarqué que le soleil couchant avait la couleur des fraises des bois, un rouge à la fois vif et tendre et brillant... C'est beau. 
Ça me rappelle Romaric. On allait voir le soleil se coucher sur la colline, quand on était petiots. Il descendait, et descendait, et grossissait en même temps. Toute tiote, j'avais peur qu'il n'enflamme les forêts à l'ouest de chez nous, tellement il semblait proche, et Jehan et Romaric se moquaient de moi en disant qu'il était bien trop loin, qu'il tombait dans l'océan. Alan et Pierrig croyaient comme moi, mais c'est qu'on avait presque le même âge. Quand j'avais peur les premières fois dans la forêt, mon frère et Romaric se mettaient chacun à côté de moi et me donnaient la main. Ils m'apprenaient à apprivoiser la forêt, à reconnaître les baies qui se mangent et celles qui tuent ou rendent malades, et les champignons, les traces d'animaux... Ils disaient, les garçons, qu'ils me protégeraient toujours, mais que je devais aussi savoir me protéger moi-même, et ils me défiaient et on se battait. On était heureux. 
Même après, chez Bartholomey, c'était pas pareil mais j'étais heureuse aussi. Sereine, c'est plus juste. Bartholomey avait le don d'apaiser, de calmer. Ma soif de vengeance, ma haine pour Abélard, la douleur sourde d'avoir perdu ceux que j'aimais pour toujours, ma colère envers moi-même qui avais survécu quand ils étaient tous morts, il les avait apaisées sans que j'aie même à lui raconter. En cinq ans, je n'ai jamais eu envie d'aller au château tuer Abélard. Mes pas se détournaient du chemin de mon village sans que j'y réfléchisse. C'était Bartholomey qui faisait ça, je crois. Il était doux et gentil, n'élevait jamais la voix et les rares fois où il m'a punie, c'était en me faisant réciter mes prières. Il ne m'a jamais demandé d'où je venais, pourquoi ni ce que j'avais fait. Il m'a accueillie, simplement. 
Et moi, j'ai abandonné son cadavre dans la cabane sans même lui donner une sépulture. Petite Lou, tu dis qu'Érik est aussi monstrueux que bienveillant, mais regarde-toi ! Tu es encore humaine et tu es déjà un monstre, toi aussi. Et tu n'es pas bienveillante, tu ne penses qu'à sauver ta peau.
Ah... 
Le soleil n'est plus qu'un fin, très fin filet de lumière à l'horizon. Il va bientôt disparaître, j'attends. Je veux voir le dernier rayon s'éteindre. Après tout, c'est la dernière fois, non ? Je peux bien en profiter !
Voilà. Il fait nuit. Je redescends de mon perchoir avec précaution, pas l'intention de me faire mal ou pire, de tomber ! Je repasse par la fenêtre, Mael et damoiselle Hildegarde n'ont même rien vu. Comme toujours. Je suis sûre que je disparaîtrais ils s'en apercevraient trois ou quatre jours plus tard ! Je traverse la chambre, je passe presque devant eux. Cette fois Mael réagit.
- Lou ?
- Je vais retrouver Érik. On se retrouve de l'autre côté !
Je fais semblant que tout va forcément bien se passer pour tout le monde, mais je ne suis pas tout à fait tranquille quand même. J'espère que les Sires de Mael et surtout, surtout d'Hildegarde ne vont pas les rater, sinon comment je vais manger ? À moins qu'Érik ne me ramène à Dinan tout de suite mais ça m'étonnerait...
Je suis dans la cour. Il a dit qu'il viendrait. 
Il a dit qu'il viendrait.
Fais-lui confiance, Lou. Fais-lui confiance.
Netra, première session d'enregistrements J-19


  
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Netra  Ecrire à Netra

2011-03-30 12:41:46 

 Wa, exercice n°89 partie 3, où la proie est en proie au doute.Détails
Dernière chasse

Lorsqu'il est venu m'emmener tout à l'heure, je ne pensais pas que nous irions si loin. Je trottine derrière lui, mes jambes sont trop courtes pour que je puisse marcher si vite que ça. Nous sommes sortis de Paris, je sais pas trop comment. La lune décroît dans le ciel, bientôt ce sera la nouvelle lune à nouveau, comme quand tout a commencé. L'ombre de la lourde silhouette d'Érik m'enveloppe entièrement. Il n'a rien dit, comme d'habitude. Il ne dit jamais que le strict nécessaire. Parfois moins. 
Je suis calme au-dehors, mais dedans ça bouillonne et ça tourbillonne d'impatience. Érik va devenir mon père. Mon Sire, comme dit Sig'. J'ai l'impression qu'il m'avait choisie avant même que je ne le connaisse. Je me souviens de sa présence dans les forêts de mon enfance, quand nous allions braconner les nuits d'été avec Jehan, Romaric et les autres. Menaçant, scrutateur, distant mais jamais agressif. Et puis la première fois que je l'ai vu, avec Bartholomey. « Il t'a acceptée » avait dit le vieux. Il savait peut-être pas à quel point. Depuis que je rôde dans les bois, Érik a toujours été là. Et il ne m'est jamais rien arrivé. Je ne me suis jamais fait attaquer par les loups, même au coeur de l'hiver. Les hommes et les ours aussi m'ont laissée en paix. Y'a juste un sanglier, une fois, qui m'a cherché des noises mais c'est moi qui ai gagné, grâce à mon piège. Quand j'ai rejoint damoiselle Hildegarde et Mael, il est encore venu nous aider à aller récupérer les livres dont elle avait besoin. Quand enfin nous avons dû fuir Lehon en catastrophe, il m'a appelée, je lui ai répondu et il est venu nous chercher pour nous conduire en lieu sûr. Je comprends pourquoi Bartholomey l'appelait l'ange gardien. Mon père à moi préférait à tous notre aîné, Malo, et disait toujours qu'il n'y avait que de lui dont il était fier, que nous quatre cadets étions des vauriens. Alors maintenant que j'ai une deuxième chance, je ferai tout pour être digne de mon nouveau père.
Nous sommes dans un petit bois, il y a un monastère un peu plus loin. À croire qu'il adore ça, les monastères. Je ne dis rien. Il ne répondrait pas. De toute façon, Érik au début je croyais qu'il savait plus parler à force de grognements, de silences et de hochements de tête. Remarque que ça me va, j'aime pas les caquetages inutiles à la damoiselle Hildegarde. Pourquoi est-ce que je fais aveuglément confiance à cet homme qui, j'en suis pourtant convaincue, me laissera choir dès que je ne lui serai plus utile ?
Je tourne la tête, attirée par un mouvement sur ma droite. J'ai cru voir un animal, peut-être un chat sauvage... Je me retourne vers Érik. 
Il n'est plus là. Érik n'est plus là. 
Il était à mes côtés une seconde avant, et il a disparu comme ça, sans un bruit, sans rien dire, sans... 
Je...
- Érik !
J'ai la chair de poule. Je sais qu'il est là. Il m'a abandonnée au milieu de cette forêt mais il est là. Je sens son aura menaçante, lourde, qui emballe le coeur mais cette fois elle est agressive. Mais qu'est-ce qu'il fait ?
Je n'arrive pas à savoir où il est. Je m'immobilise. Je sais ce qu'il fait. J'ai compris. Il chasse. Je suis sa proie. Hors de question. C'est ce que tu voulais, depuis le début, hein ? Tu as joué avec moi, et maintenant que je ne te suis plus utile tu comptes m'éliminer comme ça ? Même pas dans tes rêves, Érik. Je ne te laisserai pas faire, tu vas voir. Je ne suis pas une petite bête inoffensive. 
Je vais survivre, encore une fois. Même si je ne suis rien pour personne, même si personne ne m'attend, même si je ne manquerai à personne. 
Je vais survivre, et tu ne pourras rien y faire. 
Il s'est éloigné, mais il est encore là. Il me regarde. Il s'amuse. Il veut jouer avec moi comme un chat avec une souris. Il s'attend à ce que je fasse quelque chose. Mes mains glissent lentement le long de mon corps, la droite vers mon croc autour de mon cou, la gauche vers mon poignard. 
D'un coup je détale. 
J'ai eu le temps d'étudier le terrain, ça monte vers le sud, y'a un genre de colline là-bas. Ne jamais se laisser dominer par un ennemi plus grand et plus lourd. Si on est dessous, on est mort. Ne pas se cacher, une cachette c'est traître, tout traîne autour : des traces, une odeur, un mouvement, le bruit d'une respiration. Je préfère encore mourir en me battant et lui faire payer le prix de sa proie à coup de cicatrices. Je cours, je croise un ruisseau, d'instinct je remonte le courant et ressors sur un rocher, pour effacer mes traces. J'ai pas peur. Pas le temps d'avoir peur ou d'être en colère. Je dois survivre. Érik m'a lâchée, tant pis. Survivre, c'est tout ce qui compte. Et cette maudite odeur de savon... 
Coup de chance, je croise la bauge d'un sanglier, je me frotte au passage avec la tourbe boueuse dedans. Fin de l'odeur de savon, faudra trouver autre chose si tu veux me suivre ! J'arrive à un champ de rochers. Rien de mieux, je m'engage dedans, je saute de l'un à l'autre sans laisser la moindre trace, entre les fourrés dans lesquels malgré ma vitesse je fais attention de ne pas laisser de lambeaux de vêtements. 
Je m'arrête. Je ne sens plus sa présence. Je l'ai semé ? Si facilement ? Ça m'étonnerait, il court plus vite que moi. Réfléchis, Lou. Érik est un chasseur, comme toi. Mets-toi dans sa tête, en chasse d'une proie plus lente et plus faible que toi. S'il a deviné mes intentions, il m'a devancé et m'attend. Je dois trouver quelque chose qu'il ne devinera pas. Qu'il craindra. Je dois tenir jusqu'à l'aube, et là je pourrai m'échapper sans laisser de traces nulle part.  Je sais. J'ai vu un oratoire tout à l'heure, avec des vivres dessous. Ça veut dire qu'il y a un ermitage pas loin. Un ermitage. Un humain. Du feu. Je me concentre un instant. Quelques ronces dérangées me renseignement vite sur la direction à prendre. En toute logique, je dois être à un jet de pierre de cet oratoire. Je peux le faire. Cours, Lou !
Une douzaine de foulées plus loin, je vois la lueur d'une fenêtre. J'y suis presque ! Mais...
Il se rapproche, vite, très vite, trop vite ! Il a compris ce que je comptais faire. Trop tard, Érik, cette fois c'est moi qui vais gagner ! Je défonce la vieille planche mangée de mites qui sert de porte à la cabane, faisant bondir l'ermite hors de son lit. 
- Je vous emprunte ça ! dis-je en saisissant une branche d'une taille pratique (longue, ni trop fine, ni trop grosse) dans le foyer. Désolée pour la porte !
Je ressors en courant. Érik est là, devant moi. Sous sa forme de loup, celle sous laquelle je l'ai vu pour la première fois. Énorme, immense, qui joue à faire jouer ses muscles pour m'impressionner, les babines retroussées pour mieux dégager ses crocs.
Tu veux jouer à ça ? 
Je brandis ma torche. Il recule. Il n'aime pas le feu, pire en fait, il déteste le feu, il hait le feu. Je ne le laisserai pas faire. Je tiendrai jusqu'à l'aube. Il commence à tourner autour de moi. J'ai rengainé mon poignard, mais j'ai toujours mon croc en main. Je recule d'un pas. Attention, Lou. Il essaie de t'emmener quelque part.
L'ermite est sorti de sa cabane, ce fol !
Il regarde Érik avec des yeux éberlués, effarés, comme s'il doutait de ce qu'il voit. 
- Rentrez ! Il ne vous fera rien. Sa proie, c'est moi. 
Pas besoin de lui redire. Il referme ce qui reste de sa porte et j'entends distinctement le murmure d'un Pater à l'intérieur. Érik continue de tourner. Je lui fais face. Il n'approchera pas tant que je le menacerai avec la torche. Pitié, que le vent ne se lève pas !
Ah... Il va ruser. Il va essayer de me faire éteindre ma torche, qui n'est pas vraiment faite pour ça puisqu'il n'y a pas de linge à l'eau de vie au bout. Il tourne autour de moi, de plus en plus vite, il veut me désorienter. N'y pense même pas ! Je m'arrête net, prête à me battre. Je pivote juste assez pour ne pas lui laisser d'angle mort. Tenir jusqu'à l'aube. À l'aube il ne pourra plus rien. Le mieux, ce serait de le faire fuir. J'ai besoin de répit. Pour le faire fuir, je dois le blesser. Pour le blesser, je dois l'approcher, ou lui m'approcher. Le provoquer... ça peut marcher. Je ne l'ai jamais vu en colère, mais après tout je ne le croyais pas capable de m'abandonner alors qu'il m'avait acceptée, puis déclaré qu'il voulait être mon Père. Je gronde, un grondement bas, sourd, provoquant. Il tique, ça ne lui plait pas. 
- Qu'est-ce que tu as, tu as peur ? 
Je souris, insolente. Je pourrais faire mieux, mais j'attends qu'il tique encore. Ça le chatouille. Très bien. Je repère rapidement une branche capable de faire une seconde torche. Je bande mes jambes, en braillant je cours quelques pas vers lui, il recule avec nonchalance. Je m'empare du bâton, que j'enflamme à son tour. Il est bien long, au moins aussi haut que moi. 
- Je te préviens, tu m'approches, je te brûle. Je ne serai pas ta proie, Érik. 
Il gronde. C'est autre chose que quand c'est moi, ça fiche les foies, mais je sais qu'il est inutile de fuir. Je fais face, je tais tout en moi. La peur, la colère, la rage, il ne reste qu'une froide détermination. Il fait volte face et disparaît. Je ne suis pas dupe. Il fait semblant de fuir. Tu ne me piégeras pas comme ça !
Je retourne vers la colline aux rochers, lentement, attentive aux moindres bruits, aux moindres mouvements. Maintenant trouver un endroit abrité, où je pourrais être invisible. Je ne l'ai éloigné que temporairement. Je dois trouver un lieu sûr, facile à défendre. Il ne me reste plus qu'une ou deux heures avant l'aube. 
Un corbeau croasse derrière moi. Je n'y fais pas attention, même si Érik est capable de se changer en corbeau il ne m'attaquera pas sous une forme aussi faible, surtout si j'ai du feu. Erreur. Ce n'est pas un corbeau, mais une douzaine qui me rentrent dans le dos sans cérémonie et m'envoient rouler par terre. Je lâche mes torches, la plus longue, trop mince, s'éteint. L'autre n'est plus qu'un brandon vacillant à un demi jet de pierre de moi. Ma main droite serre mon croc très fort. Il est là. Il est tout près. Les corbeaux, c'était lui. Je ne savais pas qu'il pouvait parler aux animaux. Je bondis, je me retrouve sur mes pieds, acculée à un gros chêne. Il se tient là, face à moi, debout sur ses quatre pattes épaisses. Il retrousse les babines, émet un grondement qui pourrait faire peur. J'ai pas peur. J'ai décidé de ne pas avoir peur. Ses yeux rouges dardent sur moi un regard dément, il veut me tuer. Il veut sa proie. Je ne peux plus fuir, je ne peux plus me cacher, j'étais si près du but... Non, Lou, tu n'es pas encore morte. Il te reste ton dernier atout. Dans la crypte, ton croc avait blessé le serpent-vampire d'une plaie qui ne se refermait pas et saignait beaucoup. Tu peux encore te battre. Tant que je ne suis pas morte, je peux me battre. 
Il se tapit, il va bondir, je le sais. J'attends. Je fais semblant d'être tétanisée par la peur, mais il n'en est rien. Si je le blesse à la patte ou au ventre, il sera ralenti, je pourrai fuir. Attendre qu'il saute, se jeter à terre, le blesser et s'enfuir. 
Il se jette sur moi. Je roule sous lui, de côté, je lui plante mon croc dans le flanc et jusqu'à la patte arrière, puis je me relève et je décampe. Il me suit. Quoi ? Il me suit ? Il n'est pas blessé ? Mon croc aurait dû le ralentir, je lui ai laissé une belle marque ! Je fais volte face juste à temps pour encaisser le choc du contact dans la poitrine et non dans le dos. Je fais le dos rond, je lui attrape les oreilles et je laisse rouler comme quand je faisais face à Romaric. Il ne s'attendait pas à si peu de résistance, il passe par-dessus moi et tombe sur le dos. Le temps qu'il se relève, j'ai décampé. Ça marchera pas deux fois. Si mon croc me fait défaut, il ne me reste que les braises de la torche restante... Je ramasse le bout de bois sans cesser de courir. Trop tard. Il est éteint. Je me retourne.
Érik est là, plus menaçant que jamais. Je vais me battre encore. Il regrettera cette chasse. Il attaque, visant la gorge, je lui décoche un coup de torche de justesse, mais je tombe sur le dos avec l'élan. Cette fois c'est fini. Il me domine, me plaque au sol de ses deux lourdes pattes de loup qui m'écrasent les bras. 
Netra, première session d'enregistrements J-19

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Netra  Ecrire à Netra

2011-03-30 12:46:02 

 Wa, exercice n°89 partie 4, où Lou a enfin un papa.Détails
Première Chasse

Et puis... il se retransforme en humain, progressivement. Le museau rétrécit, la tête redevient visage, je retrouve le viking géant qui m'a fait incendier une église et voler des livres.
Il me toise, me dévisage lentement, j'ai l'impression de voir quelque chose qui ressemble à un sourire sous sa barbe. Il grogne, mais ce n'est pas un grognement bougon ou agressif : c'est une approbation. Et puis il se penche vers moi, lentement, très lentement, j'ai l'impression qu'il va au ralenti. Je comprends d'un seul coup. C'était un jeu. Il voulait savoir si je saurais me battre, résister, si j'étais assez forte. Il voulait vérifier qu'il avait choisi quelqu'un de capable. J'ai réussi ? Érik, tu veux bien de moi pour fille ? Je sens des larmes qui perlent à mes yeux, je les retiens. C'est stupide, on dirait une damoiselle gourdasse dans son donjon ! Mais je suis tellement heureuse ! J'ai réussi, je le sais, je le sens, il ne dit rien mais il ne cherche pas non plus à le cacher. Il est fier de moi. Il accepte d'être mon père. Il ne m'a pas abandonnée, il m'a donné ma chance de faire mes preuves devant lui. Ses mains énormes attrapent mes bras et les immobilisent, mais je comptais pas me débattre. Je bougerai pas. Il incline la tête et me plante les crocs dans le cou. Je sens mon sang qui bouillonne en jaillissant hors de moi. Ça fait un mal de chien, mais du bien en même temps, une chaleur douce et brute à la fois qui m'envahit. J'ai l'entrejambe qui brûle et mouille en même temps, je n'avais jamais connu ça. Tout mon corps frissonne comme si j'avais froid et sue comme si j'avais chaud. Je me sens -
Bien.
Tellement bien. 
Je... 
Le plaisir... C'est de ça que parlait maman le soir de mes fiançailles avec Romaric ? Le plaisir ? Cette brûlure à l'intérieur, douce comme un rayon de soleil et intense comme des braises à châtaignes ? Plus tendre et plus vive que quand on abuse du vin à la fête de Pâques ? Plus agréable qu'un baiser ? 
C'est ça, le plaisir ? La sensation de pouvoir mourir sans rien regretter ? De pouvoir tout abandonner pour prolonger ce moment-là encore un peu, un peu, un peu...
Érik...
Ne t'arrête pas, s'il te plait. Ou alors tue-moi. 
Ah, j'oubliais. 
C'est exactement ce que tu fais... 
Je suis en train de mourir.
Je sens mon corps qui s'affaiblit. Qui tremble un peu. 
J'ai vraiment froid maintenant.
Mais pas peur. 
Je sais quÉrik me retiendra au bord de la mort aussi longtemps qu'il le faudra. Il ne me laissera pas basculer. 
L'image du corps pendu de Romaric, les yeux crevés par les corbeaux, me revient brutalement à l'esprit. Et puis mon père qui me bat parce que j'ai perdu un mouton. La chose de l'église qui joue avec moi. Le visage agonisant de Bartholomey. Le regard méprisant de damoiselle Hildegarde, de Philippe, des villageois. Jehan qui saigne de tout le visage, la joue dévorée par la gangrène. Le cachot de Dinan, le prévôt qui agite mon croc devant moi en menaçant de me torturer. Sig' qui annonce qu'Abélard est devenu seigneur de la ville de Dinan. L'humiliation de se faire recoudre le dos par la femme de Mael, après la punition d'Érik. La peur face au serpent qui hypnotise damoiselle Hildegarde. Le rire dément de Sig' dans l'ombre de la porte. Le désespoir de cette nuit où je me suis écroulée de sommeil contre le châtaignier, après la mort de Romaric.
Je ne vois plus rien. Ma peau est à vif, irritée et enflammée en même temps par le contact d'un de ses bras. Où est l'autre ? Tout à l'heure, je sentais les deux, je...
Ah... 
Une goutte de liquide vient de tomber sur ma lèvre. C'est chaud, âpre et sucré en même temps. Je lèche, instinctivement. C'est du sang. Le sang d'Érik. Il tient son deuxième bras au-dessus de ma bouche, ça goutte, ça goutte... Je lève la main, je m'accroche à l'avant-bras d'où coule le filet de liquide rouge, je me hisse vers lui, j'ai envie de ce sang, j'en ai besoin, je veux vivre ! Je veux vivre ! Je ne veux pas mourir, je veux vivre, je veux du sang, je veux ce sang !
Mes lèvres se plaquent autour de la coupure dans la veine d'Érik. J'en avale quelques poils de loup, ses avant-bras en sont couvert, peu importe, seul le sang importe, le sang, la vie ! J'aspire, je lèche, puis il m'arrache à sa plaie d'un grand coup de coude dans les côtes. Je m'écrase par terre, le souffle coupé, et puis je me relève d'un bond, je ne sais pas comment, courbée vers l'avant, prête à bondir, à fuir, à tuer.
Tout est très net. Incroyablement net. Je vois tout, très bien, même s'il fait nuit. J'ai l'impression que mes yeux se sont ouverts aux ténèbres. J'entends aussi. Jusqu'au pas des insectes dans l'humus. La terre chante, vibre, je le sens, je le sais, et en moi...
En moi... 
Il y a une bête. Aussi féroce et forte et ardente qu'Érik, aussi violente et sauvage aussi. Elle gronde. Elle veut sortir. Elle veut du sang.
Je ne dis rien. Je ne peux pas. Je ne sais pas si je suis Lou ou si je suis la bête ou si je suis les deux à la fois. J'ai l'impression que quelque chose qui, en moi, sommeillait depuis longtemps vient de se réveiller. Je me sens puissante et faible à la fois. J'ai soif. En moi, la bête rue. Elle veut sortir. Elle veut prendre le contrôle, elle veut vivre, elle veut me sauver. Elle essaie de faire taire mon esprit. Elle essaie de prendre le dessus sur Lou-l'humaine. C'est Lou-la-bête.
Je suis l'une et l'autre. 
Je suis la bête et l'humaine en même temps et encore autre chose. J'ai l'impression que je vais céder, que mon esprit Lou-l'humaine fait digue pour ne pas se laisser submerger par Lou-la-bête. Je veux tuer. Je veux du sang. Je veux vivre. 
Calme-toi, Lou. Tu as soif, très soif, c'est vrai, tu as soif. Oui, tu veux boire. Tu veux du sang. Ne t'inquiète pas... 
Je ne veux pas que Lou-la-bête gagne. Elle ne sera pas capable de réagir comme il faut. Elle survivra, mais elle fera une erreur. Calme-toi. Fais confiance à Érik. 
Je bande toute ma volonté pour faire comprendre à Lou-la-bête qu'elle ne doit pas sortir maintenant. Que le sang va venir, que je vais vivre. J'ai l'impression de n'avoir jamais rien fait d'aussi difficile de toute ma vie. Même ne pas se précipiter à l'intérieur du château quand j'ai compris que Romaric s'était fait prendre c'était rien à côté de ça. Je rue, je gronde en moi-même, c'est toujours moi et je me parle à moi. Je suis les deux en même temps et mêlés et opposés. J'attrape mon bras et je le serre fort, très fort avec mon autre main, en plantant mes ongles dans ma peau, pour ne pas lâcher prise. Je ne dois pas succomber à la soif, j'ai soif, une soif de sang qui va me rendre folle si je me laisse aller un seul instant. 
Calme-toi, Lou. La folie, c'est comme la haine. C'est mauvais pour la survie. Bête en moi, je vais étancher ta soif, alors ne m'envahis pas. Je vais étancher ta soif. Je vais étancher ma soif. 
Je suis calme, maintenant. J'ai toujours aussi soif, je veux boire, mais je suis lucide. Je n'ai pas succombé à la bête. Elle est prête à jaillir mais pour le moment, elle s'est tapie dans un coin de moi, silencieuse et attentive. Je ne dois pas la décevoir, ou elle ressortira. 
Je me redresse, je lâche mon bras. Le combat est terminé, pour le moment. Mais je suis incapable de penser à autre chose qu'à la soif. 
Je lève les yeux vers Érik. Il a l'air content, à sa manière.
- Première chasse, petite. 
Il se retourne, je le suis en titubant. Deux ou trois dizaines de pas plus loin, on trouve un homme occupé à se frotter le bas du ventre contre un porc. Il nous tourne le dos et pousse de petits cris, on dirait ceux de Maman quand Papa et elle allaient dans la grange. Je ne comprends pas ce qu'il fait, mais je sens qu'il n'est pas comme Érik et moi. Je ne le vois pas comme un humain, mais comme une proie. Comme une réserve de sang. Lou-la-bête rue en moi. Elle le veut. Lou-l'humaine aussi. J'ai soif. Tellement soif ! Je sens la barbe d'Érik tout près de mon oreille.
- Ne le tue pas. Vas.
Je ne me le fais pas dire deux fois. Occupé à son affaire, l'homme ne nous a même pas vus arriver. Je saute dessus, j'entoure son cou de mes bras. Il tombe en criant, le cochon en profite pour se carapater en couinant, je m'en fiche, je ceinture ses bras avec mes jambes, sa tête avec un bras, je découvre sa gorge, j'y plante deux croc tout neufs. Le sang coule, je bois, je bois, c'est tellement bon, c'est délicieux, je veux encore, je colle mes lèvres à ses plaies pour en aspirer plus, plus vite, du sang ! Lou-la-bête est contente, je suis contente, du sang, de la vie !
- Lou !
La voix est impérieuse. Ce n'est pas l'espèce de truc magique de Philippe qui vous ferme le clapet, c'est juste mon père qui me donne un ordre. J'obéis. Je lâche à regret ma victime. D'instinct, je lèche la plaie avant de l'abandonner. Elle cesse de saigner, se referme, disparaît. Bon à savoir. Je vérifie, aussi. Il respire, il est vivant. Pas beaucoup plus, mais vivant. Je ne l'ai pas tué. J'ai l'impression que je ne pourrais pas désobéir au moindre des ordres de mon père.
- Je ne l'ai pas tué, ais-je besoin de répéter.
Il hoche la tête. Il sait, bien sûr. J'ai encore un peu soif, beaucoup même. Mais si je bois encore le sang de celui-là, il va mourir. Je ne demande rien à mon Sire. Il sait déjà. Il repars. Cette fois je sais que nous allons plus loin, mais je suis assez forte pour le suivre à coup sûr. S'il court, je courrai derrière lui. S'il rentre à Paris, je le suivrai. Ce qu'il m'enseignera, je l'apprendrai. Je serai digne de lui ou je paierai mes erreurs. 
J'ai beaucoup de questions à poser, beaucoup de choses à apprendre. Je sais pourtant déjà qu'il est temps de rentrer. Il ne reste qu'une demi-heure avant l'aube, il me faudra boire encore la nuit prochaine. J'ai autant de nuits que je veux, maintenant. Je ne mourrai pas. 
Nous allons trouver un endroit où dormir, mon père et moi. 

Netra, première session d'enregistrements J-19

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Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen

2011-05-08 22:33:51 

 Commentaire Netra, exercice n°89 -2Détails
Ca, c'est tout bon! Enfin Lou se pose et nous livre quelques clés, en particulier pourquoi elle n'a pas bougé pendant 5 ans. Et en même temps, à la voir nostalgique devant le soleil couchant, on se demande pourquoi elle a accepté de renoncer à la lumière!
Le mélange présent/souvenirs est bien dosé; elle se souvient des bons moments de sa vie avant de basculer dans l'inconnu, c'est logique.


Bricoles:
- je retournée: suis
- un peu perdue... un peu peur...
- animal de compagnie pratique... esclave pratique... c'est très pratique...
- d'où je venais, pourquoi ni ce que j'avais: pourquoi, ni
- je vais retrouver Erik. On se retrouve


Bon. Tout ceci prend tournure. Je continue!
Narwa Roquen,qui ne lâche pas l'affaire!

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Netra  Ecrire à Netra

2011-05-09 23:32:19 

 Passer du côté obscur... Détails
Je vais corriger les fautes et répétitions de ce pas !

Par contre pour les raisons qui la poussent à accepter l'étreinte, elles sont tout de même sous-entendues clairement derrière son amertume. 

D'abord,les vampires sont plus puissants que les humains, et ça elle ne l'ignore pas. Abélard est vivant, Abélard est un vampire, donc si elle veut sa vengeance...

Ensuite... Et bien c'est tout le propos de la troisième partie !


Edit : ah ben en fait je peux plus éditer le post... Il doit être trop vieux... Tant pis vais corriger sur mon fichier quand même ^^
Netra, cadet de la bande depuis 8 ans.

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Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen

2011-06-14 22:36:02 

 Commentaire Netra exercice n°89-3Détails
Retournement de situation inattendu! La jeune Lou est en grand danger, mais comme je trouvais dommage qu'elle finisse vampire, ça me va plutôt bien. Et puis quoi, c'est l'héroïne, elle ne va pas mourir, sinon il n'y a plus d'histoire!
Le récit est haletant. La chasse est passionnante, le lecteur se régale! Evidemment, au moment le plus palpitant, pub!


Bricoles:
- où je pourrais être invisible: pourrai
- ton croc avait blessé le serpent-vampire: comme l'impression d'avoir raté un épisode! Ou tu mets une note explicative, ou tu donnes plus de détails! Sinon, c'est frustrant!


Tu as un talent certain pour les scènes d'action. Je continue!
Narwa Roquen,qui ne lâche pas son os

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Netra  Ecrire à Netra

2011-06-18 15:25:48 

 Le Serpent-vampireDétails
Ah, zut, j'ai oublié ça dans les explications du début !

ça s'est passé peu après le récit précédent, Hildegarde, Mael et Lou se sont retrouvés à devoir descendre dans une crypte sous le château de Lehon, où ils ont combattu un vampire qui s'est changé en serpent. C'est là que Lou a découvert que, si la plupart des armes normales (son poignard, la dague d'Hildegarde et l'épée de Mael) n'atteignaient pas le vampire car les plaies se refermaient, ce n'était pas le cas de son croc : la blessure restait ouverte et saignait abondamment. Malheureusement, entretemps, elle se l'est fait voler par le prévôt de la ville de Dinan dans des circonstances assez humiliantes et il lui a donné, à la place, une excellente imitation... ce qu'elle vient de découvrir. Voilà ^^
Netra, qui prépare son concert de ce soir avec un sérieux très très relatif.

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Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen

2011-07-13 22:57:06 

 Commentaire Netra, exercice 89-4Détails
Tout d’abord je te décore de la Médaille d’Or de la Patience ! Je ne suis pas très fière de tout ce retard, mais les journées n’ont que 24 h et je n’ai plus 20 ans, moi...


Donc, après la coupure-pub, voilà que la situation s’inverse brutalement. Coup de théâtre ! C’était pour de faux ! Je suis un peu déçue mais tu te rattrapes en enchaînant sur le « passage », moment apparemment orgasmique qui est décrit avec justesse. Je ne peux m’empêcher de penser à tonton Freud, qui aurait épilogué en ricanant sur ce père symbolique qui assouvit le fantasme oedipien...
Le dilemme bête/humaine est excellent. C’est l’instinct de survie qui gagne, et c’est plausible. Lou a appris depuis longtemps à survivre quoi qu’il arrive.
En revanche quand elle trouve sa première proie et qu’elle dit « je ne comprends pas ce qu’il fait », ça m’étonne un peu. Elevée à la campagne, elle a sûrement vu des accouplements d’animaux. Que ça l’étonne, je veux bien, mais de là à ce qu’elle ne comprenne pas... Elle n’a pas l’air assez naïve pour ça.
Le titre, faisant suite à « Dernière chasse », est bien trouvé. La mort et la renaissance.

Bricoles :
- incendier une église et voler des livres : en général on met le plus important à la fin...
- ses avant-bras en sont couvert : couverts.
- Quelque chose qui, en moi, sommeillait depuis longtemps vient de se réveiller : je propose : quelque chose, qui sommeillait en moi depuis longtemps, vient de se réveiller
- Vas : va ( tu vas, mais « va ! »)
- Je ceinture ses bras avec mes jambes : l’homme est à terre ; je suppose qu’elle est à califourchon et que ce sont ses genoux qui plaquent les bras de l’homme contre son corps
- Ais-je besoin : ai-je
- Il repars : repart


C’est sûrement un des meilleurs épisodes. Il faut dire que le moment est exceptionnel, et tu l’as bien rendu.
Je pense que ça serait le moment de rappeler au lecteur pourquoi elle a fait ce choix, et d’y glisser quelques mots sur ses projets d’avenir. Parce que quand même, il faut une sacrée motivation... et le lecteur ne doit pas perdre le fil de l’histoire !

En tout cas merci pour ces bons moments.
Narwa Roquen,après les cerises et les prunelles, les prunes!

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Netra  Ecrire à Netra

2011-07-14 21:10:30 

 Tout vient à point... Détails
... à qui sait attendre. Lou est fort patiente, et moi aussi en dépit des apparences ^^

En fait j'ai été très content que tu te laisses avoir, comme Lou, au petit jeu d'Erik (elle ne lui en a pas voulu bien longtemps) ceci dit elle se serait forcément fait étreindre, sinon moi j'aurais pas pu continuer à jouer.
Pour ce qui est de la scène de sexe je suis pas certaine qu'elle ait pigé que c'est possible entre espèces distinctes XD

Je corrige les fautes sur mon document mais je peux plus le faire sur le post, après 15 jours c'est plus éditable T-T

Bon et faut que je participe à tout le reste...
Netra, en saison, en Bretagne *-*

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