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 WA, exercice n°12 Voir la page du message 
De : Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen
Date : Mercredi 7 mars 2007 à 18:43:08
Allez, encore un petit exercice facile et ludique avant d'attaquer les choses sérieuses...
J'aimerais que vous décriviez un monstre, une créature totalement sortie de votre imaginaire, horrible et effrayante à souhait; pas besoin de scénario ( mais ce n'est pas interdit), juste un portrait. Ca peut être horrible ou drôle, à votre convenance, ou les deux...
Vous avez jusqu'au jeudi 22 mars (et n'oubliez pas le Concours!).
A vos plumes, amusez-vous bien!
Narwa Roquen,je frissonne, tu frissonnes...


  
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Réponses à ce message :
Elemmirë  Ecrire à Elemmirë

2007-03-08 11:08:03 

 Comme d'hab...Détails
... Je suis la première à répondre au WA, et c'est pour dire que je suis à la bourre... ^^
Bon, ça va, je n'ai qu'un exercice et demi de retard. J'abandonne le 10, je me mets au 11 d'ici peu, et le 12, euh... Ou alors, ... *idée* On va voir si c'est réalisable, ça :)

Elemm', membre très actif de la FDER

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Limie  Ecrire à Limie

2007-03-08 12:16:23 

 C'est pas que je copie...Détails
... mais j'y arrive vraiment pas à l'exo 10, le 11 je n'ai même pas eu le courage ne serait-ce que d'essayer....
Ce que je vais surement faire, c'est de mettre le 10 de côté, et si un jour l'inspiration venait (on sait jamais, je crois bien aux fées) je verrai.
Mais, Ô grande courageuse que je suis, je vais faire un effort pour celui-ci, si si promis!!!!

Limie, une vouivre qui préfère se chauffer au soleil sur un rocher que de rester enfermer dans sa grotte

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Maedhros  Ecrire à Maedhros

2007-03-13 20:38:55 

 WA - Participation exercice n°12Détails
Bonsoir

L'exercice n'est finalement pas si simple. J'ai voulu écrire une histoire "délirante" qui égrène une conjugaison infernale. C'est assez loin de mes jardins de prédilection et le thème n'est pas entièrement absent...mais je dirais assez distordu...avec au passage un clin d'oeil g_o_t_hique..

Bonne lecture.

-----

JE VOUS TU...



Je vais vous dire qui je suis. En tous cas, je vais essayer de vous décrire ce que je suis devenu. Vous avez écouté les infos, vous avez fait des recherches, vous avez même eu la visite des hérauts de la sécurité publique. Je ne vous cacherai pas plus longtemps la réalité. Ce que vous savez sur moi est vrai...du début à la fin...Mais cela n’est qu’une partie de ma réalité. Je vais vous en dire plus...beaucoup plus. Je ne suis pas certain que vous allez aimer ce que vos oreilles vont entendre .Mais vous êtes là pour ça non ?

Par où commencer ? Le début serait approprié : la naissance du monstre en quelque sorte. Car je suis un monstre, c’est bien ce qu’ils disent. Croyez-vous que je sois un monstre ? Ah, j‘oublie que vous ne pouvez répondre, c’est l’ironie de la situation. Moi, je suis dans le réel tandis que vous, vous êtes aussi impalpable qu’un rêve strié de rouge et noir. Vous n’êtes pas de mon monde mais vous m’écoutez, c’est évident. Je me rappelle la première fois où j’ai regardé dans le miroir. Cette image n’était pas moi, n’était plus moi, oh non ! Une qualité et une profondeur de regard différentes, une crispation incontrôlée des paupières et la commissure des lèvres légèrement tirée vers le haut. Je vous assure que j’ai aussi sursauté en découvrant cette facette de ma personnalité qui surnageait à travers la buée recouvrant la grande glace de la salle de bain. Je me suis rapproché de cet inconnu si familier qui me dévisageait également de l’autre côté. J’avais quel âge ? Seize, non dix-sept ans. J’étais jeune, si jeune...J’ai si intensément plongé mes regards dans ses regards que, finalement, je n’ai plus su qui regardait l’autre. Et j’ai soudain vu un adolescent effrayé qui respirait difficilement, les mains cramponnées sur le rebord du lavabo, une expression paniquée lui dessinant un masque pathétique. Le robinet était grand ouvert à tel point que l’eau a fini par déborder de la vasque. Une eau teintée de rouge...Je garderai toujours en mémoire ce visage lunaire et enfantin qui pleurait, qui pleurait, mais qui ne le savait pas. Ses larmes baignaient le carrelage à ses pieds en longues traînées vermillon.

Voilà comment je suis né. Vous voyez, il n’y pas eu de pacte diabolique, ni de sorcière sur un grand balai. Pas plus qu’une créature de cauchemar aux formes tourmentées et aux babines retroussées sur des canines démesurées. Non. Juste une image différente. Une autre façon de lire l’âme humaine. Vous écoutez toujours ? Je sais qu’il est tard et que vous êtes fatigué, mais vous êtes fasciné par mon histoire n’est-ce pas ? C’est l’ironie de la situation. Regardez-moi. Vous me trouvez horrible ? Vous me trouvez repoussant ? Ne faites pas attention à l’odeur. Cette pièce n’est pas suffisamment ventilée. Oh, vous avez vomi ? Je peux comprendre. Je répète la question charitablement. Me trouvez-vous repoussant avec ma barbe de quinze jours, mes dents cariées et mon haleine de hyène ? Me trouvez-vous horrible avec ces scarifications sur les joues et le front et ces tatouages serpentins autour de mes avant-bras. Non, ça, n’importe quel g_o_t_hique extrême ne serait pas moins écoeurant. Tiens, vous souriez, bravo, je vois que vous n’avez pas perdu le sens de l’humour ! Hélas, le monstre n’est pas caché là ! Mais pouvez-vous affronter mon regard ? Non, vous détournez les vôtres. C’est ici que vit ce monstre que vous brûliez de connaître.

Au milieu du chemin de ma vie, je me suis retrouvé au fond d’une forêt obscure, car j’avais définitivement quitté la voie droite. Je me suis alors enfoncé dans le Cocyte où m’attendaient mes trois compagnes, les voix de l’Enfer. J’ai longtemps marché dans l’ombre de mes péchés, laissant derrière moi des traces barbares. La route a été jalonnée de stations cruelles où je t’ai cherché dans le moindre des miroirs. J’ai souvent cru t’avoir retrouvé. Mais à chaque fois, ce n’était qu’un reflet mensonger qu’il m’a fallu détruire pour ne plus être abusé. J’ai brisé ces verres incapables de te montrer le chemin qui te ramènerait vers moi. J’ai disposé leurs éclats étincelants dans l’eau maculée en retournant cependant contre terre leur face fallacieuse. Oui, je t’ai cherché longtemps dans ce regard meurtrier qui devenait de plus en plus fou. Tu étais parti...loin de moi, loin de moi...j’ai appelé ton nom, déchirant ma gorge qui ne parvenait plus à en prononcer correctement les syllabes.

Il y avait derrière moi des lumières tournantes, des cris, des pleurs et des supplications. Les voix dans l’enfer de ma tête murmuraient sans relâche, jusqu’à ce que je finisse par les écouter. L’une d’entre elles surtout. Elle me promettait constamment le repos et l’apaisement après un ultime baiser. Elle me chuchotait que ce baiser m’apporterait la rédemption et que je regagnerais ainsi mon âme perdue.

Vous ne me dites toujours rien. Vous me connaissez si bien pourtant. J’ai exaucé votre voeu le plus cher. Approcher le monstre, dépeindre son aristie pour pénétrer dans sa légende. Vous avez chèrement payé pour ça. Mais ils vont vous aimer pour ça. C’est vrai que cet égout est sinistre, le passage du métro fait trembler les murs en soulevant la poussière tamisée par la luminosité blafarde qui filtre de l’avenue au-dessus. Votre monde est là-haut. Dans la vraie lumière de Dieu. A portée de main, si loin de vous. Ici, c’est un monde souterrain, mon jardin de Gethsémani où je me terre le jour pour mieux le chercher la nuit venue. Il y a cet immense miroir laissé là par des ouvriers négligents. Il est magnifique n’est-ce pas ? J’ai patiemment nettoyé et poli sa surface jusqu’à ce que s’ouvre cette fenêtre magique. C’est par là qu'il viendra, je le sais.

Je regarde par cette fenêtre au plus profond des ombres épaisses qui s’élèvent en volutes grisâtres. Je vois un visage au contour familier qui émerge lentement du néant. Les traits se précisent et s’affinent. C’est toi, n’est-ce pas ? Tu es si jeune et si vieux à la fois. Si vieux et si jeune. On dirait que le temps est passé sur toi comme une locomotive. Tu glisses dans ma direction. C’est vraiment toi. Après toutes ces années tu es revenu enfin. Le vide sera comblé et le tout reformé. J’ai tellement attendu cet instant, tellement souffert pour te retrouver. Je n’entend plus les voix dans mon crâne. Elles se sont finalement tues.

Laisse-moi t’embrasser et mon âme me sera rendue. Tu as fini de fuir. Tu n’es plus ce jeune garçon terrifié par ses propres actes, qui s’est réfugié loin de ce monde pour nier ce qu'il avait fait. Les docteurs ne m’ont pas perverti. Je n’ai pas accepté leurs trente pièces d’argent. Ils sont loin ou morts à présent. Que tes lèvres sont dures et froides...

Mais vous, vous qui regardez, vous êtes bien celui qui montre aux autres n’est-ce pas ? Un journaliste du sensationnel. Votre enquête vous a mené sur des rivages dangereux. Vous allez mourir. Encore l’ironie du sort. Car je vais vous confier un secret : le monstre n'existe que dans le regard de l'autre, telle est sa vraie nature. J’espère pour vous qu’ils trouveront cette caméra qui filme toujours. Non, ne criez pas. Ici bas, personne ne vous entendra. La curiosité a tué le chat, disent les anglais !

M

:diable:

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Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen

2007-03-20 16:17:13 

 WA n°12, participationsDétails
Deux petits textes, et tous les deux à la limite du hors-sujet... C'est Maedhros qui va être content!


texte1
Je suis maudite, docteur, je suis envoûtée, ensorcelée, possédée ! J’ai tout essayé, j’ai vu un exorciste, un dresseur de fauves, un sorcier vaudou, un naturopathe, un électricien, j’en ai même parlé à ma concierge, vous êtes mon dernier recours...
Je suis sous l’emprise d’un monstre abominable qui ne me laisse aucun répit. Son aspect en soi est déjà épouvantable : il porte une carapace métallique qui à la lumière jette des feux aveuglants, hérissée de petites protubérances portant des runes s_a_t_a_n_i_q_u_es qui s’éclairent parfois de lueurs maléfiques. Mais le pire, docteur, le pire, ce sont les sons terrifiants qu’il émet, des hurlements stridents de Bête d’apocalypse, qui vous déchirent les tympans, quand ce ne sont pas des litanies obsédantes qui vous envahissent l’âme pour vous réduire à l’état de zombie. J’ai essayé, docteur, j’ai essayé, mais je n’arrive pas à lui échapper ! Ah il est petit, certes, tout petit, mais justement, ça lui permet de mieux se dissimuler... Il est toujours collé sur moi, dans une poche ou à ma ceinture... Quand je crois avoir réussi à m’en débarrasser, en l’enfermant à double tour dans un coffre-fort blindé dont j’ai jeté la clef du haut d’une falaise de trois cents mètres, je le retrouve malgré tout dans la poche intérieure de mon blouson, vissé contre mon coeur, où il instille son perfide venin. C’est un monstre polycéphale, docteur, je dirais même polyphonique, multivocal, si vous préférez... Je ne sais jamais quelle voix il va prendre pour mieux m’affoler. Par moments on dirait celle de mon patron, à huit heures du matin un dimanche de Pâques, qui hurle « il manque quelqu’un dans l’équipe huit, je t’attends dans trente minutes ! » Et je m’arrache à la tiédeur moelleuse de ma couette, et je cours sur les chemins pour obéir à cet ordre cruel, comme un esclave docile qui redoute le fouet. Parfois c’est une autre voix, faussement mielleuse, qui à toute heure du jour et de la nuit s’acharne à me harceler. « Où es-tu ? Que fais-tu ? Avec qui es-tu ? A quelle heure tu rentres ? »
Ma vie est un calvaire, docteur, une longue suite de supplices... Vous ai-je parlé des images, docteur ? Des fantômes redoutables viennent me narguer sur sa carapace, des visages grimaçants, des figures spectrales qui agressent mes prunelles et reviennent ensuite me hanter au plus profond de mes rêves...
Vous connaissez ce monstre, docteur ? Comment vous dites ? Telephonus portabilis ? Ah, je ne suis pas la seule à être dévorée par ce parasite délétère ? Pensez-vous qu’il y ait un remède ? Une bonne purge ? Non ? Un suicide thérapeutique ? L’euthanasie ? Comment vous dites ? La résignation ? Ah non, la résiliation... La résilience je connais, mais la résiliation... Qu’est-ce que c’est, docteur ? Ca fait mal ?



texte 2
Si c’était une couleur, ce serait le blanc, le blanc glacé d’un visage livide. Si c’était un bruit, ce serait le silence dévorant de la solitude, là où aucun secours ne pourra parvenir. Si c’était une plante, ce serait le lierre familier qui s’enroule et s’attache et étouffe. Si c’était un animal, ce serait le tigre indifférent dont tout le monde sait qu’il est là, dans la jungle à l’abord du village, non pas à guetter, simplement à attendre. Si c’était une odeur, ce serait celle, aigrelette et têtue, de la sueur froide et inutile. Si c’était une forme, ce serait une brume mouvante aux tentacules de pieuvre, changeante dans ses volutes et inaltérable dans sa présence ironique. Si c’était une voix, ce serait un chuchotement aux accents traînants, obsédant et inoubliable, audible clairement au milieu d’une fête foraine, persistant même si on se bouche les oreilles... Si c’était un paysage, ce serait un à pic vertigineux, au sommet d’un glacier éternel, où même les oiseaux ne peuvent plus voler. Si c’était un monument, ce serait un champ de ruines, vestiges d’un temple d’espérance ou d’une forteresse réputée invincible. Si c’était un livre, ce serait « La Peste » de Camus, labyrinthe glacé aux parois de verre. Si c’était une musique, ce serait le « Boléro » de Ravel, spirale d’emprise infinie sous son air sagement anodin...
Ainsi est Elle. On peut surmonter la peur du vide, des araignées, des serpents, du feu, de l’eau, de la mort même. Mais la peur de la Peur, personne, ni l’ami le plus proche ni le thérapeute le plus habile, personne ne peut nous en défaire. C’est peut-être parce que la clef de notre délivrance est située en un lieu jalousement gardé par tous nos monstres personnels, lieu propre à chacun de nous, qui fut créé à l’heure de notre premier cri entre la mort et la vie; c’est peut-être parce que pour accéder à ce sanctuaire il faut atteindre au dépouillement total et au renoncement ultime, à cet état qui fut le nôtre, justement, lorsque nus et impuissants, sans intention et sans désir, nous avons quitté l’Eden par la porte de la Mort, derrière laquelle se cachait la Vie – peut-être.
Narwa Roquen,se rebeller contre ses propres lois est l'expression même de la liberté (et toc!)

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Maedhros  Ecrire à Maedhros

2007-03-20 21:54:56 

 Trespass...Détails
mais ça en vaut le coup...

Le premier texte est un petit diamant drôle et pertinent sur le monstre naissant qui deviendra, quand il sera grand Big Brother. je pense que ce moment arrivera bien plus tôt que prévu. L'enfer c'est simple comme un coup de fil!

Le second est plus intimiste avec des couleurs et des atmosphères nouvelles, une forme de nostalgie alanguie... un lent travelling qui se termine sur un cadrage serré. Tu t'es aventurée élégamment sur une contrée brumeuse et crépusculaire...en son sein, nous pourrions sans doute nous y rencontrer. Ainsi soit elle!

M

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Estellanara  Ecrire à Estellanara

2007-03-21 14:50:09 

 Participation WA n°12Détails
Trophisme



Le monstre a faim. Il n’a rien trouvé à manger depuis des semaines et sa situation est critique. Il erre au hasard entre les arbres et les taillis, écrasant bolets et feuilles mortes de ses pattes massives. Il se traîne car ses muscles ont fondu et son corps le fait souffrir. Le monstre s’arrête et relève la tête. Les fins tentacules qui bordent son mufle s’agitent mollement, cherchant un signe. Mais il n’y a rien. Autour de lui, la forêt est emplie d’une vie frétillante et désordonnée, cris d’oiseaux, reniflement d’un sanglier qui traverse la clairière en trottinant, bourdonnement de mouches aux reflets métalliques. Mais il n’en a cure. Ses entrailles vides le tourmentent.
Le monstre a un corps trapu, massif, avec deux pattes arrières courtaudes, épaisses comme des troncs et deux pattes avant beaucoup plus longues, munies de griffes. Il répand une odeur acre, presque irritante. Sa peau est grisâtre, d’une couleur changeante, comme un ciel nuageux, et parsemée de tâches plus sombres. Une crinière hirsute court le long de son échine et se termine en une touffe rêche au bout de la queue qui balaie le sol. Ses yeux sont énormes et globuleux, avec des pupilles fendues en forme de losanges. Son regard est étrangement fixe, comme aveugle. Le large mufle est bordé de plusieurs rangées de vibrisses de longueurs différentes, certaines touchant presque le sol. Elles s’agitent pour humer l’air.
Le monstre n’a pas de nom. Il ne sait pas ce que c’est qu’un nom. Il existe et c’est tout. Cela fait plusieurs saisons maintenant qu’il vit. Autour de lui, la végétation a cédé ses tendres bourgeons pour de larges feuilles puis les feuilles sont devenues rouges. Il a d’abord été une entité diffuse, éthérée, quasiment sans conscience, flottant dans la forêt. Puis, l’énergie l’a rendu plus fort et plus gros. Imperceptiblement, le monstre est venu à l’existence. Devenu matière, il s’est construit un nid de branchages dans un grand chêne. Il a erré sur son territoire, trouvant ses proies et s’en nourrissant.
Mais la nourriture s’est faite rare et à présent, elle a disparu. Le monstre est rongé par l’inanition. Son flanc maigre laisse apercevoir les os. Sa peau autrefois visqueuse est desséchée et ses yeux sont voilés par une pellicule blanche. A chaque pas, il trébuche.

Le monstre est tombé sur le flanc. Il est devenu trop faible pour se relever. Sur son corps famélique dont toute chair a fondu, des replis de peau flasque sont agités de spasmes. L’air s’échappe de son évent dorsal avec un son rauque qui se termine en sifflement douloureux. Même respirer est une souffrance. Sporadiquement, un tentacule se tend, dans l’espoir dérisoire de glaner quelques précieux instants.
Le monstre va mourir. Les affres de son agonie s’étirent interminablement. A travers lui, on commence à apercevoir la silhouette élancée des fougères. Son image devient pâle ; ses contours se brouillent. Bientôt, il retournera au néant.

Soudain, elle est là, la fragrance divine, la source salvatrice. Les tentacules du monstre s’en saisissent avidement, dans une danse frénétique. Dans un ultime sursaut, il s’ébranle et vacille un instant sur ses membres gourds. Hypnotisé par le fumet qui embaume l’atmosphère, il ne sent plus la douleur. Il avance, lentement d’abord puis de plus en plus vite à mesure que la piste se dessine. Au loin, il entend des voix et le hurlement de chiens. La faim le galvanise, oblitère toute prudence. Il fonce, se balançant sur ses longs bras, piétinant les fourrés sur son passage.
La proie est debout à l’orée du bois. Elle est vêtue d’un pantalon de treillis kaki et porte dans le dos un long fusil à crosse de bois. Mais le monstre ne voit pas ces détails. Ses yeux ne distinguent que les variations de chaleur des corps. La proie est pour lui une silhouette orange et jaune dans un paysage bleuté. Il a ralenti à présent ; il avance en silence. Il doit s’approcher le plus possible. Il sait que son gibier ne peut pas le voir mais peut l’entendre ou sentir le déplacement d’air de ses mouvements.
Les pupilles du monstre sont dilatées par la convoitise. Il est tout près maintenant. Il va pouvoir se nourrir, enfin ! Ses tentacules buccaux se tendent tandis que chaque molécule de son corps affamé se concentre sur l’instant. L’énergie afflue par vagues successives, débordant de la proie. Le monstre l’absorbe avec voracité. Il n’a pas de bouche car sa nourriture est intangible. La force revient dans son corps comme une onde bienfaisante, réchauffant les tissus engourdis, réconfortant les chairs meurtries, effaçant le souvenir des tortures de la famine.
Le monstre se repaît avec délectation du flux savoureux. Il y en a tant ! Ce gibier est exceptionnel. Mais il bouge à présent, il rejoint ses pareils ; il va partir. Le monstre le suit. Il a encore faim. Il lui faudra de nombreuses proies afin de regagner toute sa santé. Il ne peut laisser échapper une telle source d’énergie.

Le monstre a suivi sa victime. Il a quitté la forêt qui était son refuge et son territoire. Il a couru derrière un étrange objet de métal froid le long d’une rivière de pierre lisse et grise. Il a atteint une autre forêt, de verre, de béton et d’acier. Le long des larges sentiers, brillent les silhouettes de gibiers innombrables. Chacun d’entre eux exhale de succulentes effluves. Le monstre s’approche d’un troupeau et aspire goulûment l’énergie. Il suit les animaux en complets anthracites et talons aiguilles et il se gave, encore et encore.

Le monstre s’est installé sur cette terre d’abondance. Il a découvert une oasis de verdure et y a construit un nid. Mais les arbres sont chétifs ici et les branchages ont cédé sous son poids. Il a donc aménagé son gîte dans un souterrain humide. Le monstre a retrouvé la santé. Sa peau est redevenue luisante et visqueuse ; ses yeux globuleux sont clairs ; il répand une odeur d’ammoniaque piquante. Tout le jour, il chasse, quadrillant son territoire de sa démarche simiesque, s’arrêtant pour humer l’air puis repartant.
Un matin, il a senti un picotement sur l’épaule droite. Avec les heures, le picotement est devenu irritation puis démangeaison. Une masse indistincte a poussé dans sa chair. Cela s’agite à présent. Instinctivement, le monstre saisit la gigotante sporulation entre ses tentacules et tire doucement. Elle se détache et flotte dans les airs. Elle n’est pas plus grosse qu’un poing et encore floue mais on devine les bourgeons des membres et de la queue. Le monstre regarde la petite chose qui s’éloigne, portée par le vent.

Le monstre vit dans la nouvelle forêt depuis plusieurs lunes. Il est obèse à présent. Son ventre rond est tendu à craquer et des bourrelets enrobent ses membres. Son épiderme suinte une humeur huileuse. Ses tentacules émettent un faible chuintement et se tendent paresseusement. Il est comblé. Son estomac est toujours plein et ses veines charrient des litres d’endorphines. Si le monstre avait des sentiments, il serait heureux.
Confortablement assis au pied d’un réverbère, il se gorge des senteurs enchanteresses de ses proies. Elles se pressent sur le béton, foule bigarrée, toujours pressée. L’énergie afflue autour du monstre et il n’a qu’à la saisir au passage, comme une exquise sucrerie. Le flux est formé de pensées tourbillonnantes, de bulles de conscience que chacun des animaux émet :
« Aucun candidat ne me plait, alors je ne vote pas... »,
« Les immigrés nous volent notre travail. »,
« Je fais de la perceuse le dimanche à 7h00 si je veux ! »,
« Mais non, la Terre ne se réchauffe pas... »...
Ici, le monstre ne manquera plus jamais de nourriture. Car il n’y a pas de limite à la bêtise humaine.


Estellanara, dans les temps ! Yippee !

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Maedhros  Ecrire à Maedhros

2007-03-21 17:32:51 

 WA - Participation exercice n°12 - BDétails
Juste quelques lignes sur la naissance d'un monstre...cela pourrait presque 'être la naissance du monstre d'Estellanara...il faut un début à tout, même à la bêtise.

____________

LE NID




Je suis très loin de la douce chaleur du nid. La lumière qui perce les lourdes ombres de la forêt me fait mal quand elle touche ma peau découverte. Oui, je suis très loin de chez moi. Mais la tentation est une maîtresse implacable et qui suis-je pour oser contrarier mes instincts ? Je suis si loin de chez moi.

Mes frères sont encore dans la caverne sous la surface, à l’abri de la lumière du jour. Ils attendent serrés les uns contre les autres. Je peux sentir encore la faim qui leur fouaille le ventre, étirant leurs babines en feulements de désespoir. Je suis loin de chez moi. Pourtant, je suis parti. Je me suis détaché de mes frères lentement, comme à regret. C’est une souffrance sans pareille de ne plus sentir le contact physique de leur peau contre la mienne. Griffes et dents. J’ai fait un pas en direction du boyau menant à l’ouverture. Les cris et les râles se sont tus un instant. Dans le noir absolu, j’ai senti le vide qui se formait autour de moi et j’ai perdu l’équilibre. Je suis tombé lourdement sur le sol inégal. La douleur m’a fait hurler et mes hurlements ont réveillé les échos à l’infini. Je me suis finalement redressé et j’ai appelé mes frères.

« Venez avec moi. Il est temps de partir. Nous avons trop attendu. Trop longtemps. Venez avec moi ».

Sans les voir, j’ai perçu leur inquiétude. Nous sommes tellement nombreux dans le nid. La folie nous guette si nous restons encore. Nul n’a bougé. Les cris et les râles ont simplement repris. J’ai su que j’avais cessé d’exister pour le nid. J’avais fait le pas de trop. Hors du cercle j’étais hors du monde...leur monde...mon monde. Mais rester c’était mourir. J’avais atteint la périphérie. Là, régulièrement, des créatures invisibles s’abattent sur le premier rang, dans un grand fracas d’ailes, de griffes, de déchirements de chairs J’ai été aspergé du sang de mon frère juste à ma droite. Je me rappelle encore du grand cri qu’il a jeté, abrégé dans un gargouillis ignoble. L’odeur acre et doucereuse de la mort qui se repassait de sa chair a empli mes narines, mes poumons....j’ai vomi longtemps, jusqu’à ce que les hoquets me plient en deux de douleur et que plus rien ne sorte de ma gorge.

J’ai avancé laborieusement, apprenant maladroitement à me servir de tous mes membres pour assurer un équilibre précaire. Le temps est une notion très relative dans le nid. Les cycles vitaux y sont indiciblement lents et monotones. Pour moi, la distance est un temps. Et la distance se faisait de plus en plus grande avec mes frères de nid. Au bout d’un certain temps/distance, je n’ai plus entendu ni cris ni râles. Le sol s’inclinait, je montais...vers où ?

Lorsque j’ai débouché à l’air libre, il faisait nuit, même si cette notion m’était encore étrangère. Quand j’ai distingué les premières formes, j’ai reculé, saisi d’une peur incoercible, ne comprenant pas ce que mes sens essayaient de traduire. Puis, pas à pas, je suis revenu vers l’ouverture... Ainsi commença un long apprentissage. Tout m’était étranger : les formes obscures, les bruits insolites, les odeurs singulières...J’ai attendu. J’ai attendu. J’ai attendu longtemps à la frontière des deux mondes, chaque instant consolidant mes découvertes. J’ai mangé. Oui. J’ai mangé. D’abord des petites créatures rampantes, molles et douces, qui se tortillaient quand je les empoignais pour les porter à ma bouche. Des sucs et des humeurs ont coulé dans ma gorge et c’était....bon ! J’ai bu aussi, une eau qui courait entre mes pieds. La fraîcheur boueuse a étanché ma soif. Les créatures rampantes se sont fait moins nombreuses et j’ai eu encore faim, une faim grandissante......

Je faisais un nouveau pas vers l’extérieur quand j’ai vu à mes pieds, une créature qui me regardait. J’ai reculé, effrayé, éclaboussant d’eau la paroi rocheuse. C’était beaucoup plus gros. Mais j’avais faim. Il fallait que je mange. Je me suis à nouveau approché...elle était encore là. J’ai plongé ma main mais la créature s’est ...brouillée, s’évanouissant dans le remous boueux. J’ai poussé un cri de frustration. J’avais faim ! L’eau s’est finalement reposée et la créature était à nouveau là, me narguant encore. J’ai essayé plusieurs fois de saisir cette chose sans succès. Depuis j’ai apprivoisé mon image, celle de mon visage. Dents et griffes. Chair et sang. Oui, sauf mes yeux...oh mes yeux...je ne peux oublier leur éclat rougeoyant.

M

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Netra  Ecrire à Netra

2007-03-21 20:09:06 

 WA-participation-exercice n°12, et on est le 21 donc non, je n'entrerai pas à la FDERDétails
Le pire


Le pire ? Non... le pire n'est pas là.

Bien sûr, son seul aspect physique est à ce point rebutant que la première fois je n'ai pu me retenir de vomir trippes et boyaux. Il n'en avait d'ailleurs cure : il dormait. Il dort si souvent et si longtemps que je me demande d'où lui viennent les cernes noires qui soulignent ses petits yeux.? Ah, ces yeux ! A peine une paire de fentes où brille vaguement une blafarde lueur vert sombre. C'est tout ce qu'on en peut voir sous ses poils hirsutes et dont je n'oserai tenter de définir la couleur. Une coque de graisse de crasse, gluante, poisseuse, recouvre les rares parties de son corps que ne le sont déjà par sa fourrure, s'il est toutefois possible de définir ainsi cette chose plus rêche et collante que le paillasson de mon entrée, celui que je ne lave jamais. Il est d'une telle paresse que même manger semble lui peser ; il ne bouge que par stricte nécessité, et encore. Autant dire que je ne rentre plus chez lui sans retenir ma respiration, et chaque fois je crains son réveil, car s'il me découvre chez lui... Ses colères sont redoutables... Dans un coin de son antre, un petit tas brun grossit de jour en jour. Lorsqu'il hurle, tout tremble. Il éructe, il frappe, rien ne peut l'arrêter... Son odeur emplit toute la maison, au point que petit Tom refuse de dormir ailleur que dans ma chambre, la pièce la plus éloignée du refuge de l'autre.
Non, le pire, c'est que je ne peux pas le chasser de ma maison...
Pourquoi ?
Parce qu'un père veuf aime son fils, même pendant sa crise d'adolescence !
MorgaNetra, entre 2 exos de maths et une bière de printemps ^^

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Estellanara  Ecrire à Estellanara

2007-03-22 10:34:28 

 Tiens c'est rigolo...Détails
... ça me rappelle quand j'ai étudié l'allégorie de la caverne en philosophie...

Est', à la veille de son déménagement.

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z653z  Ecrire à z653z

2007-03-22 10:39:45 

 superbe !Détails
Plus je lisais le texte, plus j'attendais la chute qui m'a un peu déçu mais le cheminement est magnifique :)
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z653z  Ecrire à z653z

2007-03-22 10:52:24 

 Exactement la même pensée !!Détails
CF titre
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Estellanara  Ecrire à Estellanara

2007-03-22 11:23:32 

 Pourquoi ?Détails
Si tu as des pistes d'améliorations, je suis ouverte à toutes les suggestions.

Est', vers l'infini et au delà !

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Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen

2007-03-22 15:53:39 

 commentaire Maedhros, ex n°12 ADétails
Effectivement je me suis aperçue à l’usage que ce n’était pas si facile de décrire un monstre...
La vision que tu en donnes est tout à fait intéressante – avec les thèmes qui te sont chers (qui est je, qui est tu, le miroir) – et un titre vraiment excellent. Tu restes dans la suggestion tout en étant cohérent, j’apprécie. Le spectre de la folie plane entre les lignes, avec des accents de vérité très déstabilisants pour le lecteur, qui aimerait bien se rassurer en se disant que c’est juste de la SF... Ce monstre-là est sous emprise, conscient et innocent à la fois, indifférent et tourmenté, totalement clivé...
« Le monstre n’existe que dans le regard des autres ». Phrase très juste, qui définit parfaitement la problématique du trouble mental. Mais je serais allée plus loin, et dans la force et dans l’ambiguïté, en disant « dans le regard de l’autre ».

J’ai presque scrupule à pinailler, mais je ne laisserai pas ternir un diamant sous quelques grains de poussière...
« J’avais quel âge ? Seize ans, non dix-sept ans. » J’aurais dit « Seize ans ? Non, dix-sept. »
« Le visage lunaire de ce petit garçon ». Si c’est le même, ce n’est plus un petit garçon. Si ce n’est pas le même, explique.
« Tu es si jeune et si vieux à la fois. Si jeune et si vieux ». Ok pour la répétition, mais la deuxième fois j’aurais dit « Si vieux et si jeune ».
Ah et puis... Ca me gêne un peu que le miroir ait été laissé là par des ouvriers, je ne vois pas quel usage ils en avaient... Ou alors il faut le dire...

Tu as le droit de contester !
Narwa Roquen,clap clap clap...

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Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen

2007-03-22 16:26:00 

 Commentaire Estellanara, ex n°12Détails
Curieux, ce mélange de charnel et d’impalpable, d’allégorique et de matérialisme, de trash et d’intellectuel... Ce texte est extrêmement original, je dirais même inclassable, mais écrit avec un indéniable talent. J’apprécie la description à petits traits fins ( encre de Chine ?) et ce détachement indifférent qui est l’apanage des vrais monstres. Pas facile de parler d’une chose vivante, hors langage et même hors pensée... Mais c’est un très bel exercice de style, chère amie, mené de main de maître !
Narwa Roquen,clap clap clap...

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Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen

2007-03-22 16:37:11 

 Commentaire Maedhros, ex n°12 BDétails
Toujours en quête d’identités, Maedhros... Toujours en affaire avec des miroirs...
Il est bien mignon, ce monstre-là, ou alors j’ai envie qu’il soit mignon, on a toujours tendance à s’attendrir devant les tout-petits, surtout quand ils sont seuls au monde...
Je ne cerne pas très bien ses contours ( c’est vrai qu’il fait sombre dans ton récit). Griffes, dents, peau, pieds, feulements, babines, yeux rougeoyants... Un sorte de félin glabre ? Ce n’est pas très important. Il y a une empathie extraordinaire dans ce texte, plus je le relis, plus je le trouve félin, très félin...Pour moi ce n’est pas la naissance du monstre d’Est’. Le sien est non-pensant, totalement organique. Celui-ci a des sentiments, des émotions, des intentions... J’aimerais bien connaître la suite, mais cet instant suspendu ne manque pas de charme... Je peux encore me l’imaginer innocent...
Narwa Roquen,qui a mal aux mains à force d'applaudir!

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Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen

2007-03-22 17:34:11 

 commentaire MorgaNetra, ex n°12Détails
Portrait au vitriol d’un monstre domestique ! J’ai bien marché, mais je crois que tu peux faire encore mieux.
D’abord, un détail : «...la première fois je n’ai pu me retenir... » La première fois que quoi ?
« fourrure » : cela égare le lecteur, certes, mais justement un peu trop, pour parler des habits. Pourquoi pas « carapace », ou quelque chose comme ça ?
« manger semble lui peser » : En général, un ado, ça bâfre, mais tu pouvais en rajouter une couche sur la manière de manger, salement bien sûr.
Et puis, un ado sans musique ? Ca existe ?
Et j’aurais mis une majuscule à « l’Autre ».
L’idée est sympa et drôle. Va jusqu’au bout !
Narwa Roquen,jusqu'au boutiste!

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Maedhros  Ecrire à Maedhros

2007-03-23 19:13:05 

 Droit de réponse...Détails
Merci d'abord pour ton avis.

Dans ce texte, j'ai voulu décrire effectivement un dédoublement de la personnalité, à partir d'un acte que l'on suppose effrayant commis par un adolescent.

En fait, le "serial killer" naît dans le miroir et émerge dans le réel alors que l'adolescent, épouvanté par ses actes, s'enfuit dans les profondeurs du miroir. Une substitution en somme. Dès lors, le tueur recherche son double dans une sinistre quête.

Enfin, étymologiquement, "monstre" à la même racine que "montrer" d'où la présence du journaliste dont la fonction est de rapporter des faits, les montrer aux autres.

J'avais pensé initialement, à écrire "dans le regard de l'autre" et je suis d'accord avec toi, c'est plus puissant et équivoque,mais je voulais rattacher ça à une pathologie collective, quasi sociétale.

Pour le miroir, j'avais imaginé une pièce abandonnée, située dans un métro, où des matériaux divers et variés pourraient avoir été entreposés , tu vois, dans le style du monde alternatif de "SUBWAY". Le miroir aurait pu avoir été prévu pour être installé par exemple dans la station voisine...

Pour les autres suggestions, sans souci, je partage ton opinion.

M.

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z653z  Ecrire à z653z

2007-03-27 14:00:18 

 Je m'attendais à une fin plus morbideDétails
CF titre
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Estellanara  Ecrire à Estellanara

2007-06-18 17:20:47 

 Exercice 12 : Morganetra => CommentaireDétails
Plutôt réjouissante et inattendue cette description de l’immonde objet. Jolie interprétation du sujet !

Est', ecore un !

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Estellanara  Ecrire à Estellanara

2007-06-18 17:21:58 

 Exercice 12 : Maedhros => Commentaire texte BDétails
J’ai déjà du le signaler mais ce texte me ramène à mes tendres années en me rappelant furieusement l’allégorie de la caverne... Est-ce intentionnel ? Il n’y a pas de fin, pas vraiment de chute et c’est dommage.

Est', motivée.

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Estellanara  Ecrire à Estellanara

2007-06-18 17:24:28 

 Exercice 12 : Narwa Roquen => CommentaireDétails
Le texte 1 est prévisible mais drôle, surtout la fin.
Le texte 2 m’a fait une impression bizarre...

Est', qui faiblit...

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Estellanara  Ecrire à Estellanara

2007-06-18 17:27:16 

 Exercice 12 : Maedhros => CommentaireDétails
Agréablement glauque, cette plongée dans la folie.
Comme d’hab’ ; il y a certains trucs que je n’ai pas compris, comme les trente pièces d’argent par exemple. J’adore le titre.

Est', ambiance ambiance...

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Maedhros  Ecrire à Maedhros

2007-08-22 20:35:37 

 Voici la monnaie...Détails
Judas ... dit :

" Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ?"

Ils lui comptèrent trente pièces d'argent.

Matthieu 26, 14 & 15

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Onirian  Ecrire à Onirian

2009-03-03 18:26:21 

 WA-Exercice 12 - Un monstre.Détails
Nouvelle participation. Une fois n'est pas coutume, je quitte l'univers de la fantasy pour quelque chose de plus contemporain, même si ce n'est que suggéré.

--

Je m'éveillais en sursaut... J'avais soif, terriblement soif, mais rien à boire... pour l'instant.
La douleur intolérable de ces trois derniers jours avait fait place à une sensation de bien-être étrange et me semblait totalement décalée, vu le contexte.
Allongé dans ce lit, les yeux ouverts et conscient de mon environnement comme jamais, je rechignais pourtant à me lever, parce qu'il me faudrait l'affronter, lui, le monstre, la créature, l'animal, la bête... Une fois debout, il me faudrait aller le voir, l'observer, le comprendre... Cela me terrifiait. Il ne me serait plus possible de dormir, je le savais. Mes cauchemars dorénavant seraient réels. Aurais-je la force ?

Je fini pourtant par me lever. Combien de temps cela m'avait-il pris ? Une heure ? Dix ? Qu'importe, le temps n'avait plus d'importance, la créature serait au rendez-vous. Je fit un détour par la cuisine pour prendre un couteau, précaution dérisoire s'il en est, mais on ne se débarrasse pas comme cela de ses vieux réflexes. Une arme si primitive ne saurait venir à bout d'un tel monstre, je ne le savais que trop bien, mais sentir le manche sous mes doigts me rassurerait.
J'inspirais un grand coup et fut surpris du nombre d'odeurs impressionnantes qui se bousculèrent à mes narines. Cependant, celle qui dominait toute les autres restait celle du monstre... Il était temps.

Je m'arrêtais sur le pas de la porte un instant, serrais les poings, puis, deux enjambées plus tard, commençais le face à face. Il était là, démon des âges inférieurs, prédateur sournois. Il était immobile. Le premier choc passé, je savais désormais qu'il ne partirait pas avant que j'ai fini mon examen. Dans la pénombre, on aurait pu croire qu'il s'agissait d'un homme, mais je ne savais que trop bien qu'il n'en était rien. Ce qui me marqua en premier, je crois, ce sont ses yeux. Deux pupilles fendues, telles celles d'un tigre enragé, chacune encadrées d'un iris ambré, tirant nettement vers le rouge. Un regard d'une telle intensité... l'on pourrait s'y perdre. Je me ressaisissais, bien décidé à ne pas me laisser intimider.
Une crinière hirsute et noire comme le jais encadrait un visage animal. Aussi proche d'un homme qu'une statue grecque peut l'être, le faciès de la bête dégageait pourtant une impression de malaise indéfinissable. Le grain de la peau, d'une finesse inconcevable ne comportait aucune imperfection. Voir des sourcils sortir de cette masse si régulière était presque une insulte. Ces derniers, noirs, soyeux et malsains ne semblaient présents que pour mieux souligner le regard animal de cet être au teint blafard. Je suivais des yeux l'arête de son nez, fin, aquilin. Ses narines tressautaient régulièrement, presque animées d'une vie propre. Elles cherchaient probablement une explication à toutes ces odeurs qui hier encore n'existaient pas.
Hier...
Un rictus déformât le visage de la créature, dévoilant un croc effilé, probablement plus aiguisé que la lame que je tenais dans la main. Je m'y attardais. Voyant cela, le monstre ne se fit pas prier, et ouvrit grand sa gueule, dévoilant deux rangées de ces pics d'un blanc immaculé. J'en frémis. Ces dents là n'étaient pas conçues pour manger, mais pour tuer. D'un mouvement brusque la créature fit mine de me sauter dessus, je restais immobile après cet assaut. Que pouvait-elle me faire après tout, me tuer ? J'eu un sourire mauvais. Je regardais mes mains et jetais au loin mon couteau, inutile objet. Ses mains justement... probablement la partie la plus humaine de ce corps hideux de beauté. Longues, fines, régulières... parfaites. J'avais toujours rêvé d'avoir des mains telles que celles-ci.
Encore la soif, et toujours rien à boire. Pensée incongrue alors que je procédais à mon examen.
- Parle, dis-je dans un murmure que j'aurai voulu plus assuré.
- Tu veux entendre ma voix ? Alors écoute tout ton saoul. Tu as soif n'est-ce pas ? Dis-moi, combien de temps tiendras-tu, humain ?
Le seul mot qui me vint à l'esprit est "hypnotisant". Cette voix... Ces inflexions me rappelaient les miennes, mais contenaient en plus une volupté et une dangerosité maitrisée à la fois effrayante et fascinante. Son appel à ma soif me tordit le ventre.
Il restait pourtant une chose à regarder. Un endroit que j'avais soigneusement évité de contempler pendant mon auscultation. Là, juste à la base du cou. Une cicatrice luisante, en forme de croissant de lune, bien loin des deux petits points que l'on voit dans les films de vampire. J'approchais mes doigts, et la touchais, sans que la bête ne bronche. Sa peau était froide. Nuls battements de coeur ne pourraient plus jamais réchauffer ce corps.
La bête sourit à nouveau. La soif se faisait trop pressante. Je frappais la créature de toutes mes forces, ultime tentative d'humanité. Le miroir se brisa en un million d'éclat sans pour autant pouvoir me blesser.

Et je parti chasser.

--
Onirian, au crépuscule.

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Narwa Roquen  Ecrire à Narwa Roquen

2009-03-03 22:01:34 

 Commentaire Onirian, exercice n°12Détails
Très joli texte. La description du monstre est parfaite, l'effet de surprise est conservé jusqu'au bout, et je pense même que tu ne devrais pas dire " que l'on voit dans les films de vampire": "je partis chasser" est suffisant pour qu'on comprenne.
Le petit détail qui me gêne c'est que je croyais que les vampires n'avaient pas de reflet dans le miroir? Mais je ne suis pas du tout spécialiste en la matière. Vérifie ce point cependant, car ça compromet tout le texte!
L'expression est excellente, tu écris vraiment bien, c'est un bonheur!
Deux petites choses:
- Ce corps hideux de beauté: ça me gêne un peu, même si je comprends que tu veux dire que les traits de beauté , au milieu des autres attirbuts, le rendent encore plus hideux. Mais ce n'est pas que la beauté qui le rend hideux.
- auscultation: autant le verbe "ausculter" comporte un sens qui veut dire "examiner", autant "auscultation" ne recouvre que l'écoute des bruits intérieurs du corps, avec un sthétoscope ou à l'oreille.

Parlons maintenant de l'orthographe. La leçon d'aujourd'hui est "de l'usage de l'imparfait et du passé simple", et crois-moi, tu n'es pas le seul à te tromper sur ce point.
On emploie l'imparfait pour un état ou une action qui dure: "j'avais soif", "je rechignais", "cela me terrifiait". On emploie le passé simple pour une action brève. Donc on dit " je m'éveillai", "j'inspirai", "je m'arrêtai", "je me ressaisis"...
Après, quelques problèmes de "s": je finis, "je fis", "nul battement de coeur": s'il n'y en a pas, de battement, il ne faut pas de "s", et donc le verbe sera au singulier ( ne pourrait). Au contraire, "un million d'éclats", s'il y en a un million , ça vaut bien un "s"!
Accroche-toi: quand tu seras connu, tu pourras te payer une secrétaire... Mais continue à écrire, surtout, ton imagination est fertile et tes images passent bien sur le papier (ou sur l'écran...)
Narwa Roquen,même pas peur!

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Onirian  Ecrire à Onirian

2009-03-04 10:16:36 

 Reflets.Détails
Pour auscultation, je ne savais pas, c'est noté.
Pour les temps... c'est mon premier texte écrit au passé, je me doutais bien qu'il y aurait quelques foirages, j'essairai de faire attention aux points que tu as cité la prochaine fois.

Pour ce qui est du reflet, en fait, je me suis librement inspiré des vampires façon twilight (j'ai lu les deux premiers tomes ce week end et j'ai fini le troisième hier soir) alors forcement, ça me trainait violement dans la tête. C'est d'ailleur pour ca qu'il s'agit d'un vampire. J'avais eu l'idée du miroir bien avant, mais je n'avais pas déterminé quel monstre se regarderai ;-)
Bref, tout ca pour dire que dans Twilight, les vampires ont un reflet et peuvent se faire prendre en photo.
Sinon, d'une manière plus générale, à chaque fois que je lit quelque chose sur les vampires, ou que je regarde un film, les attributs vampiriques se recoupent souvent mais ne sont jamais tous repris ou pas de la même manière, cela laisse une certaine marge de manoeuvre. De plus, même si le vampire se voit dans le miroir, il n'est pas dit qu'un humain verrait le reflet.

--
Onirian, qui entame le tome 4 ce soir et qui pourra reprendre une activité normale après.

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z653z  Ecrire à z653z

2009-03-16 15:17:54 

 Très bien rédigé...Détails
Mais j'ai assez rapidement deviné qu'il était devenu le monstre (comme un des exercices de Maedhros à quelques WA d'ici). Cela n'enlève évidemment rien à la force du texte ;)
Les phrases qui m'ont bien aidé :
"Elles cherchaient probablement une explication à toutes ces odeurs qui hier encore n'existaient pas. "
"J'avais toujours rêvé d'avoir des mains telles que celles-ci." <--- là c'est flagrant.
"Ces inflexions me rappelaient les miennes" -- et ici la confirmation :)

Je passe mon tour sur les fautes :p

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