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 WA - Participation exercice n°29 - partie 2 sur 3 Voir la page du message Afficher le message parent
De : Maedhros  Ecrire à Maedhros
Date : Dimanche 6 janvier 2008 à 18:32:09
Oui, j'avais dit 2 parties. Mais l'histoire s'est un peu plus développée. Je vous jure qu'il n'y aura pas de 4ème partie!
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2


«Atterrissage effectué ! Le pilote se retourna vers Joshua : c’est quand vous voulez Commandant. »

« Rien à signaler ?» s’enquit Joshua en ajustant le gilet d’intrusion et en vérifiant que rien n’entravait ses mouvements.

« RAS. Les poulets dorment! » L’histoire s’était répandue comme une traînée de poudre parmi l’équipage. Joshua ne regarda pas l’exobiologiste tandis qu’elle s’harnachait en faisant mine de n’avoir rien entendu. Personne ne gloussa du reste.

Il faisait un beau clair de lune. L’air sembla très pur aux narines des huit humains qui se regroupèrent. A côté du sergent Hartmann, les trois marines, Poncho, Drake et Witt, mâchaient leur gomme sans quitter la lisière des yeux. Silencieusement, la navette s’éleva dans la nuit, prenant rapidement de l’altitude, les laissant seuls en terre étrangère.

Howard, les mains sur les hanches, était légèrement cambrée telle une pulpeuse pin-up sur la couverture d’un numéro d’Amazing stories. Pindleton portait à l’épaule un grand sac plein de jouets qu’il avait fabriqués. Joshua leur dit alors :

« Nous y sommes. Cette expédition n’est qu’un rapide touch and go. Trois petits tours et puis on s’en va! La cavalerie arrivera plus tard. Alors pas de risque inutile. Dans trois heures, on repart. Des questions? Non ? Alors go !»

« Chef, quelque chose nous observe dans les frondaisons! » prévint Poncho, une main sur son Schwarzy, l’autre plaquée sur l’oreille pour mieux localiser la source. C’est un poulet...d’après la signature thermique. Il est immobile et nous regarde! »

« Commandant, murmura le colonel Swingson, il pourrait donner l’alarme! Il faut le neutraliser. »

« Sergent, vous pouvez le faire d’ici sans le tuer ? » demanda Joshua. L’exobiologiste lui en sut gré du regard même si Pindleton ne sembla pas s’émouvoir outre mesure.

« Monsieur, un marine pisse du napalm et vide un chargeur dans le cul d’une mouche à 200 mètres, monsieur. Là, c’est du gâteau. Drake, allume-moi ce nuggets sur pattes, intensité minimale. De la douceur, du doigté, de la délicatesse mais arrache-lui les plumes du croupion illico ! » beugla sotto voce le sergent Hartmann.

Le Marine, vif comme l’éclair, épaula, visa et tira. Un mince faisceau lumineux scintilla brièvement. Un léger bruit de feuilles froissées s’éleva dans les taillis à cent cinquante mètres devant eux. Sur un nouvel ordre du sergent, Poncho et Witt filèrent au pas de course pour se saisir de la créature abasourdie.

A leurs pieds, la pauvre bête ligotée avait quelque chose de dérisoire. La ressemblance avec un poulet était flagrante. Dans la pâle clarté lunaire, on aurait dit une volaille géante, au teint jaunâtre, prête à cuire. L’effet du paralysant maintenait ses grands yeux ronds écarquillés. Son bec était à moitié ouvert sur un cri impuissant. Pas la moindre trace de vêtement. Ses mains à quatre doigts s’agitaient faiblement.

« Si on se faisait quand même un Thanksgiving, là sur le pouce ? Ricana Hartmann, goguenard. Vous n’allez pas me dire que c’est çà, l’espèce dominante de cette planète? »

« Parce que le Marine représente le sommet de l’évolution peut-être? L’exobiologiste lui jeta un regard noir. Elle posa une petite biosonde sur le poulet. Il n’est pas mort. A part ses membres supérieurs, il a tout du Gallus gallus domesticus, un poulet élevé pour l’abattage. Je vais lui injecter quelques nanos, comme ça, si on le relâche, on pourra le suivre à des parsecs à la ronde. Voilà, c’est presque fini...merde, il se réveille déjà ? » Elle se recula vivement.

En effet, le grand poulet secoua sa tête, faisant danser sa crête rouge sombre. Il essaya de se relever mais les cordes l’en empêchèrent. Ses yeux s’arrondirent davantage quand il vit les humains. Il ouvrit son bec pour caqueter nerveusement une courte phrase qu’il répéta à l’envie.

« C’est curieux, on dirait un langage. Branchons nos traducteurs, proposa Pindleton. Tous suivirent tous son conseil. Et le volatile de s’égosiller de plus belle :

« Je suis dans une merde internationale...je suis dans une merde internationale... je suis dans une merde internationale...»

« C’est une antique langue, d’origine terrestre! s’exclama Joshua. Une langue européenne, morte évidemment. Du français...D’après le traducteur, cette langue et cette culture ont disparu pendant les Grands Conflits. »

« Comment ces poulets ont-ils pu apprendre le français ? » s’étonna Hartmann.

« Attendez un petit peu...oui...Vous vous souvenez du vaisseau écrasé. Figurez-vous qu’il était parti d’une planète reculée de souche francophone. Voilà le lien avec la langue morte! » Pindleton était surexcité.

« Le pilote n’avait pas survécu au crash non? » rappela Howard dubitativement.

« Oui, c'est ce que disait le rapport! Mais le fait est que ce poulet parle français! Lui répondit Pindleton. Que fait-on maintenant que l’effet de surprise a disparu. On l’élimine ?

« Pas si vite! » Joshua réfléchissait à toute vitesse, ce qui était une erreur. « La mission doit être réévaluée à la lumière de ces nouveaux éléments. S’il y a un lien entre les poulets et le vaisseau français, il faut essayer de réunir des preuves. Il faut se rendre là où il s’est écrasé. Monsieur Oldtown, combien pour aller là-bas ? »

« Approximativement une heure et quart Commandant! » calcula le navigateur à bord du Rambo IV.

« Bien reçu! S’il parle, c’est que ce poulet a une forme d’intelligence. On pourrait essayer de communiquer avec lui ? Comprenez-vous ce que nous disons ? Articula posément Joshua en s’accroupissant devant le volatile.

« Messieurs, votre accueil me bouleverse mais ne saurait égarer mon jugement ! » croassa la volaille en le fusillant du regard, la crête hérissée d’une juste colère. « J’ai bon caractère mais j’ai le glaive vengeur et le bras séculier! »

« C’est étonnant, ce qu’il dit est parfaitement traduit mais ne veut strictement rien dire. C’est bien du français, mais cela n’a aucune signification! » s’exclama Pindleton.

« L’heure tourne. Il faut bouger si on veut faire quelque chose d’utile, les prévint Swingson. Mes hommes vont le ligoter de façon qu’il puisse avancer sans pouvoir fuir. »

« OK. Je retente une expérience, dit Howard en se penchant à son tour. Nous sommes des humains et nous venons en paix. Je suis le Dr Howard. »

Le volatile répondit du tac-au-tac avec un curieux accent traînant :

« D’habitude avec les nanas, je dépasse jamais le diabolo-menthe ou le jus de fruit. Mais avec vous Mademoiselle, le champagne s’impose! Et millésimé ! » Une lueur égrillarde s’alluma dans son regard.

« Bon, intervint Swingson, on en tirera rien. On le bute tout de suite, ni vu ni connu. Et on recommence depuis le début! » Derrière lui, les Marines acquiescèrent en hochant vigoureusement la tête, toujours partisans des solutions radicales.

Le poulet poussa un cri pathétique :

« Le flinguer comme ça, de sang froid, sans être tout à fait de l’assassinat, y aurait quand même comme un cousinage ! »

« On ne va pas le tuer Colonel, dit doucement Joshua en regardant Swingson. Il pourrait nous être utile, qui sait, nous indiquer le chemin dans ces bois !»

« Je veux bien être pendu s’il sera d’une quelconque utilité! Intervint Pindleton en se rapprochant dangereusement des vues du militaire. Est-ce qu’on peut seulement lui faire confiance ? »

« Depuis Adam se laissant enlever une côte jusqu’à Napoléon attendant Grouchy, toutes les grandes affaires qui ont raté étaient basées sur la confiance » lui répondit le poulet, rouge de rage, ayant réussi tant bien que mal à se dresser sur ses ergots.

« Dis Rocky, est-ce que tu pourrais nous conduire dans la forêt? » lui demanda l’exobiologiste d’une voix très douce, de cette voix qui déshabille les militaires de carrière.

« Je connais tous les chemins de mon pays ! » se défendit le poulet en secouant la crête.

« Vous voyez, il pourra nous aider! » Joshua se raccrocha à cette excuse. De toute façon, les gilets connaissent les coordonnées, aucun risque de se perdre. En avant! »

Hartmann et ses hommes encadrèrent le petit groupe qui s’ébranla. Le volatile était tenu en laisse par Witt, qui ouvrait la marche. Rocky s’aperçut que la science des noeuds appartenait aux hommes : il ne pouvait qu’aller au pas, sinon la corde l’étranglait cruellement. Tous l’entendirent grommeler haut et fort:

« Attention, j’ai des relations, des gens très hauts placés qui peuvent vous faire de très graves ennuis, des gens de haut rang ! Y’a des vents contraires, la dégoulinante infernale, le poteau noir, la scoumoune...Mais y’a ceux qui s’effondrent et ceux qui réagissent !» Si ces phrases avaient un sens, il leur échappa totalement et cela ne laissa pas de les plonger dans la plus grande perplexité.

La forêt était dense et silencieuse. Aucun bruit ne venait rompre un silence oppressant. L’obscurité se teintait d’une curieuse phosphorescence émeraude, l’aube n’était plus très loin. Aucun pépiement d’oiseau ne résonnait dans les hautes branches. Aucune piste n’était tracée et il leur fallait éviter troncs abattus et bosquets de lianes menaçantes qui fouettaient l’air de façon sinistre. Le sol était meuble, lourd et gras. Heureusement, ils étaient guidés par leurs gilets en liaison avec le vaisseau en orbite. Même s’ils n’empruntaient pas une ligne parfaitement droite, ils progressaient dans la bonne direction.

Les quatre Marines marchaient d’un pas égal, énergique et élastique, ne semblant éprouver la moindre fatigue. Le volatile trottait docile, épiant les ombres de part et d’autre de leur route. C’est Howard qui flancha la première :

« Holà, j’en ai plein les bottes. On peut faire un arrêt de cinq minutes ? »

Joshua l’aurait embrassée. Cela faisait plus d’une heure qu’ils crapahutaient. Il leva l’avant-bras :

« D’accord. Pause de cinq minutes. Sergent, sécurisez le périmètre. Il nous reste peu de chemin à faire avant d’atteindre le lieu du crash. Profitons-en pour se restaurer un peu. »

Pindleton s’installa confortablement sur un tronc couvert de mousse. Il sortit d’une des poches zippées de son gilet une barre nutritive General Food emballée dans son étui kaki. Il la porta à sa bouche en poussant un léger soupir de contentement. Swingson l’avait imité tout en faisant les cent pas. Ses hommes étaient sur le qui vive, en parfaits professionnels. Witt avait attaché la laisse à une vieille souche. A l’autre bout, Rocky, avait les yeux exorbités et tendait son cou de poulet vers les humains en s’écriant :

« Vous avez de la pâte? Vous avez du suc’ ? Avec la pâte, vous faites une crêp’et vous mettez du suc’ dessus ! » Une immense détresse filtrait dans sa voix.

« Qu’est-ce qu’il raconte ?demanda Pindleton, en avalant une longue gorgée de sa cannette de Mwouaips survitaminé.

Rocky devenait frénétique, sautillant sur place, tirait sur sa laisse vers eux, la cordelette s’enfonçant dangereusement dans son cou :

« Vous avez de la pâte? Vous avez du suc’ ? Avec la pâte, vous faites une crêp’ et vous mettez du suc’ dessus !»

« Il a peut-être faim tout simplement, fit observer l’exobiologiste. Ce qui m’étonne, c’est qu’il ne cherche pas sa pitance sur le sol! Je vais lui donner un peu de g-food, on verra bien! ».

Elle émietta la barre nutritive près du poulet. Rocky se pencha et se saisit d’une miette qu’il porta à son bec. Il goûta d’abord prudemment puis, apparemment satisfait, il ramassa le reste à toute vitesse pour l’avaler goulûment. Après quoi, il rota bruyamment, faisant rire les humains qui l’observaient. Il passa une main sur son bec et leur déclara :

« Tu vois, la liberté c’est de pouvoir manger des carottes râpées dans l’emballage!» Et comme pour donner plus de force à son propos, il rota à nouveau, plus fort encore.

« Après le solide, le liquide ! » Hartmann s’approcha de Rocky et versa un peu du contenu de sa cannette dans un des gros éclats de bois concaves jonchant le sol inégal. Tu peux boire ça mon Rocky, c’est le breuvage des hommes qui en ont ! »

Le poulet abaissa son cou et trempa son bec dans le liquide ambré. Il sembla grimacer un peu mais revint à la charge après une petite hésitation.

« Qu’est-ce que vous lui avez donné Sergent ? » s’inquiéta bien tardivement Joshua.

« De la bonne Veuve de Guerre, la boisson préférée des Marines. Pas frelatée ni coupée. Raide et forte, pétant pas loin de 90 degrés au compteur ! »

« Mais vous allez l’intoxiquer! » s’alarma trop tard l’exobiologiste en voyant Rocky chanceler sur ses pattes, comme pris de vertiges. Le poulet ferma et ouvrit rapidement ses yeux tout ronds en poussant un petit cri puis, regardant le Marine, il dit d’une voix pâteuse :

« Tu sais ce qu’il me rappelle, cette espèce de drôlerie qu’on buvait dans une petite tôle de Biên Hoa pas très loin de Saïgon...les volets rouges.... et la taulière, une blonde comac...comment qu’elle s’appelait déjà ? » Et il replongea son bec dans le breuvage.

« Un vrai petit Marine, ce Rocky! » se moqua Swingson en s’asseyant près de Joshua. Les autres se mirent à rire en voyant le poulet se trémousser de plaisir et répondre au colonel :

« Excusez-moi, mon colonel, mais vous savez, une brute, ça rit d’un rien hein, un missile qui passe, un champignon qui monte dans le ciel, le temple d’Angkor qui passe au-dessus de Billancourt...J’me marre de tout, j’ai des goûts simples ! »

Pindleton se tapa les cuisses en riant à gorge déployée. Le traducteur faisait bien son travail mais les phrases prononcées par le grand poulet n’avaient toujours ni queue ni tête! Joshua se leva et donna le signal du départ :

« Allez, c’est à dernière ligne droite. Encore un petit quart d’heure. Je demanderai à la navette de nous récupérer là-bas ! »

to be continued

M


  
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